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Etre excorte moto 

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Publié le 26 févr. 2021 Mis à jour le 26 févr. 2021
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Règlement bâclé, rémunération au rabais… Le métier de guide de transport exceptionnel, apparu avec la réduction des dépenses publiques en 2011, connaît déjà ses premiers soubresauts. Comme l’explique Bertrand Lesort-Pajot, leur porte-parole, ces pro de la moto veulent être reconnus !

 

 

 

Bertrand Lesort-Pajot, adhérent de la FNPSTE (Fédération nationale des professionnels de la sécurité des transports exceptionnels), est l’un des organisateurs du mouvement de grogne des guides à moto. Cet ancien gendarme qui a fondé la société MSPS n’est pas vindicatif, mais déterminé à faire en sorte que cette profession émergente gagne une certaine reconnaissance.

 

Afin que les guides acquièrent une légitimité sur la route, et cessent de risquer leur vie à chaque fois qu’ils tentent d’arrêter un conducteur dans le but de faire avancer un convoi prenant toute la largeur de la route. Afin, aussi, d’être reconnu socialement, et de ne plus subir la loi de transporteurs qui, pourtant clients, fixent eux-mêmes le tarif de la prestation des guides à moto. Entretien.

 

Vous dites ne pas être reconnus, mais qu’est-ce que cela signifie réellement ?


Avec la privatisation de l’accompagnement des convois exceptionnels, il a été attribué à des guides civils une tâche autrefois dévolue aux policiers et gendarmes à moto. Ces motards sont soit des civils ayant suivi une formation initiale, soit d’anciens gendarmes et policiers qui ont suivi une formation spécifique à la conduite d’une moto dans une des écoles des forces de l’ordre. Un décret destiné à encadrer la profession a été publié en mars 2011, mais il est inapplicable sur le terrain.

 

En quoi ce règlement est-il inapplicable ?


On nous demande d’accompagner des convois d’une largeur de 5 mètres sur des chaussées de 3,50 mètres de large. Cela implique, obligatoirement, de ne pas respecter le Code de la route à certains endroits. Nous sommes amenés à franchir des lignes continues. Et à chaque fois, nous risquons d’être réprimés par les forces de l’ordre ! La réglementation n’a pas prévu ces infractions obligatoires. Nous restons des civils aux yeux de la loi.

 

Que demandez-vous ? Être assermenté ?


Assermenté, c’est difficile. Mais nous voulons que les autorités reconnaissent qu’un guide puisse enfreindre, pour la nécessité du convoi et de façon motivée, le Code de la route.

 

 

Si vous devez arrêter un conducteur arrivant en face du convoi, pour des raisons de sécurité, pouvez-vous le faire ?


Oui. Le Code de la route prévoit une amende de 4e classe pour le conducteur qui ne laisse pas passer un transport exceptionnel. Mais il faudrait un policier ou un gendarme pour constater l’infraction. Les usagers de la route ne reconnaissent pas les motards en tenue jaune. Quand les convois étaient encadrés par les motos blanches ou bleues de la police ou de la gendarmerie, ce problème ne se posait pas. Les conducteurs obéissaient aux injonctions des forces de l’ordre. Depuis la privatisation, on a déjà vu des chauffeurs camions, arrivant en sens inverse, foncer sur un guide à moto.

 

Vous voulez dire que, comme nous n’êtes pas policiers, certains usagers de la route n’obéissent pas à vos appels à s’arrêter ?


Le changement de règlement, la disparition des policiers et gendarmes encadrant les convois exceptionnels, cela n’a pas fait l’objet d’une communication au public. Aucun conducteur ne s’attend à devoir obéir à un motard en jaune. Nous demandons à ce que cela soit enseigné lors de la formation initiale. Que les auto et moto-écoles sensibilisent les candidats au permis de conduire.

 

Il y a fréquemment des accidents ?


Nous avons recensé 7 accidents en 2012, dont un grave, un guide qui a perdu l’usage d’un bras à cause d’un conducteur ayant doublé la file retenue derrière le convoi exceptionnel.

 

Ce manque de reconnaissance a-t-il d’autres impacts ?


Nous sommes un petit nombre, et restons soumis à la pression économique des transporteurs, plus puissants que nous. Nous subissons un monopole inversé : c’est notre client (le transporteur) qui fixe le prix de notre intervention. Il existe un montant forfaitaire mais il est rarement appliqué. On nous facture une demi-journée d’intervention alors qu’on est parti pour la journée… Notre intérêt est que tout le monde puisse gagner sa vie. Le problème, c’est que personne ne contrôle personne. On a privatisé cette activité, mais on ne l’a pas suffisamment encadrée.

 

Mais sinon, c’est un métier sympa, vous faites de la moto !


Oui, et nombre de guides sont d’ailleurs des motards de la police ou de la gendarmerie à la retraite. Mais il y a des contraintes. Nous roulons été comme hiver, parfois sous la neige. Nous sommes soumis à des amplitudes horaires qui peuvent atteindre 18 heures sur la route. Non pas parce que nous roulons 18 heures de suite, mais, de son domicile, il faut aller au point de rendez-vous et en revenir.

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