la faille

La photo de couverture est prise par moi-même.
Il s’agit de la crosse épiscopale de la cathédrale Saint-Jean de Lyon : Saint Michel terrassant le dragon, œuvre du XIIᵉ siècle réalisée à Limoges, provenant de la collection du cardinal de Bonald.
Le texte a d’abord été écrit en géorgien, puis traduit en français. J’ai utilisé Perplexity AI comme outil de traduction.
—
je mâche la syntaxe comme une carcasse
pour en extraire la moelle
mon équipage est muet
des spectres qui ont tordu le verbe
avant que le monde ne le casse
la coque frotte contre un alphabet de chaux
où chaque mot est une île qui exige d’être nommée
ou détruite
le vent ici est une tension
une pression barométrique de sens
qui déchire la toile des certitudes
la mer est une règle aveugle
pleine de pièges et de conjonctions mortelles
je reste au centre
dans ce pays de salive et de phonèmes
il n’y a pas de citoyenneté autre que le crime
de dire exactement ce qui mord
je n’ai pas de terre
pas de sol
j'ai cette errance architecturale
où Ithaque n’est pas le port du retour
mais le centre même de la phrase
cette virgule, là,
entre le sujet et l’acte
je suis chez moi dans la faille
dans la dérive
dans ce français qui ne m’appartient pas
refait
mâche par mâche
os après os
— David Chkhaidze
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