facebook La Poésie des terrains vagues
Félicitations ! Ton soutien à bien été envoyé à l’auteur
La Poésie des terrains vagues

La Poésie des terrains vagues

CREATIVE ROOM

Bizarreries

La Poésie des terrains vagues

Gérard Blanchard, pochette 45 tours : Son amour de voyou

 

Gérard Blanchard traîne derrière lui une image de rocker au grand cœur, braillard et débraillé, un peu anar, un peu loulou. Il y a chez lui du Renaud, du Ferré, du Thiefaine. Il est surtout connu pour sa chanson Rock Amadour qui lui a valu son premier et plus grand succès en 1982. Sur la pochette, il pose avec son accordéon en bandoulière et, si l’on est attentif, on peut remarquer qu’il a une troisième main, cachée sur la rangée de boutons au bas de l’instrument. En 1997, il a sorti un album live, Gérard Blanchard s’la joue solo, où il est seul au milieu d’un ring de boxe dans une sorte de Corrida revisitée. On sent bien que ce chanteur a quelque chose à revendiquer, de l’ordre du combat.

Son amour de voyou est le morceau qui donne son titre au quatrième album studio du chanteur en 1987. Il s’en dégage un parfum entêtant, peut-être dû à la rythmique volontairement reggae, insistant sur les contre-temps, ou bien à la répétition inlassable d’une seule phrase qui vient clore chaque couplet et qui constitue l’intégralité du refrain :

« Son amour de voyou qu’est derrière les verrous »

À noter que la version live est nettement plus rock, plus rapide.

Mais ce n’est pas tout :

« Entre une carcasse de tôle et un cerisier en fleurs

Se balance au gré du vent une fille bronzée qui pleure

Les bidons, les tas de ferraille, cour dépotoir, jardin décharge,

Nichée au fond d’un hamac, le tempo au bout des doigts »

Il y a ici la poésie des terrains vagues, un petit côté Seigneur des porcheries, Démons de Jésus, Gavroche, héros enfanté de la plèbe, une iconographie de western urbain où la grandeur et la beauté poussent sur les charniers délabrés de la civilisation, juste en périphérie. L’imaginaire s'épanouit entre les canettes de bière et les papiers gras, c’est la force du vivant palpitant qui parvient à s’extraire. Quand tous les murs se seront effondrés, il y aura encore du lierre et du chiendent, et on entendra une chanson de Gérard Blanchard, comme le vent jouant de l’harmonica sur les ossements blanchis et décharnés d’un très vieil animal.

 

Ici la version studio

Ici la version live

 

 

3
Coup de coeur
J'adore cet article
0
Coup de génie
Brillant
0
Coup de main
Cet article m'a été utile
0
Coup de pub
Je souhaite promouvoir cet article
0
Coup de chapeau
Un sujet très intéressant
0
Coup de balai
Ne correspond pas aux standards Panodyssey
3
0
0
0
0
0
Partager l'article
copylink copylink
Contribuer
Prolonger le voyage dans l'univers Musique
Five years ... Et quelques jours
Five years ... Et quelques jours

J'ai partagé avec vous il y a quelques jours un texte que j'avais écrit à l'occasion de la disparition de David Bowie, il y...

Joseph-Marc Francois
4 min
Blanche et le rouge 
Blanche et le rouge 

Elle est fraiche et lui aime se sentir chambré. Tout les oppose. Elle tombe et lui coule dessus. Elle est douce et lui est charnu. Sa min...

Alexandre Leforestier
1 min
Five years...
Five years...

Écrit le 11 janvier 2016 1.    Veillée funèbre Major Tom est arrivé le premier, son c...

Joseph-Marc Francois
6 min
Crazy Organ Style
Crazy Organ Style

    Keyboard King   Jackie Mittoo est l'un des musiciens les plus importants de l'h...

Benjamin Mimouni
3 min

donate Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur