Samedi 7 février 2026
Samedi 7 février 2026
Voilà plusieurs jours que derrière la baie vitrée, il pleut sous un ciel bleu. Le soleil et la pluie n’alternent pas, ne se succèdent pas l’un à l’autre, ils coexistent. C’est un drôle de spectacle, une image étrange qui soulève à chaque fois mon incompréhension. Cette météo incongrue me rappelle les moments de fatigue extrême lors desquels, parfois, je me suis répandue en sanglots incontrôlables au beau milieu d’un fou rire, incapable de discerner d’où venait cette tristesse insondable et pourquoi diable elle surgissait précisément là, au détour d’une plaisanterie. Je ne connais pas le nom de cette émotion-là, mais j’en garde un souvenir physique, la sensation terrible d’un écroulement intérieur, l’impression de tomber sans aucune forme de contrôle très loin à l’intérieur de moi, dans un gouffre sans fond dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Aujourd’hui, tandis que le jour commençait à décliner, un message est apparu sur l’écran de mon téléphone. J’ai aussitôt lancé un appel pour obtenir des détails, tenter de comprendre. Hier encore tout semblait perdu et l’orage rugissait, puis voilà que quelque chose d’impensable survient, une résolution non seulement inattendue mais improbable. Je l’écoutais raconter et j’ai senti que derrière cette autre fenêtre, elle aussi était moitié soleil et moitié pluie mais faisait le chemin inverse, remontant soudainement à la surface, laissant derrière elle le précipice qui avait bien failli l’engloutir. J’ai souri à l’idée qu’il y a quelques heures encore, nous exhortions l’univers à la laisser un peu tranquille, et j’ai songé pardon, à la prochaine tempête je m’efforcerai d’y croire un peu plus longtemps, de me rappeler qu’il suffit juste d’un bon coup de vent.
Contribuer
Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur

