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Nazaré Pereira, La Marelle (Amarelinha), (R. Casoy de Queiroz-J-C. Pereira Conde-F. Leibovitz), Cezame, 1980.

Nazaré Pereira, La Marelle

En règle générale, j’aime pas trop quand un adulte chante avec un ou des enfants, c’est souvent bien cucul. Soit l’enfant ne sert que de faire-valoir (Le Téléphone pleure, de l’immonde Claude « J’aime les jeunes filles » François), soit on lui met dans la bouche des interrogations et des mots qui ne sont pas les siens : Il faudra leur dire (Cabrel et les enfants), La Croisade des enfants (Jacques Higelin), Deux ailes et trois plumes (Enrico Macias), En l’an 2001 (Pierre Bachelet).

 

Déjà, on insiste trop souvent sur le fait qu’il y a des enfants, histoire de bien stipuler que la chanson pourra être utilisée à la kermesse ou au spectacle de l’école. Ensuite, on fait chanter à ces petits le futur incertain, la violence, l’espoir, qui sont des affaires que l’adulte trouve chez l’enfant, mais qui n’appartiennent pas vraiment à son âge. C’est une charge mentale, ni plus ni moins.

 

Dans Pourquoi d’abord, Renaud arrive à glisser un peu d’ironie. Dans un premier couplet, un enfant pose des questions pleines de pourquoi :

 

« Dis-moi Renaud d’abord pourquoi t’as un blouson noir ?

Dis-moi d’abord est-ce que c’est vrai que t’es un loubard ? »

 

Au moins ici l’enfant ne parle pas comme un poète : « Les mots qu’on reçoit, c’est comme les parfums qu’on respire... » (Sérieusement ?)

 

Dans le couplet suivant, le chanteur lui répond :

 

« Un blouson noir moi je trouve ça beau

Et puis ça tient chaud

Et pis je vais te dire un truc mon gars

Ça fait peur aux bourgeois ».

 

En réalité il n’y a pas d’enfant dans cette chanson, c’est seulement Renaud qui prend une voix de tête pour les questions et sa voix normale pour les réponses. Il botte un peu en touche, et on ne peut pas véritablement parler d’un duo adulte/enfant. De toute façon ce n’est pas son truc.

 

Dans La Marelle (Amarelinha), c’est encore différent. Les enfants sont bien des enfants, personne ne transforme sa voix. Et ils n’ont que des préoccupations de leur âge : ils jouent à la marelle et ne font qu’en expliquer les règles, ils ne découvrent pas le sens de la vie.

 

« Le jeu de la marelle

Va de la terre jusqu’au ciel

Entre la chance et le puits

Tu reviens et c’est fini

 

Petite, petite fille

Tu es là pour t’amuser

Lance bien la pierre

Prends garde où tu mets les pieds »

 

Il y a bien un sous-texte « sens de la vie » dans le dernier vers, mais c’est léger, rien à voir avec :

 

« Pourra-t-on un jour vivre sur la terre

Sans colère

Sans mépris ? »

 

ou

 

« Mais on sera combien

Quand on aura 20 ans en l’an 2001 ? »

 

Le fait que La Marelle (Amarelinha) mêle deux langues est aussi une très bonne chose. Nazaré Pereira chante en brésilien et les enfants en français, ils gardent leurs jeux et leurs sourires. On évite ainsi le pathos. Porter le poids du monde est tâche d’adulte.

Pour écouter la chanson, c'est ici.

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