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Jean-Marc, Qu’il est chouette mon Grand Colombier, JM Leclercq, Alpes Studio Productions.

 

Jean-Marc, Qu'il est chouette mon Grand Colombier

C’est loin d’être la chanson du siècle, évidemment, mais si je n’en parle pas qui le fera ? Pour mieux en cerner les contours, il faut déjà dire un petit mot de son auteur bonhomme, Jean-Marc Leclercq. Sur ses disques, il est juste Jean-Marc, et il s’habille chez Fabrice à Belley (c’est indiqué au dos de la pochette du 45 tours).

 

Le monde de la musique est plein de passionnés comme lui, travaillant dans leur coin à créer des choses étranges et fabuleuses, sans forcément espérer se faire un nom, rien que pour la beauté du geste et l’art pour l’art. C’est le petit gars avec sa guitare qui fait le tour des scènes ouvertes, celui qui affûte ses rimes, freestylant au rythme des essuie-glace ou sur un beat par son téléphone dans un parc, une cour d’immeuble ou devant une laverie-automatique, le groupe de quarantenaires fourbissant leurs reprises pop rock à la fête de la musique, les lycéens crachant leur punk crado dans les baloches de campagne ou au bar de la piscine.

 

Jean-Marc n’est pas un professionnel de la musique, il fait ça à côté. En dehors de ses heures de travail, il a écrit des chansons, monté un studio d’enregistrement, animé des soirées en tant que DJ et édité quelques disques. Ce qui représente un bilan plus qu’honnête.

 

Qu’il est chouette mon Grand Colombier parle de son pays, le Bugey, un petit bout de France égaré entre Lyon, Genève, Annecy et Chambéry, dans l’Ain, dont le massif du Grand Colombier est le point culminant (1534 m). Il arrive que les coureurs du Tour de France s’y égarent certaines années, mais ce n’est pas systématique, rien d’aussi prestigieux que le Ventoux ou le Tourmalet. Le texte évoque aussi les légendes (dahu) et les bleds du coin (dont je vous épargne l’énumération).

 

Dans le Bugey, Jean-Marc est une figure connue, et même s’il est décédé en 2015, ses proches continuent d’alimenter une page Facebook qui réunit encore plusieurs centaines de fans. Il dépasse le simple cadre amateur sans toutefois avoir jamais atteint le niveau pour passer pro, nageant sans cesse entre deux eaux, laissant toujours l’auditeur indécis, incapable de dire si c’est de l’art ou du cochon, une vessie ou une lanterne, de l’art ou bien un truc complètement con.

 

Ce morceau est symptomatique d’une telle indécision : il est très bien produit, proprement orchestré et arrangé mais garde un côté cheap et amateur, charmant, touchant, qui manque d’universalité. Parfois, la bonne volonté suffit à réaliser une bonne chanson, parfois ce n’est pas le cas, chacun décidera ce qu’il en est ici. Attention, il faut avoir les oreilles et le coeur bien accrochés...

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