facebook Réponses et Retours (7) - F.RAYON - Poésie 02-1992 réécriture 2019-2020
Réponses et Retours (7) - F.RAYON - Poésie 02-1992 réécriture 2019-2020

Réponses et Retours (7) - F.RAYON - Poésie 02-1992 réécriture 2019-2020

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Mon recueil sur l'érotisme féminin "Rougeur" 1er récit Rouge-Baiser (générique et 1ère séquence pour l'instant) et Réponses et retours -à suivre également- sur une vision poétique en particulier de l'amour saphique à retrouver ici dans cette creative room

F. RAYON.

Est-ce elle qui écrivait sur un cahier gris tous ces mots à l'arraché, comme si la nuit l'enveloppait encore ? Le café n'était plus lisse. La tasse s'était évidée de sa source ocre. Brunâtre… l'aréole de ses seins se confondait à celle qui souillait la table. Elle s'était penchée, une cigarette était perchée sur le promontoire de ses lèvres. Et ses ailettes de cire agrippèrent le tube doré, le pressèrent contre sa bouche. Un rond de fumée délaça l'atmosphère. Elle se réveilla. Les volets étaient ouverts. Son lit défait se désolait. Plus d'ombres à grignoter.

 

                                               Les trottoirs se sont déplacés

                                               Pour être au niveau du regard

                                               Ainsi l'hiver déplacé

                                               Trouve d'autres régions où s'agripper.

 

Est-ce elle qui avait écrit ces mots que vous allez suivre sans savoir où aller ? Les points ont ceci de dramatique, ils ne définissent ni l'orée ni la fin. Pas plus les mots qui se chevauchent au gré de la plume volage ; eux-mêmes ne savent plus à quel dieu se vouer.

L'incertitude est une région souveraine. Ainsi naissent les marges, au-delà de la mémoire.

 

                                               Les trottoirs se sont dérobés

                                                           A sa vue

                                               Maintenant elle reste dans la rue

                                               Le ciel est vide

Déchargé

                                               Du poids des espoirs mort-nés.

                                               Elle a bu son café

                                               La voici qui était nue

                                               C'était aujourd'hui

                                               Un autrefois au temps de la douche

                                                           Où le corps se mirait

                                               Devant le miroir.                   

                                                           Et le café bouillu

                                               N'en finit plus de bouillir.

                                               Le lit désormais défait

                                               S'agrippait à la mémoire

                                               Qui se défaisait de la femme

                                               Qu'il avait portée.

 

Il y avait un dessin posé sur la commode. La fenêtre était vide d'empreintes. Sur la table, une cigarette seule se consumait. Un verre attendait avec impatience une lèvre, une bouche qu'il heurterait, une gorge qu'il inonderait. Ce n'était pas encore la fin du jour, le crépuscule, là-bas, étirait au loin quelques nuages pour que s'assombrisse la scène du monde. Les arbres, autour, se déployaient sur les rares témoins de cette fin d'hiver. Quelques chapeaux, quelques têtes, quelques chevelures apparaissaient de-ci de-là, mais la lumière finissante qui agonisait ne s'agrippait plus aux ombres. Le noir envahissait la place, par degré, les murs étaient recouverts de plaques sombres. La nuit commençait.

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