Mercredi 28 janvier 2026
Mercredi 28 janvier 2026
En début d’après-midi, le soleil brillait fort sur l’hiver et pour la première fois depuis des semaines, j’étais libre de mon temps au bon moment. J’ai rassemblé quelques affaires dans un sac à dos, une serviette, un livre et mon crocher, et puis je me suis précipitée vers le lieu adoré. La mer était au rendez-vous, évidemment. J’ai regardé l’arbre immense et son ami blessé, les oiseaux pour lesquels c’était jour de marché, les grains de sable bousculés par le vent, toute une nature en mouvement. Une part de moi avait besoin de vérifier que tu ne serais pas là, je crois. Un peu plus loin, les herbes folles se tenaient droites et fières là où nous avons un jour été assises l’une contre l’autre, et parmi les traces de pas je ne distinguais plus les nôtres. J’ai jeté quelques regards inquiets alentour mais tout était calme et dépourvu de toi, apaisé, un tableau magnifique qui n’a pas besoin de ton regard pour exister. J’ai songé que moi non plus, après tout, ce ne sont pas tes yeux qui dessinent mes contours, et soudainement ton absence pesait un peu moins lourd. Sur la rive, des bateaux étaient plantés là à attendre le printemps qui reviendra, comme moi, avec ou sans toi.
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