« Je veux vivre ma vie et disparaître »

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Les Autres sont jaloux, Yianna Katsoulos, la fille de dieu, Ariola, 1986.

Yianna Katsoulos, Les Autres sont jaloux

 

Yianna Katsoulos est née en Floride mais elle a, comme on peut s’en douter avec un nom pareil, des origines grecques. À vingt ans, elle s’installe en France et fait la connaissance de Jean Soullier. Ensemble, ils fabriquent cette petite chanson, elle signe les paroles et lui la musique. Le morceau sort en 1986 et se classe aussitôt dans le Top 50. C’est donc un peu par hasard qu’elle fait carrière en France plutôt que dans son pays natal.

 

Les Autres sont jaloux est une chanson pleine d’énergie et de fraîcheur, sans aucune prétention de passer pour autre chose qu’un bon divertissement dansant, acidulé, un moment de grâce pop, arrangé à merveille, clinquant, superficiel et léger, un peu foutraque. L’accent anglais étrange de Yianna Katsoulos y ajoute un surcroît d’âme. Dans le paysage musical de l’époque, qui a produit le meilleur et le pire, celle qui se présente comme la fille de Dieu fait figure de punkette un peu barrée, dans l’attitude plutôt que dans le propos, et s’inscrit dans la lignée de chanteuses telles Elli Medeiros, Jeanne Mas, Guesch Patti, Caroline Loeb ou encore Desirless, dans un monde où toutes les fantaisies capillaires et vocales semblaient permises.

 

Sur la pochette, la chanteuse exhibe une quincaillerie à faire pâlir Mister T. C’est d’ailleurs amusant de constater qu’il a fallu une seule personne à la production et aux arrangements (Jean Soullier), au mixage (Dominique Blanc-Francard), au maquillage et à l’habillement, mais trois rien que pour les bijoux… Ça cliquette comme une rangée de machines à sous au casino, perles et dorures, brillants aux oreilles, aux poignets et autour du cou, repeints sur une photo en noir et blanc pour un effet plus saisissant. De quoi rendre les autres jaloux, aucun doute là-dessus.

 

Les paroles alternent français et anglais. Il est question d’une fille qui veut juste danser et s’amuser, une fille qui ne fait que ce qui lui plaît, forcément et férocement libre :

 

« Les autres sont jaloux

Et elle, elle s’en fout ».

 

Dans le refrain, elle qui prend la parole et impose sa philosophie :

 

« Le monde n’est pas du tout mon maître

Je veux vivre ma vie et disparaître »

 

C’est dit. Et mis en pratique peu de temps après, puisqu’elle est retournée vivre en Floride, retraitée de la chanson. Elle dit que Paris lui manque parfois, et qu’elle est très contente que l’on s’intéresse encore aujourd’hui à ses chansons. Quand elle prend la parole, elle toujours l’air aussi enthousiaste et sympa, pas le genre starlette, à l’image de ce titre enchanteur.

 

Lien pour écouter la chanson

 

 

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