facebook  La reine Christine (1933) Rouben Mamoulian
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 La reine Christine (1933) Rouben Mamoulian

 La reine Christine (1933) Rouben Mamoulian

CREATIVE ROOM

Fondu enchaîné

 La reine Christine (1933) Rouben Mamoulian

Régner ou ne pas Régner, telle est la question

Comme tous les grands films La reine Christine charrie derrière lui des anecdotes croustillantes. Alors que Greta Garbo s'était retirée en Suède durant quelques mois, les producteurs de la MGM craignaient tellement qu'elle ne reviennent pas tourner aux États-Unis. Ils lui offrirent alors un contrat généreux où elle avait droit de regard sur beaucoup de chose. En l’occurrence elle va fortement influencer la venue sur ce projet de Rouben Mamoulian, mais également de la scénariste et du chef opérateur. Quant à son compagnon de jeu, elle impose quasiment le remplacement de Laurence Olivier, alors jeune premier, par John Gilbert, son ancien amant alors en disgrâce depuis l'apparition du cinéma parlant. Elle obtient soit dit en passant ici l'un de ses plus beaux rôles.

À la bataille de Lüzen le roi de Suède Gustave II meurt au combat ; nous sommes en 1632 et la guerre de Trente ans fait rage entre les Habsbourg d'Espagne, soutenus par les catholiques, et les États Allemands, soutenus par les protestants (ceci est un schéma, pas très loin de la vérité historique). Sa fille Christine a à peine 6 ans et elle est mise sur le trône par le chancelier Axel Oxenstierna. Nous la retrouvons au pouvoir, vingt ans plus tard, entourée de ses conseillés. Elle est devenue une femme forte et ambitieuse, qui gère son royaume d'une main de fer et s’enorgueillit de son indépendance. On lui prétend de nombreuses liaisons et elle refuse de se marier. Pourtant son cousin Charles-Gustave lui fait une cour assidue tandis que son amant, le comte Magnus, commence déjà à la lasser.

On ressent avec La reine Christine l'épure stylistique qui régnait à l'époque dans les studios hollywoodiens. Cela tient beaucoup à son metteur en scène, Rouben Mamoulian, qui maîtrisait parfaitement son art. Images léchées, cadres très propres, nous nous retrouvons pratiquement devant un autel immaculé consacré à la reine Greta Garbo. Ces deux là se sont d'ailleurs très bien trouvés puisque l'actrice d'origine suédoise ne respire pas non plus la chaleur humaine, mais il réussit dans ce film à montrer d'elle à la fois un visage hiératique (voir cette fameuse dernière image du film, où l'actrice, à la proue d'un bateau, défie son avenir) et presque sensuel quand elle se retrouve avec son amant ibérique. C'est pour elle du pain béni, et elle est resplendissante dans ce rôle qui va la consacrer.

Question reconstitution historique, La reine Christine tient ses promesses. Le scénario est plus ou moins fidèle à la réalité et les décors ainsi que les costumes sont sublimes. La mise en scène de Rouben Mamoulian, si elle ne brille pas par son faste, colle toutefois à son sujet et nous offre de très beaux moments, comme cette scène illustre où la reine Christine et son amant consomment leur amour. Le casting masculin, s'il offre l'une des anciennes star du met en la personne de John Gilbert, dont les qualités d'acteur sont cela dit contestées, ne brille pas tellement. On sent que le film gravite autour de Greta Garbo, dont le visage diaphane est mis en valeur dans plusieurs plans. Elle colle à son personnage et l'on a vraiment aucun mal à l'identifier comme la reine d'un temps où les actrices, quoique sous la coupe des contrats des producteurs, savaient mener leur barque et construire leur carrière.

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