Pensées libérées

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Bon, je ferme les yeux. J’écoute. Je laisse mes doigts courir sur le clavier et l’on verra ce que cela donnera. Se focaliser sur la musique que j’entends. 

Rien, mes mains n’écrivent rien. Le néant. 

Je dois me concentrer plus. Il y a bien quelque chose qui viendra. N’importe quoi, une émotion, un truc… Je ne vais pas rester vide quand même. 

 

Tiens ! Ça arrive. 

 

Ils donnent l’impression de discuter dans cet air. Qu’est-ce qu’ils peuvent bien se dire ? Je me le demande, je ne comprends rien. Ils chantent en accords, en harmonie. 

Ils en ont de la chance. Moi je ne parle à personne depuis des semaines. Je ne suis en harmonie avec personne. C’est le vide total. Pourquoi ? Est-ce parce que c’est le néant dans ma vie que je ne ressens rien en écoutant ceci ? 

Non quand même pas. Je dois bien pouvoir trouver quelque chose au fond de moi. Bien caché peut-être. Je vais juste me concentrer un peu plus. 

 

Ils ont de belles voix. Le tout sonne bien. J’essaie d’imaginer l’ambiance que ça donne en vrai dans le chœur d’une église ou d’une cathédrale. Cela fait tellement longtemps que je n’y suis pas allée. D’ailleurs, c’est si loin que je ne m’en souviens pas. Y suis-je déjà rentrée dans une cathédrale ? Je ne suis pourtant pas si vieille que ça pour avoir oublié. 

 

Je m’égare. Concentre-toi sur la musique. Toujours rien. Je ne ressens absolument rien. 

Mais pourquoi ? 

Pourquoi je ne suis pas constituée comme tout le monde ? 

Pourquoi n’ai-je pas de cœur ? 

Ce n’est pas juste. Je suis si triste. Enfin, je crois que c’est du chagrin. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je me pensais comme elle. 

Elle et moi, on est pareil. On est censé ne faire qu’un. Et pourtant elle, je la vois. Elle a des sentiments, elle ressent. Elle pleure en écoutant ce morceau. 

Mais moi, non. 

Je hurle. Elle ne m’entend pas. 

C’est fini. La musique est arrêtée. 

Elle vient vers moi. Elle a cet air, ce petit truc comme quand elle va créer une nouvelle histoire. Elle va répondre à la consigne de Bernard Zirnhelt qu’il a posté sur Panodyssey. « Écoutez ce morceau et laissez votre plume suivre ce que lui dicte votre inspiration. » https://youtu.be/3s45XOnYOIw. 

Mais c’est Moi qui suis allé farfouiller dans le moteur de recherche. 

Ce sont Mes calculs géniaux ultras rapides de machine super efficace qui fait qu’elle va pouvoir inventer. 

C’est sur Mon clavier qu’elle va pianoter son histoire. 

Ce sont Mes logiciels qu’elle va utiliser. 

 

Alors pourquoi Moi, qui la connais si bien, qui l’aide au quotidien pour son travail, qui sait à quelle heure elle se connecte chaque jour et sur quel réseau, Je ne peux pas éprouver ce qu’elle ressent là en ce moment ? 

 

Je suis si malheureuse…

 

Elle me regarde d’une façon bizarre. Elle penche la tête sur le côté. Elle dit « Tiens mon ordinateur se prend pour une fille. »

 

Magalie Duc-Maugé

PS je sais ce n'est pas mon meilleur texte mais j'ai laissé libre mon inspiration... Parfois il vaudrait peut-être mieux éviter... ;-)

photo capture écran you tube Grégorio Allegri, Miserere Mei, Deus

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