Flesh Empire

Flesh Empire

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Flesh empire, Yann Legendre, Casterman, 2019

Dans des temps futuristes, le monde qui se nomme Singularity est dirigé par des sénateurs. Les résidents sont dotés de mémoires et de corps artificiels qu'ils partagent pour lutter contre la surpopulation. Mais la colère gronde et lorsque des bouts de chair sont volés dans un laboratoire expérimental, les sénateurs commencent à craindre une rébellion bien plus large. Peut-être la renaissance de l'humain...

La première chose qui surprend dans cet album, c'est évidemment sa bichromie : blanc et noir. Des dessins blancs sur des pages noires. Le résultat est étonnant et bluffant. Yann Legendre mélange avec bonheur des lignes droites, des formes géométriques, symétriques avec des courbes. Le dessin des corps peut être une simple et fine ligne blanche et parfois que d'un côté, c'est l’œil qui devine l'autre.

C'est cette première impression qui restera comme un moment incroyable : je viens de lire une bande dessinée comme je n'en avais jamais lue ; je trouve certaines pages sublimes -comme celle où Alkaline rencontre le Datack, lorsque vous y serez, vous verrez de quoi je parle. 

Pouf, pouf, je m'emballe... Et l'histoire me direz-vous ? Eh bien, c'est une histoire classique de science fiction dans laquelle les machines contrôlent tout, mais très intelligemment mise en scène et racontée par l'auteur. Inévitablement des questions sur l'intelligence artificielle, sur le Big Data, sur le contrôle que nous subissons chaque jour par caméras, téléphones mobiles et autres transactions bancaires viennent à l'esprit. Yann Legendre n'apporte pas de réponse, d'ailleurs y en-a-t'il ? Il questionne et chacun trouvera ses propres moyens d'y répondre.

Excellentissime bande dessinée, exaltante dont on ressort avec l'envie de la relire et de la relire encore.

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