Y a de l'essence dans l'air
Y a de l'essence dans l'air
INTRO :
Et si je vous disais qu’on peut désormais produire de l’essence à partir de l’air ambiant ? Magie ? Alchimie ? Non, c’est de la science, et on découvre ça tout de suite.
SUJET :
Le concept est simple. Enfin… simple sur le papier…
On prend trois ingrédients :
·de l’air
·de l’eau
·et de l’électricité
On mélange, et… on obtient de l’essence.
C’est juste de la chimie, vraiment… La machine aspire l’air ambiant et en capture les particules de CO₂. Elle va ensuite casser les molécules d’eau (H₂O) qu’on lui a fourni, pour en extraire l’hydrogène (H). Troisième et dernière étape, elle recombine l’Hydrogène (H) extrait de l’eau et le dioxyde de carbone (CO₂) extrait de l’air, et, quand on met de l’Hydrogène et du carbone ensemble, on obtient un hydrocarbure, autrement dit : un carburant liquide, de l’essence !
Vu comme ça, cette machine parait idéale : recycler la pollution du CO₂ pour en faire du carburant, c’est presque trop beau pour être vrai. Mais, et je vais encore vous remettre une couche de Lavoisier : rien ne se perd, rien ne créé, tout se transforme.
Et pour transformer ce CO₂ en carburant, il faut non seulement de l’eau, mais surtout de l’énergie… ici sous forme d’électricité.
Cette machine produit 4 litres d’essence par jour. Et pour cela, elle consomme 60 kWh d’électricité.
Le truc, c’est que 4 litres d’essence vont libérer 33 kWh, soit, en gros, la moitié de l’énergie nécessaire pour les fabriquer…
On voit tout de suite qu’on n’est pas près de mettre les pays de l’OPEP au chômage avec cette trouvaille, et qu’on ferait mieux d’utiliser l’électricité nécessaire à cette transformation directement pour faire tourner un appareil électrique plutôt que thermique.
Alors, OK, le retour sur investissement n’est pas là, et avec une production de 4 litres par jour, le rendement non plus.
Mais il y a deux choses à retenir, je pense :
La première, c’est la prouesse scientifique du truc quand même. Parce qu’un hydrocarbure prend 65 millions d’années à se former naturellement… Et oui, du coup, les 4 litres pas jour ne paraissent pas si mal en comparaison (95 mds litres d’essence).
La seconde, c’est que ça reste niche, sans doute, mais je pense qu’il y a un marché. Celui des habitations et exploitations isolées où l’électricité ne peut pas répondre à tous les besoins (essayez de débiter un érable ou un chêne avec une tronçonneuse électrique, vous m’en direz des nouvelles).
Couplé à une alimentation électrique renouvelable, type panneaux solaire, je pense que pas mal d’hôpitaux de brousse, sanctuaires d’animaux, exploitations forestières et autres excavations archéologiques pourraient vraiment bénéficier de cette technologie.
CONCLUSION :
Voilà, j’espère que cette news vous aura énergisée à souhait, et on se retrouve dans le prochain épisode.
OUTRO :
(dehors devant grand chêne avec tronçonneuse et batteries)
On est le 20 mars, d’après mes calculs, avec deux batteries en rotation sur 4h de charge, je peux abattre cet arbre pour mi-avril, et finir de le débiter pour Noël…
Où… autre proposition : on achète un radiateur électrique pour le salon plutôt qu’un poêle à bois…
Yeah… Pas con…
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