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Réponses et Retours (12) - H. RAYON - c - Poésie 02-1992 réécriture 2019-2021

Réponses et Retours (12) - H. RAYON - c - Poésie 02-1992 réécriture 2019-2021

Publié le 4 mars 2021 Mis à jour le 4 mars 2021
time 5 min

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Réponses et Retours (12) - H. RAYON - c - Poésie 02-1992 réécriture 2019-2021

H. RAYON - c

 

Etrangement, derrière elle, le dessin qu’elle avait posé sur la commode se réfléchissait sur une des facettes du miroir où son corps se mirait.

On eût dit que la forme plaquée sur la trame grenelée de la feuille s'échappait ou, du moins, le désirait encore... et quelle se plaquait dans le même temps sur la surface réfléchissante du miroir, dédoublant à l'infini son image reflétée.

Et la feuille -tout comme elle-

Tremblait prise

-Comme elle-

Envahie

Par un frisson douloureux.

 

Les traces de la silhouette dessinée s’éparpillaient

Echappant au carcan de la feuille

Elles se disséminaient tout autour

Près de l’encrier où débordait l’encre violette

Qui pareille à une vague

Ondulait prête à s’affaler

Sur les rebords transparents

 

Elle avait les bras écartés, en croix...

La femme dessinée.

Tout comme elle...

Dans un temps antérieur à celui-ci.

 

 

 

Son ventre apparaissait maintenant

Dans toute sa nudité blafarde

Rond, bombé et tendu

Comme s'il avait enfermé

En son sein

En cet antre souple

Une boule de vie...

Le nombril  au creux de celui-ci

Semblait s’être recroquevillé

Pareil à un petit escargot

Rentré dans sa coquille

Au milieu de ces ombres

Qui l’avait assailli.

                                                           Elle observait

                                                           Ce dessin

                                                           Cette feuille immobile

                                                           Qui se trouvait parcourue

                                                           Par de légères ridules

                                                           D’infimes frémissements.

Elle semblait mimer ce que l’image même révélait.

                                                           Tout son corps répliquait la pose

Jambes écartées

Qui posaient

Comme une offense

De par la nudité trouble

Que celles-ci faisaient surgir.

 

La main se rapprochait et lissait

Chaque pli de la peau retroussée sur elle-même

Sa cambrure

Sur le dessin et dans la chambre

Même ensemble répliqué

Semblait exagérément accentuée

Jusqu’à prolonger

La courbe souple de son dos

Dans cette tension exacerbée…

 

A peine l’occasion d’une pause

Le corps contournait le miroir

Comme si ici elle désirait se dérober

Effacer sa propre image

Et maintenir aussi vivace que possible

L’autre silhouette qui continuait

A l’envelopper

Dans ces rêves qu’elle maintenait

A la surface de son sommeil.

 

Un souffle froid

Une respiration saccadée

Comme un tremblement

Le bord de ses lèvres se refroidit soudainement

Et sa langue repassa sur la pulpe humide

Afin de réchauffer sa bouche solitaire

Qui embrassait l’air glacé.

Une tentative sitôt entamée sitôt avortée

L’espace où son corps transi se posait

N’abritait rien d’autre qu’elle-même

Confinée dans cette chambre étroite

Avec comme seule trace d’elle

Ce dessin qui posé sur le rebord de la commode

Sous l’appel d’air qui s’était engouffré avec brutalité dans toute la pièce

S’était d’un coup retourné.

Et sur la feuille qui gisait

Ombrée et transparente

Apparaissait le fantôme de la silhouette dessinée

Sur laquelle subitement

Elle eut voulu déposer

Comme pour sceller un quelconque pacte

Le sceau de son baiser

Qu’elle aurait alors apposé

Laissant vibrer ses lèvres sur le papier

Rêche afin d’y inscrire indélébile

L’empreinte de son rouge à lèvre sombre.

 

Un susurrement

Un sifflement à peine expulsé

Ses lèvres sont sèches

A côté d’elle

Les voilages des rideaux faséyaient

Une accalmie soudaine

La flamme d’une bougie éclaira la pièce

Ajourant l’espace et rassemblant

Tout autour de la pièce

En de multiples rayons

Une lumière en demi-teinte

Qui assouplissait toute la rudesse

De son corps et qui arrondissait

Ses angles et ses contours.

 

Un autre monde pouvait peut-être se découvrir

Celui-ci plus enchanteur.

 

Une accalmie pouvait naitre…

 

Mais même impalpable encore

La tension impitoyable rodait

Derrière les murs

Où l’échiquier avec tous ses pions retournés

Gisait

Et d’autres images en attente

A venir s’y tapissaient.

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