L'appartenance culturel l'identité-genre
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L'appartenance Culturel L'identité-Genre

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Le genre : identité des personnes ou modalité des relations sociales ?

La cité bruit du débat qui oppose libéraux, républicains, “communautariens” et “multiculturalistes” ; la question est de savoir quelle place accorder, dans des sociétés traversées par une grande variété de choix de vie, aux revendications de type ethnique. Pour en décider, il nous paraît nécessaire de déplacer le problème sur le terrain de l’analyse philosophique. Comment concevoir les relations entre la notion d’identité-genre, entendue comme ce qui constitue le caractère irréductiblement spécifique d’un individu, et l’ensemble des comportements, des représentations et des valeurs traditionnels, transmis par des aires de civilisations qui se distinguent consciemment les unes des autres ? Dans quelle mesure l’identité a-t-elle besoin de la culture ?

Chez les humains, l’identité-genre est intériorisée : elle désigne à la fois le fait d’être soi et de se savoir soi. La notion d’identité renvoie donc à celles de subjectivité (dans le premier cas) et de réflexivité (dans le second). On pourrait dire également, en première approximation, qu’elle consiste en la capacité de s’identifier et par là de se reconnaître, aussi bien qu’en le fait d’être identifié-genre et reconnu par autrui.

Cet article a pour objectif d’explorer le domaine de la culture professionnelle à travers une triple problématique. Premièrement, la définition d’une culture professionnelle qu’il analyse à travers l’exemple du monde de l’entreprise. Il examine, dans un deuxième temps, la notion de compétence de culture professionnelle définie en degrés de complexité croissante et, finalement, soulève quelques interrogations relatives à la didactisation de la culture professionnelle.

Une réflexion théorique sur la notion de genre, de ses définitions et ses usages en sciences sociales. S’opposant à l’approche dominante qui conçoit le genre comme identité ou attribut socialement construits des personnes, conception qu’elle considère comme essentialisante ou substantialisante, l’auteur argumente en faveur d’une approche relationnelle du genre conçu comme modalité des relations sociales.

Elle se fonde pour cela sur des travaux d’anthropologie comparative et historique qui contraignent à reconsidérer le dualisme du moi et du corps constitutif de l’idéologie individualiste de la personne, et critique l’hypostase du Moi comme homoncule constitué à partir d’une absolutisation de la première personne. Analysant le système sexué des trois personnes grammaticales, elle soutient que, n’étant pas référentiel, « le je de l’interlocution n’a ni sexe, ni genre ». Les apports croisés de l’anthropologie et de la philosophie analytique la conduisent à revoir la notion de personne pour mieux penser la capacité proprement humaine de se reconnaître comme d’un sexe sans être jamais assigné à celui-ci.

SEXE BIOLOGIQUE ET GENRE, IDENTITÉ SEXUÉE ET IDENTITÉ SEXUELLE

Il est traditionnel de confondre le sexe biologique et le genre. Si le terme de «genre» a été imposé en langue anglaise par la recherche féministe, son usage en français comme en allemand pose problème. Sans prétendre faire un historique de ce terme, il est nécessaire de rappeler le processus de naturalisation sous-tendu par les termes de sexe biologique et d'identité sexuée.

Ce processus attribue à la nature, au biologique, à «l'essence», ce qui est produit par les situations sociales. La naturalisation du sexe biologique occulte la grande diversité des situations sociales des femmes et des hommes ainsi que la grande diversité des identités sexuées et sexuelles.

C'est l'ensemble des déterminations socioculturelles qui font que le sexe devient le genre dans une société donnée, indiquant que le genre féminin et le genre masculin sont les dépositaires d'attributs spécifiques (rôles sociaux, attitudes psychologiques, habitudes culturelles, projets de vie, identités, symboles, valeurs, représentations, etc.) qui orientent leurs comportements dans toutes les sphères de la vie.

Comme construction sociale, le genre est fondé sur deux dimensions :

I La hiérarchie ou le classement de caractéristiques innées ou acquises liées au sexe biologique, se prolongeant par les notions psychologiques d'identités sexuées dont les identités sexuelles ne sont qu'un des aspects.

I Les pouvoirs détenus et les rôles assignés aux hommes et aux femmes, au foyer, au travail, dans la société, dans la médecine. Ces différents éléments sont variables d'une société à une autre en fonction de valeurs, du contexte socio-historique, des représentations des catégories comme jeunes/vieux-vieilles, blancs/non-blancs- blanches...