facebook Les idoles japonaises
Les idoles japonaises

Les idoles japonaises

CREATIVE ROOM

Espace japonais

Les idoles japonaises

Contribuer

À l'heure où la K-pop semble bien partie pour envahir nos horizons musicaux, que diriez-vous de vous pencher sur son équivalent japonais ? En effet, même si elle est beaucoup plus discrète à l'international, la J-pop est une industrie omniprésente dans l'archipel nippon. Bien au-delà des simples concerts, les idoles sont révélatrices de la société japonaise moderne.

Qu'est-ce qu'une idole ?

Eh bien le nom est finalement assez transparent, c'est un ou une artiste que l'on admire. Mais attention, il n'est pas question d'une petite chanteuse qui a joué dans les bars par passion jusqu'à se faire repérer par un producteur qui a lancé sa carrière et grâce à lui, elle a pu atteindre des sommets. Non, ici on parle d'une vraie institution et les agences recrutent des jeunes prodiges même avant leurs 10 ans ! (la plus jeune ayant commencé à.. 6 ans !) C'est alors la course à la popularité qui commence : chansons, danses, photos, plateaux TV, publicités, goodies en tout genre, tout est bon pour faire parler d'une idole et lui faire gagner des fans. Je vais me concentrer sur les groupes féminins, mais il existe beaucoup d'idoles masculins, les plus connus étant probablement le groupe Arashi. Impossible d'allumer la TV japonaise sans les voir dans un film, une pub ou une émission !

Contrairement aux idoles coréennes qui semblent très matures et sont de véritables bêtes de scènes, les japonaises se doivent plutôt d'être des femmes-enfants mignonnes et attendrissantes. Les hommes doivent y voir la petite amie idéale et les femmes, une bonne copine. Bien sûr, elles doivent être jolies et les photos en maillots de bain sont très populaires !

Une industrie bien huilée

Si les idoles japonaises franchissent rarement les frontières du pays, c'est parce qu'elles sont construites sur mesure pour la société japonaise. Petit disclaimer : je vais parler de tendances générales, il ne faut bien entendu pas s'imaginer que 100% de la population japonaise est ainsi !

Globalement, les études montrent que les Japonais se sentent relativement seuls, ils ont peu d'histoire de coeur et sont assez timides avec le sexe opposé. Pour beaucoup, s'enticher d'une idole est un moyen de pallier à cette solitude, de se sentir proche de quelqu'un. En effet, les idoles sont tout le temps partout, elles donnent de nombreuses interviews et se livrent facilement. De plus, vous avez peut-être déjà entendu que les contrats leur interdisent d'avoir des relations : elles doivent être totalement dévouées à leurs fans. Ces derniers se sentent alors en sécurité avec elles, ils savent que c'est une relation durable, même si elle est fantasmée. 

Plus un groupe devient populaire, plus il sera mis en avant. Les agences ont généralement des "niveaux" et les fans doivent être particulièrement présents pour soutenir leurs favorites et montrer qu'elles méritent de monter les échelons. Ils ont ainsi l'impression de participer à leur succès, d'être impliqués dans leur réussite et ils se sentent liés à elles. Ils n'hésitent alors pas à dépenser des centaines voire des milliers d'euros dans des places de concerts et des produits dérivés. Tout est pensé pour pousser à la consommation.

Les dérives du monde des idoles

Malheureusement, il y a beaucoup de cas où cette industrie dérape. Les idoles sont soumises à des règles très strictes, notamment sur leur apparence et leur poids. Il est déjà arrivé que des filles tombent d'inanition en plein spectacle parce qu'elles avaient voulu respecter le poids idéal fixé par leur agence. Il faut bien comprendre que si les producteurs le veulent, ils peuvent écarter une idole du devant de la scène très facilement et mettre fin à sa carrière.

Ensuite, si la plupart des fans sont simplement là pour s'amuser, avoir un sentiment de sécurité et d'appartenance, certains sont réellement obsédés par leur idole favorite. Ils vivent alors très mal de devoir la "partager" avec tous les autres et plusieurs sont passés à l'acte en agressant plus ou moins gravement les jeunes femmes. Il faut dire que les photos et les clips sexualisés donnent une image d'accessibilité qui fait facilement fantasmer à tort.

Enfin, contrairement à ce que l'on pourrait penser, être une idole ne rapporte pas beaucoup d'argent dans la plupart des cas. C'est leur agence qui récupère tous les bénéfices et qui ne reverse souvent qu'un petit salaire à ses membres. Le problème est particulièrement grave dans le cas de petites agences peu connues qui profitent des rêves des jeunes filles pour les exploiter. On parle alors de "chika Idol", des idoles underground. Elles doivent par exemple acheter et vendre elles-mêmes les places pour leur concert, parfois à perte si elles ne sont pas assez populaires. Derrière celles qui réussissent, on oublie souvent que d'autres tombent entre les griffes de producteurs peu scrupuleux.

Les bons côtés de l'industrie des idoles

Même si tout est pensé pour faire consommer les fans, il ne faut pas oublier que derrière cette façade se cachent de vraies jeunes artistes qui s'entrainent dur pour percer dans le milieu. Les soutenir et les voir évoluer, c'est une vraie source de joie pour leurs supporters. Cette passion commune permet à des gens qui n'auraient pas nécessairement confiance en eux de se lier avec d'autres fans. Les concerts sont toujours entrainants, remplis de vie et de fun. Les spectateurs connaissent les chorégraphies et participent pleinement à l'ambiance festive d'un spectacle. Les idoles permettent donc à des gens de se rassembler et de passer de bons moments de détente dans une société japonaise très orientée sur le travail. C'est une parenthèse sans prise de tête dans un monde qui peut être épuisant aussi bien physiquement qu'émotionnellement.

Même s'il est indéniable que l'industrie des idoles est pensée pour rapporter de l'argent, il faut bien admettre qu'elle apporte aussi beaucoup de joie à des milliers de fans et que tous ne sont pas nécessairement instables ou malheureux.

 

0
Coup de coeur
J'adore cet article
0
Coup de génie
Brillant
0
Coup de main
Cet article m'a été utile
0
Coup de pub
Je souhaite promouvoir cet article
2
Coup de chapeau
Un sujet très intéressant
0
Coup de balai
Ne correspond pas aux standards Panodyssey
0
0
0
0
2
0
Partager l'article
copylink copylink
Contribuer
Prolonger le voyage dans l'univers Curiosités
Le sous-entendu malentendu
Le sous-entendu malentendu

Une histoire vraie Agé de trente ans en septembre 1978 , je suis recruté par petites annonces consulta...

Jean Louis Muller
2 min
Moi c'est Robert !
Moi c'est Robert !

  - Salut, moi c’est Robert. Je cherche à acheter des bagnoles, t’en as ? -...

Aldo Franco
1 min