Lundi 19 janvier 2026
Lundi 19 janvier 2026
Les derniers jours ont été trop bruyants et j’en sors vidée, incapable ou presque de formuler la moindre pensée. Mes contours sont poreux et laissent s’infiltrer en moi des inquiétudes, des urgences et des colères qui ne m’appartiennent pas. Ma peau s’use et s’effrite, ne suffit plus à me contenir, et soudain je déborde moi aussi, ouverte aux quatre vents. Mes idées s’échappent et les mots me résistent, mes émotions sont à la merci du moindre souffle d’air et j’avance mes entrailles à la main, vulnérable. La plupart du temps, lorsque je m’en aperçois, il est déjà trop tard pour écoper. Il me faut alors verrouiller tous mes accès et prendre le temps de faire le tri dans ce qui s’est répandu tout autour de moi, de rendre à chacun ce que j’ai cru être mien. J’y vois mal, tout est flou, je peine à discerner ce qui m’appartient et ce qui vient d’ailleurs, à retrouver mes fragments dilués dans les leurs. A force de patience, il me semble parvenir à remettre chaque chose à sa place et mes membranes se régénèrent, je retrouve enfin une enveloppe salutaire. Et puis inévitablement la culpabilité s’en mêle et brouille les pistes, alors la petite voix se fait perfide et souffle tu es juste égoïste.
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