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Madeleine de whisky...

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Il suffit d’approcher un coin de narine, un petit bout de langue et « l’édifice immense du souvenir » jaillit du fond du verre…Sur la platine du verre, la couleur et la senteur mettent de la musique et de l’ambiance. Ambré dans la transparence de la bouteille, le liquide se dore, s’incline et salive. Alors la première gorgée roule dans la gorge vide et l’espace engourdi résonne. Dans la brume acoustique, le palais effleure ses touches de pianos jusqu’à l’ivoire des dents. Les notes fruitées et tourbées lèvent et s’embarquent : Ravel, « une barque sur l’océan », Debussy, « la mer », Mendelssohn, orgues basaltiques… Puis la vague arrive, déferle, inonde « la glotte de Fringale ». L’impression éclate et vibre. Un orchestre lumineux s’ouvre sous la langue : lande, bruyère, tourbe. Cuivres des distilleries, teintes mauves ou blanches, timbres de soleil contre la paroi du verre. Ruissellement de l’eau sur les galets. La flaque de whisky coule dans la trachée, laisse une brûlure chaude et sucrée sur les lèvres. Déjà plus rien au fond du petit verre rond. Rien ? Sauf un bouquet sous la rosée. Un filet d’eau vive, une silhouette enivrée qui voltige, et décolle, et s’envole. Elle n’est plus là, elle a laissé sa « part des anges. Quand le whisky passe, les valises tremblent. »

Extrait de « Dévalisée », cinquième partie, chap 7, p230

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