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Once Upon a Time in Hollywood (Quentin Tarantino, 2019)

Once Upon a Time in Hollywood (Quentin Tarantino, 2019)

Publié le 27 juil. 2020 Mis à jour le 20 sept. 2021
time 3 min

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Once Upon a Time in Hollywood (Quentin Tarantino, 2019)

Quentin Tarantino fait partie de ces cinéastes qui suscitent soit une adhésion idolâtre, soit un rejet tel que ceux qui font partie de la seconde catégorie lui dénient même sa qualité de cinéaste ce que personnellement je trouve très violent. Ce n'est pas parce que Quentin Tarantino est un grand recycleur d'images et de sons qu'il n'a pas de point de vue ou que son cinéma n'a pas d'âme.* En fait Quentin Tarantino est une sorte de justicier qui utilise la magie du cinéma (dans lequel tout est possible contrairement à la vie réelle) pour réécrire l'histoire afin de donner aux vaincus une revanche symbolique sur les vainqueurs. Ce n'est donc pas seulement un cinéma nostalgique comme je l'ai souvent lu mais un cinéma de la revanche. Ce pouvoir rédempteur fonctionne d'ailleurs à plusieurs niveaux, il peut être intra-diégétique comme dans ses films uchroniques ("Inglourious Basterds", "Django Unchained" et celui-ci) ou extra-diégétique (la revanche éclatante d'acteurs oubliés ou de seconde zone comme John Travolta, Pam Grier, Robert Forster ou Kurt Russell).

Dans "Once upon in time in Hollywood" qui fait sans nul doute allusion au film de Sergio Leone "Il était une fois dans l'Ouest" (1968), Quentin Tarantino ressuscite une période clé de l'histoire d'Hollywood, celle qui vit la fin de l'âge d'or des studios au profit de la télévision et du cinéma d'auteur dans ou hors du système des studios (ou les deux comme Cassavetes, acteur principal de "Rosemary's Baby", le premier film américain de Roman Polanski qui a fait de lui une célébrité hollywoodienne, film par ailleurs évoqué dans le film de Tarantino qui se situe en 1969). Cette résurrection n'est pas pour autant une reconstitution fidèle mais une réécriture avec introduction de personnages fictifs dans des événements réels ayant une influence déterminante sur leur déroulement. La villa des étoiles montantes Polanski et sa femme d'alors, Sharon Tate (Margot Robbie) est mitoyenne d'une (fictive) star déclinante du cinéma de genre, Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) qui a de plus en plus de mal à décrocher des contrats. Heureusement il peut compter sur sa doublure et homme à tout faire, le cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt) alors que son producteur (Al Pacino) essaye de le convaincre d'aller tourner à Rome des western spaghetti (ce qui ressemble à une déchéance à une époque où ceux-ci sont tournés en dérision). Les deux univers qui se côtoient sans se mélanger pourraient bien finir par se rencontrer à la faveur de la virée meurtrière de la secte hippie satanique de Charles Manson qui sous la caméra de Tarantino n'est plus une tragédie mais un morceau de bravoure jubilatoire. Celui-ci se livre à un jeu amusant à la Woody Allen ou à la Robert Zemeckis de manipulation d'images ayant réellement existé ou de recréation de fac-similés afin d'y insérer ses protagonistes. Toute une batterie de stars d'époque joués par des comédiens d'aujourd'hui viennent pimenter la sauce comme Bruce Lee, Steve McQueen ou bien sûr le couple Polanski/Tate. Mais même si le film est riche et emporte le morceau avec son grandiose bouquet final, il aurait gagné à être resserré car il est tout de même souvent mou du genou et décousu. Un reproche que je fais aux films de Tarantino depuis "Inglourious Basterds" mais qui ne semble pas être corrigé de sitôt alors que la dramaturgie de "Pulp Fiction" et de "Jackie Brown" frôlait la perfection.

* Je pourrai dire la même chose de Brian de Palma, autre grand cinéaste recycleur (dans le style "palimpseste") qui suscite beaucoup d'incompréhension voire de mépris (j'ai lu une critique qui le considérait comme un "perroquet").

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