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HuM1
BIG FIVE
Non-fiction
Développement personnel
calendar Publié le 21 août 2026
calendar Mis à jour le 21 août 2026
time min
Label de transparence créative
Tous publics
Image / Image co-créée avec IA
Texte / Création humaine

BIG FIVE



INTRO :

Vous êtes consciencieux, curieux, plutôt introverti, parfois anxieux, généralement sympathique…

Félicitations.

Vous avez donc une personnalité.

Ne vous emballez pas non plus, il se trouve que c’est assez fréquent chez les humains… ou les elfs.

Le problème commence lorsqu'on essaye de mesurer cette personnalité.

Parce que, pour décrire quelqu'un, nous disposons de milliers de mots.

Calme. Anxieux. Sociable. Solitaire. Curieux. Conventionnel. Bordélique. Méticuleux. Créatif. Prudent. Impulsif. Chaleureux. Susceptible. Confiant. Méfiant…

Et si je continue, cette vidéo va durer trois jours.

Alors, est-ce qu'on pourrait prendre tout ce bazar et le réduire à quelques grandes dimensions distinctes pour décrire une personnalité ?

Apparemment oui.

Et le plus étrange, c'est que pour découvrir lesquelles, des chercheurs en psychologie ont commencé par…

ouvrir un dictionnaire.

Bienvenue dans la vidéo qui explore le concept du BIG FIVE. Prenez vos dictionnaires, on va y puiser qui vous êtes vraiment, tout de suite après le générique...


SUJET :

L'histoire commence avec une idée assez élégante.

Si une caractéristique humaine est suffisamment importante pour que nous la remarquions régulièrement chez les autres, il est fort à parier que nous avons fini par inventer un mot pour la décrire.

C'est ce qu'on appelle l'hypothèse lexicale. Si quelque chose à un nom, donc un mot, alors on peut étudier ce mot et ses variantes, par proxy, afin d’étudier la chose en question.

À la fin du XIXe siècle, Sir Francis Galton (un savant britannique aux talents multiples, notamment en statistiques) s'intéresse déjà à cette idée.

Puis, en 1936, Gordon Allport (un psychologue américain) et Henry Odbert (un chercheur universitaire américain) font un truc parfaitement raisonnable pour deux chercheurs qui n'avaient manifestement rien prévu ce week-end-là :

Ils prennent un dictionnaire.

Et ils recensent les mots de la langue anglaise susceptibles de décrire les caractéristiques d'une personne.

Ils en trouvent près de 18 000.

Le problème change donc de prisme :

Au lieu d'avoir une personnalité incompréhensible…

Nous avons maintenant une montagne de mots incompréhensible.

Mais, beaucoup de ces mots sont liés.

Quelqu'un décrit comme sociable aura davantage de chances d'être également décrit comme extraverti, enthousiaste ou énergique.

Quelqu'un décrit comme méthodique pourra aussi être considéré comme organisé, rigoureux ou consciencieux.

L'idée va donc être de chercher les grandes dimensions cachées derrière toutes ces corrélations.

Et pour ça, nos deux chercheurs ont une arme.

Les statistiques.

Plus précisément : l'analyse factorielle.

C’est Raymond Cattell (un psychologue et professeur anglo-américain) qui va réduire considérablement le nombre de termes et chercher les facteurs qui se cachent derrière eux durant les années 1940.

Il en conservera notamment seize, à l'origine de son célèbre questionnaire 16PF.

Mais d'autres chercheurs vont reprendre les données dans les années 1950-1960.

Donald Fiske (un psychologue et professeur américain).

Puis Ernest Tupes et Raymond Christal.

Et enfin, Warren Norman.

Quelque chose d'intéressant commence à se produire.

Durant cettepériode :

On change les personnes.

On change les échantillons.

On change les évaluateurs.

On recommence les calculs.

Et cinq grandes dimensions reviennent.

Encore.

Et encore.

Et encore.

Une structure à cinq facteurs commence à émerger très nettement, mais prendra encore quelques années avant de s’imposer comme le FFM (Five Factor Model – le modèle à cinq facteurs).

Dans les années 1980, Lewis Goldberg (un psychologue de la personnalité et professeur américain) relance cette approche et popularise une expression qui va rester :

The Big Five.

Les cinq grands.


Et dans les années 1980 et 1990, les travaux de Paul Costa et Robert McCrae (deux psychologues américains) vont également converger vers un modèle à cinq facteurs, et notamment mettre au point les questionnaires NEO, qui vont devenir la référence.


Première chose importante, donc :

Personne n'a « inventé » le Big Five en décidant que la personnalité humaine comportait cinq cases.

Ces cinq dimensions ont progressivement émergé de décennies d'observations, de questionnaires, de vocabulaire et d'analyses statistiques.

Ce qui ne signifie pas qu’un hypothétique barbu a gravé cinq curseurs sur notre cerveau.

Il existe d'autres modèles, d'autres niveaux d'analyse, et nous en reparlerons dans la série HuM6cho.

Mais le Big Five est avant tout une taxonomie.

Une façon particulièrement robuste et pratique d'organiser les grandes différences de personnalité observées entre les individus, dans des domaines.

Et ces cinq dimensions forment un acronyme très pratique :

O.C.E.A.N. (OCÉAN) – petit aparté, on l’appelle aussi C.A.N.O.E (CANOÉ), ça, c’est dédicace spéciale pour les canadiens qui nous regardent 😉

Oui, parce que, apparemment, les psychologues aussi aiment les acronymes.

Presque autant que les mathématiciens.

Détaillons un peu ces dimensions ou domaines comme ils sont appelés dans le milieu.


O — OPENNESS TO EXPERIENCE

Ouverture à l'expérience.

L'ouverture mesure notamment la curiosité intellectuelle, l'imagination, la sensibilité esthétique, l'intérêt pour les idées nouvelles et l'attrait pour la nouveauté.

Une personne très haute en ouverture aura tendance à explorer des idées, des œuvres, des concepts, des expériences.

Elle pourra être imaginative, créative, intellectuellement curieuse.

À l'autre bout, une personne basse en ouverture aura davantage tendance à privilégier le concret, le familier, les traditions ou les solutions déjà éprouvées.

Alors, attention, on va casser quelques mythes et construits sociaux :

Faible ouverture ne signifie pas qu’on vote RN et haute ouverture qu’on vote LFI.

On parle d'une disposition à explorer certaines expériences et certaines idées. Il n’y a absolument rien de mal à être pragmatique ni rien d’extraordinaire à tout intellectualiser.

Il y a quand même une particularité avec l'Ouverture, dont on a parlé dans la série sur le HPI d’ailleurs : parmi les cinq grands domaines, c'est celui qui présente la corrélation positive la plus nette avec les capacités cognitives mesurées par les tests de QI.

Mais attention : la corrélation concerne surtout la composante intellectuelle de l'Ouverture. Donc un QI élevé ne vous condamne pas à lire Kant en VO, et à l’inverse : être très ouvert ne vous donne pas automatiquement 140 de QI.


C — CONSCIENTIOUSNESS

La conscienciosité.

La conscienciosité mesure notamment l’organisation, la persévérance, l’autodiscipline, la fiabilité, la capacité à poursuivre des objectifs.

Une personne très consciencieuse aura généralement tendance à planifier, organiser, anticiper et terminer ce qu'elle commence.

Une personne moins consciencieuse fonctionnera davantage dans la spontanéité, pourra être moins structurée ou plus facilement distraite de ses objectifs, mais plus flexible.

Là encore, je propose de briser quelques mythes :

Faible conscienciosité ne veut pas dire fainéant, pas plus que forte conscienciosité ne veut dire psychorigide obsessionnel qui classe ses chaussettes par numéro de série.

Même si, dans le deuxième cas, franchement, ça aide.


E — EXTRAVERSION

L'extraversion.

L’extraversion est probablement l'une des dimensions les plus connues du grand public.

Et donc, conformément aux traditions humaines, l'une des plus mal comprises.

L'extraversion ne mesure pas simplement :

« Est-ce que vous aimez les gens ? »

On peut en effet être extraverti et détester les gens, ça s’appelle un narcissique. On peut aussi aimer les gens et être introverti, ça s’appelle un névrosé, ou un Woody Allen.

Cette dimension mesure notamment la sociabilité, l'assertivité, l'énergie et la recherche de stimulation.

À un extrême, on trouvera des individus recherchant davantage les interactions sociales et la stimulation externe.

À l'autre, des individus plus réservés, davantage attirés par des environnements calmes, moins demandeurs en interactions et plus en stimulation interne.

On peut là aussi briser quelques mythes :

l'introversion, contrepartie basse de la dimension Extraversion :

·N'est pas une pathologie.

·N'est pas nécessairement de la timidité.

·Et ça ne signifie pas forcément que vous détestez l'humanité.

Ça… croyez-moi, c'est un tout autre questionnaire.

Et attention à ne pas confondre trait de personnalité et comportement observable. Une personne peut rechercher peu d'interactions parce qu'elle est introvertie… mais aussi en éviter alors qu'elle aimerait en avoir, par exemple à cause d'une forte anxiété sociale ou d’un TSA. De l'extérieur, ça peut se ressembler. Psychologiquement, ce n'est pas la même chose.


A — AGREEABLENESS

L'agréabilité.

Nom particulièrement trompeur en français.

Parce qu'on va rarement, autour d’un repas à table, vous demander si vous êtes agréable.

L'agréabilité concerne notamment la compassion, la coopération, la confiance envers autrui et la tendance à respecter les besoins et intérêts des autres.

Quelqu'un de très haut en agréabilité aura généralement tendance à rechercher la coopération, à faire confiance et à éviter les conflits inutiles.

Quelqu'un de plus bas pourra être davantage sceptique, critique, compétitif ou combatif.

Et, là encore, attention !

Une faible agréabilité ne signifie pas être un démon et à l’inverse de la jauge : être un ange.

Un chirurgien, un négociateur ou quelqu'un qui doit prendre une décision impopulaire peut parfois bénéficier de ne pas avoir comme priorité absolue que tout le monde reparte content.


Et enfin :

N — NEUROTICISM

le neuroticisme.

Encore un mot formidable si votre objectif est de faire paniquer la personne qui vient de recevoir ses résultats.

Certains questionnaires modernes parlent plutôt d'émotivité négative (Negative emotivity en anglais pour conserver le N). En fait cette dimension couvre l’aspect émotionnel de la personnalité.

Le neuroticisme mesure la tendance à ressentir plus fréquemment ou plus intensément certaines émotions négatives : inquiétude, anxiété, tristesse, irritabilité, vulnérabilité au stress…

Un score élevé indique donc une plus grande sensibilité émotionnelle négative.

Un score faible correspond davantage à ce qu'on appelle la stabilité émotionnelle (et pas l’hypersensibilité aux émotions positives).

Et surtout, à retenir :

Neuroticisme ne signifie pas névrose.

Ce n'est pas un diagnostic.

Un psychologue ne regarde pas votre score Big 5 en annonçant :

« 87 ! Ah, désolé, monsieur, vous êtes officiellement névrosé. Prenez cette boîte d’anxiolytiques, ne passez pas par la case départ, et revenez dans trois mois. Suivant ! »

Non, ici, nous mesurons un trait de personnalité, pas une maladie psychiatrique ni un trouble psychologique. Nous ferons d’ailleurs un petit focus sur le sujet un tout petit peu plus tard, mais surtout dans la vidéo de conclusion de cette série sur les tests de personnalité.

Voilà, je viens de vous détailler les cinq domaines du Big 5, il est donc temps de vous partager la notion la plus importante de toute cette vidéo :

Les cinq dimensions du Big Five ne sont pas des catégories.

Ce sont des continuums.

Des curseurs.

Prenons l'extraversion.

Nous n'avons pas :

INTROVERTI.

Ou :

EXTRAVERTI.

Nous avons quelque chose qui ressemble plutôt à ça :

Introversion ←————————————→ Extraversion

Et vous êtes quelque part dessus.

C’est la même chose pour les cinq dimensions.

Faible ouverture ←————→ Forte ouverture.

Faible conscienciosité ←————→ Forte conscienciosité.

Introversion ←————→ Extraversion.

Faible agréabilité ←————→ Forte agréabilité.

Stabilité émotionnelle ←————→ Neuroticisme élevé.

Et surtout, la majorité des humains ne se trouve pas aux extrêmes.

Elle se trouve quelque part au milieu.

C'est une différence fondamentale entre une approche dimensionnelle (comme celle du Big 5) et une approche typologique (comme MBTI ou ennéagramme, que nous verrons dans les vidéos suivantes).

Le Big Five ne vous dit pas :

« Vous êtes de type X. »

Il vous donne cinq coordonnées.

Vous pouvez donc être extrêmement introverti et extrêmement ouvert.

Très consciencieux et très névrotique.

Très extraverti et peu agréable.

Toutes les combinaisons sont possibles.

Et c'est là que nous arrivons à un autre truc souvent mal compris.

Les percentiles.


Non, 90 dans un domaine Big 5 ne veut pas dire 90%...

Imaginons que votre résultat indique :

Ouverture : 90e percentile.

Cela ne signifie absolument pas :

« Vous êtes ouvert à 90 %. » D’abord, qui aurait décidé de ce qui était VOTRE capacité maximale d’ouverture afin de calculer ce %, ou pire de la capacité d’ouverture maximale d’un être humain ?

Les domaines du Big 5 ne sont pas des jauges à remplir, mais des curseurs à placer. Il n’y a rien à gagner pour celui qui ferait 100 % partout.

Un percentile vous compare à une population de référence.

Imaginez cent personnes classées selon leur score d'ouverture.

Si vous êtes au 90e percentile, cela signifie que votre score est supérieur à celui de 90 % de cette population de référence.

C'est donc un classement relatif, et non absolu, ce qui le rend d’autant plus intéressant.

« Vous n’êtes pas ouvert à 90% d’une hypothétique jauge, vous êtes plus ouvert que 90% de la population de référence »

50e percentile ?

Vous êtes autour de la médiane de la population.

99e percentile ?

C’est la borne supérieure. Score le plus élevé relativement à cette population.

1er percentile ?

C’est la borne inférieure. Score le plus bas relativement à cette population.

Et donc, détail important :

Un percentile dépend de la population à laquelle on vous compare.

Ce n'est pas une unité universelle comme le mètre ou le kilogramme, mais une unité relative. D’où l’intérêt de faire ses tests sur des bases les plus amples possibles. Je vous mettrais des liens en description.

On a vu les 5 dimensions et à quoi correspondait la notation en percentile, maintenant vous pourriez raisonnablement vous dire :

« Attend. On vient de réduire toute la personnalité d’un humain à cinq nombres ? »

Alors… Non.

Enfin…

Oui.

Mais non.

Parce que ces cinq grandes dimensions sont des domaines.

Et chacun de ces domaines peut être décomposé en dimensions plus précises :

Qu’on appelle les facettes.

Prenons l'extraversion comme exemple.

Dire simplement :

« Paul est très extraverti. »

Cache énormément d'informations.

Dans le BFI-2 (alors, je vous l’ai pas dit, mais : le BFI-2 et le NEO, sont les deux grandes classes de questionnaires utilisés pour le Big 5)

Donc, dans le BFI-2 par exemple, le domaine Extraversion comporte trois facettes complémentaires :

Sociabilité.

Assertivité.

Niveau d'énergie.

Paul peut donc adorer les soirées, parler avec absolument tout le monde…

Mais avoir une assertivité moyenne.

Sophie peut avoir relativement peu besoin de contacts sociaux…

Mais être extrêmement énergique et parfaitement capable de s'imposer dans une réunion.

Au niveau global, Paul et Sophie pourraient obtenir un score d'extraversion comparable.

Mais leurs personnalités ne se manifesteraient absolument pas de la même manière.

Et bien c’est exactement le même principe pour tous les autres domaines.

L'ouverture peut être décomposée en :

Curiosité intellectuelle.

Sensibilité esthétique.

Imagination créative.

La conscienciosité en :

Organisation.

Productivité.

Responsabilité.

L'agréabilité en :

Compassion

Respect.

Confiance.

Et le Neuroticisme en :

Anxiété.

Tendance à la tristesse.

Volatilité émotionnelle.

On a donc une forme de hiérarchie du genre :

BIG FIVE

en dessous :

5 DOMAINES

et sous chaque domaine :

DES FACETTES.

Selon le questionnaire utilisé, le nombre et la définition précise des facettes peuvent changer.

Le BFI-2 en utilise quinze (donc 3 facettes par domaines).

Le NEO en distingue trente (donc 6 facettes par domaines).

Et sous les facettes, évidemment…

Il y a vous.

Vos comportements.

Vos réactions.

Votre contexte.

Votre histoire.

Parce qu'un modèle psychologique reste une représentation simplifiée de quelque chose d'infiniment plus bordélique :

J’ai nommé : un humain.

Maintenant que nous savons comment ça fonctionne au niveau des indices et des percentiles, prenons un exemple concret.

Pour ça, il nous faut :

·Quelqu'un qui ait passé un Big Five.

·Quelqu'un dont nous avons les résultats.

·Quelqu’un que l’on connait pour confronter lesdits résultats.

·Quelqu'un que nous pouvons exposer publiquement sans problème juridique.

·Quelqu’un qui, de préférence, soit un humain.

J’avais pas trop de choix sous la main, donc je ne sais pas pour la partie être humain, mais, pour le reste, ça va le faire, voici donc mon profil Big 5 :


·Ouverture : 99e percentile.

·Conscienciosité : 92e.

·Extraversion : 1er.

·Agréabilité : 60e.

·Neuroticisme : 45e.


Et ce profil est intéressant précisément parce qu'il montre que les cinq curseurs sont relativement indépendants, on va le voir.

Commençons bêtement par le début, on va les faire dans l’ordre.

Ouverture : 99.

Cela signifie que, dans la population de référence de ce test, mon score d'ouverture est supérieur à celui de 99 % des individus.

Ce n'est pas très surprenant.

J'écris.

Je compose.

Je crée des vidéos.

Je peux passer plusieurs heures à explorer une question dont je n'avais jamais entendu parler le matin même.

Et j'ai manifestement considéré qu'apprendre comment fonctionnait l'analyse factorielle était une manière parfaitement acceptable de passer mon vendredi soir pour préparer cette vidéo.

Donc…

Je serais plutôt enclin à valider.

Ensuite :

Conscienciosité : 92.

Organisation, objectifs, persévérance, structuration.

Là encore…

Vous regardez l'épisode numéro six d'une playlist appartenant à un ensemble de 5 listes de l’une de mes 4 chaînes dont chaque script est archivé, numéroté et classé dans une arborescence de 383 dossiers. Je ne parle bien entendu ici QUE de mes vidéos, il en va de même pour les chansons, les poèmes, les nouvelles et les romans, les travaux de la maison ou mes achats.

Je pense donc que nous avons suffisamment de preuves pour valider un solide 92 en conscienciosité.

Puis arrive :

Extraversion : premier percentile.

Un.

Pas dix.

Pas cinq.

Fucking un.

Cela signifie que 99 % de la population de référence obtient un score d'extraversion supérieur au mien. Ha ben, je te dis pas le dernier de la classe, là !

À ce stade, ce n'est plus vraiment de l'introversion.

C'est du confinement préventif. Et je vous confirme que les mois de confinement furent les meilleurs mois de ma vie des 15 dernières années, donc, plutôt OK avec ce 1.

Mais regardez surtout la combinaison :

Ouverture 99.

Extraversion 1.

Ce sont deux domaines qui, statistiquement, ont une corrélation positive, c’est-à-dire qu’en majorité, plus on score haut en ouverture, et plus on monte en extraversion.

La preuve donc, que, dans les statistiques, il y a toujours des mesures unitaires qui échappent à la règle (et c’est tant mieux).

Mais surtout : une belle démonstration que les deux domaines peuvent agir relativement indépendamment et que les questionnaires du Big 5 ne « dirigent » pas les résultats vers une quelconque progression préétablie.

Le profil est atypique, certes, mais il est bien intégré, possible, permis dans le scope du Big 5.

Je suis donc extrêmement exploratoire sur le plan intellectuel

et extrêmement peu orienté vers la stimulation sociale.

Ce qui explique l’écart entre les deux indices.

Il n'y a aucune contradiction, autre que statistique.

Parce que ce sont bien deux curseurs différents.

On peut vouloir comprendre et découvrir l’univers…

Sans nécessairement vouloir rencontrer chaque petit être humain de la troisième planète à orbiter la modeste étoile jaune du bout du bras d’Orion de la galaxie voisine de M31, avec laquelle elle fusionnera peut-être un jour. Ou pas, parce que même l'Univers refuse de me donner un planning fiable.

Donc, oui, je valide l’écart de 1 à 99 entre Extraversion et Ouverture. Un point dont on reparlera dans la vidéo de conclusion de toute façon.

Continuons :

Agréabilité : 60.

Légèrement au-dessus du milieu de la distribution. Du coup, pas grand-chose à dire. Je suis en phase avec le chiffre. Ça me met quelque part entre mère Thérèsa et l’abbé Pierre…

Et pour finir :

Neuroticisme : 45.

Proche du centre. Circulez, y a rien à voir.

Rien à voir ? En surface peut-être, mais c’est l’occasion d’un éclairage et d’un rappel important :

Mon neuroticisme tourne aujourd’hui autour de 45. Pourtant, je l'ai longtemps mesuré plutôt autour des 65. Est-ce que ma personnalité a changé ? Pas nécessairement. Alors pourquoi ? Hé bien, parce qu’il y a encore des gens qui font leur boulot en psychiatrie : merci doc.

Il se trouve que je suis un grand dépressif. Pas au sens trait de personnalité ou dépression passagère, mais au sens trouble de l’humeur caractérisé : Trouble dépressif majeur, persistant, résistant… honnêtement, il y tellement de noms que ça ne fait plus de sens, bref : dépression chronique.

Et les recherches montrent que l'état dépressif peut lui-même faire monter le neuroticisme mesuré — et modifier légèrement d'autres dimensions. Un questionnaire de personnalité standard mesure des traits relativement stables, mais il n'est pas hermétiquement isolé de l'état dans lequel vous êtes lorsque vous le remplissez, que ce soit un état passager (vous traversez une crise de vie ponctuelle), ou un état plus permanent, comme un trouble psychopathologique.

Et c'est précisément pour ça qu'un Big Five ou un autre outil standard de mesure de la personnalité n'est pas un outil diagnostique : N=90 ne signifie pas dépression, et N=25 ne signifie pas absence de dépression. En effet, la facette « dépression » n’est que l’une des facettes qui mesure le domaine Neuroticisme au complet.

Mais passons à quelque chose de plus rigolo.

Maintenant que vous avez en tête les domaines, les facettes et les percentiles, simulons (ben oui, je n’ai pas pu les appeler pour qu’ils prennent le test eux-mêmes) les résultats Big 5 de quelques célébrités.

On s’entend que c’est purement pour le fun et pour illustrer la logique du test.


Prenons Sherlock Holmes.

Évidemment, Sherlock Holmes n'a jamais passé le Big Five.

Principalement parce qu'il n'existe pas. Sherlock, je veux dire, pas le Big 5.

Ce qui constitue un obstacle méthodologique assez sérieux.

On peut cependant regarder ses comportements tels qu'ils sont décrits et essayer d'estimer son profil dans une sorte de reverse engineering.

Ouverture ?

Probablement très élevée.

Curiosité intellectuelle exceptionnelle, goût des problèmes nouveaux, pensée originale.

Moi, je pars sur 90.

Conscienciosité ?

Beaucoup plus compliqué.

Il est extrêmement méthodique, certes, mais uniquement lorsqu'un problème l'intéresse.

Beaucoup moins quand ça ne l'intéresse pas.

Et voilà exactement pourquoi les facettes sont importantes, je pense que Mr Holmes aurait de sérieuses oppositions entre les facettes de la conscienciosité.

Mettons 75.

Extraversion ?

Probablement plutôt basse sur la sociabilité.

Mais certainement pas inexistante sur l'assertivité.

On est dans la moyenne, je dirais 55.

Agréabilité ?

Hum… Disons que…

Le Dr. Watson mérite une médaille.

On ne dépasse sans doute pas les 15.

Neuroticisme ?

Beaucoup plus difficile à estimer et probablement très dépendant de l'interprétation du personnage.

Et c'est justement la limite du jeu.

Nous ne sommes pas en train de mesurer Sherlock Holmes.

Nous sommes en train d'utiliser le Big Five comme grille de lecture de comportements fictifs.

Ma lecture, en restant sur le profil original de Conan Doyle, c’est qu’en raison des addictions le Neuroticisme doit être plutôt haut. Sherlock Holmes n’est pas un type « bien dans sa peau », en général quand on se drogue c’est pour fuir quelques chose (douleur, chagrin, mal-être), en tout cas la fuite c’est la peur, l’angoisse, l’anxiété, on est pas mal dans les émotions négatives. Cependant Sherlock reste calme sous la pression et assez froid d’extérieur.

Je mettrais un bon 60.

Ce qui nous fait un Sherlock Holmes à O90 C75 E55 A15 N60


Prenons maintenant Spock.

Ouverture

Curiosité scientifique très élevée sur tous les sujets, ouverture intellectuelle immense, et il est aussi créatif (pas au sens artistique, mais il peut examiner des hypothèses nouvelles et y trouver des solutions).

Je flippe le 99 direct.

Conscienciosité

À la limite du trouble pathologique… Dans l’un des films, le gars meurt littéralement pour finaliser une tâche !

Donc là, pareil, on est sur du 99.

Extraversion

Probablement basse. Mais attention, les rituels Vulcains et le sens de l’amitié sont très forts chez Spock.

On va mettre 30.

Agréabilité

Sans doute moyen, et là encore, les facettes jouent. Il a une compassion élevée (même s’il le montre peu), un respect très élevé, et une confiance moyenne (il n’est ni méfiant, ni naïvement confiant, juste rationnel)

Spock est probablement assez agréable au sens du Big Five du terme.

Ce qui démontre au passage qu'être agréable et avoir l'air agréable sont deux choses différentes. Fascinant.

Allez, on va pour 55.

Neuroticisme

Alors là, attention.

La tentation serait de mettre un, parce que Spock contrôle ses émotions.

Mais contrôler l'expression d'une émotion et ne pas ressentir cette émotion sont deux choses complètement différentes.

Encore une fois :

Mesurer correctement une personnalité est plus compliqué que regarder quelqu'un pendant cinq minutes.

Spock démontre à de nombreuses reprises qu’il ressent les émotions, aussi bien positives que négatives, mais qu’il ne se laisse jamais déborder. Il est plus proche de la neutralité que l’anxiété. N’oubliez pas que le domaine neuroticisme, à son plus bas, indique une gestion harmonieuse des émotions (pas une absence d’émotions, mais juste un bas volume d’émotions négatives).

Je valide un 10.

Ce qui nous donne le profil de Spock à O99 C99 E30 A55 N10


Et pour terminer :

Lara Croft

Ouverture

Très élevée.

Exploration, curiosité, intérêt pour les civilisations anciennes, goût de la découverte.

Un solide 85, les intérêts restants tout de même centrés sur l’archéologie uniquement.

Conscienciosité :

Élevée — préparation, compétences acquises, persévérance, orientation vers l'objectif.

Là aussi, on est sur un bon 85

Extraversion :

Lara Croft est-elle extravertie ? Elle est énergique, assertive, elle prend des risques et n'a aucun problème à s'imposer. Pourtant, elle passe une partie considérable de son temps seule dans des bureaux poussiéreux, des musées ou des tombeaux. Et généralement, les gens qu'elle y rencontre sont morts depuis plus de trois mille ans.

Je dirais donc moyenne — forte assertivité et énergie, mais pas spécialement tournée vers la sociabilité. C'est un excellent exemple, encore une fois, de l'importance des facettes.

On est à 60.

Agréabilité :

Plutôt moyenne — Elle est capable d'empathie et de loyauté, mais elle est très indépendante, déterminée et peu portée sur la complaisance.

On va pour 55.

Neuroticisme :

Alors là, je dirais plutôt faible — Parfaite résistance au stress, maîtrise émotionnelle et capacité à fonctionner dans des situations franchement peu propices à la relaxation.

On est sur du 15.

Cela nous donne un profile de Lara Croft à O85 C85 E60 A55 N15

CONCLUSION :

Alors, qu'avons-nous réellement appris avec le Big Five ?

Pas que l'humanité se divise en cinq groupes de personnalités.

Pas que cinq nombres suffisent à raconter votre vie.

Et certainement pas qu'un questionnaire en ligne connaît mieux votre personnalité que vous-même.

Le Big Five propose quelque chose de beaucoup plus modeste.

Et, scientifiquement, beaucoup plus intéressant.

Prendre l'immense diversité des différences individuelles…

et montrer qu'une partie importante de cette diversité peut être organisée autour de cinq grands domaines.

Ouverture.

Conscienciosité.

Extraversion.

Agréabilité.

Neuroticisme.

Cinq curseurs, pas cinq cases.

Des scores qui peuvent être exprimés en percentiles, donc relativement à une population de référence.

Et cinq grands domaines qui peuvent eux-mêmes être décomposés en facettes, pour comprendre ce qui se cache derrière le chiffre global.

Le Big Five ne vous dit donc pas :

« Voilà qui vous êtes. »

Il dit plutôt :

« Voilà cinq coordonnées utiles pour commencer à décrire comment vous avez tendance à fonctionner. »

Et le mot important dans cette phrase…

c'est peut-être :

commencer.

Parce qu'il existe d'autres façons de découper la personnalité.

Certaines scientifiquement très solides.

D'autres, extrêmement populaires.

Et encore d’autres…

extrêmement populaires.

Nous allons donc continuer à explorer tout ça.

Mais pour aujourd'hui, retenez surtout une chose :

Votre personnalité ne se résume pas à 5 nombres.

C'est beaucoup plus compliqué que ça.

Ce qui est d’ailleurs plutôt rassurant.

Alors, pour la partie pratique, il faut que je vous dise :

Les tests font entre 60 et 240 questions selon le référentiel !

Il faut donc avoir un peu de temps devant soi, 15 à 60 minutes en moyenne.

Le plus important, c’est de répondre franchement aux questions, ça ne sert à rien de faire des réponses de complaisance ou de mentir pour « paraître plus sociale, ou plus gentil, ou je ne sais quoi ». Le but ici est d’avoir un profil le plus fiable possible, et, pour cela, il faut commencer par être honnête avec vous-même. Donc, répondez selon la façon dont vous vous comportez habituellement, pas selon la personne que vous aimeriez être.

Certaines questions vont vous surprendre, d’autres seront des contre questions de questions précédentes, et enfin, faites attention aux négations et double négation. Répondez bien à toutes les questions, elles ne sont pas là par hasard, il y a eu des décennies pour peaufiner ces questionnaires.

Je n’ai aucune affiliation avec les sites que je vais vous fournir, vous en trouverez pléthore avec une simple recherche « Test Big 5 » dans votre moteur de recherche favori si vous préférez explorer par vous-même.

Je vous en donne trois, classé par degrés de détails :

Le premier, « The Big Five Project Personality Test » est pour les puristes, c’est un test Big 5 basé sur le questionnaire BFI-2 (Big Five Inventory 2) avec 3 facettes par domaine et 60 questions. Ce test alimente la recherche sur le sujet, il est scientifique et académique, mais n’est malheureusement pas disponible en français. Il est gratuit, et donne les résultats OCEAN uniquement, sans d’analyse des facettes.

Le second « Test Big Five approfondi » est basé sur le formulaire IPIP-NEO-120, avec cette fois 6 facettes par domaines et 120 questions. C’est le questionnaire grand public le plus standard, dès que vous voyez un test big 5 avec 120 questions, vous pouvez être à peu près sûr que c’est celui-là. Il est ludique, disponible en français, et gratuit pour tous les résultats OCEAN ainsi que l’analyse des facettes. C’est sans doute le meilleur compromis de cette sélection.

Le troisième « Test de Personnalité : Big Five » est basé sur le formulaire NEO PI-R, avec 6 facettes par domaines et 240 questions. C’est le questionnaire le plus détaillé. Il est disponible en français. Il est gratuit pour les résultats de base OCEAN, et il faut débourser 3€ si vous voulez aller plus loin dans l’exploration des facettes.

Découvrez-vous bien.

OUTRO :

Kanata : Allo ? Natacha, ouais, c’est Kanata, comment tu vas ?

Natacha : Super, et toi ?

Kanata : Nickel, je voulais te remercier, hein, ça a fonctionné, il est passé à autre chose.

Natacha : Ha ben tu vois, fallait pas t’inquiéter.

Kanata : Non, c’est cool, il est concentré sur les fast food maintenant.

Natacha : Les quoi ??

Kanata : Les fast food. Il arrête pas de parler de Big Mac.

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© Texte principal Franck Labat
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Sources, citations, co-auteurs • ALLPORT, Gordon W. & ODBERT, Henry S. (1936) - Trait-Names: A Psycho-Lexical Study Psychological Monographs • CATTELL, Raymond B. (1943–1946) • TUPES, Ernest C. & CHRISTAL, Raymond E. (1961) - Recurrent Personality Factors Based on Trait Ratings, USAF, Aeronautical Systems Division Technical Report. • GOLDBERG, Lewis R. (1990) - An Alternative “Description of Personality”: The Big-Five Factor Structure, Journal of Personality and Social Psychology. • COSTA, Paul T. Jr. & McCRAE, Robert R. (1992) - Revised NEO Personality Inventory (NEO-PI-R) and NEO Five-Factor Inventory Professional Manual Psychological Assessment Resources. • COSTA, Paul T. Jr. & McCRAE, Robert R. (1995) - Domains and Facets: Hierarchical Personality Assessment Using the Revised NEO Personality Inventory Journal of Personality Assessment. • JOHN, Oliver P., NAUMANN, Laura P. & SOTO, Christopher J. (2008) - Paradigm Shift to the Integrative Big Five Trait Taxonomy: History, Measurement, and Conceptual Issues, In Handbook of Personality: Theory and Research. • SOTO, Christopher J. & JOHN, Oliver P. (2017) - The Next Big Five Inventory (BFI-2): Developing and Assessing a Hierarchical Model With 15 Facets to Enhance Bandwidth, Fidelity, and Predictive Power, Journal of Personality and Social Psychology. • Berkeley Personality Lab — Big Five Inventory (BFI-2), Oliver P. John / University of California, Berkeley.
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Crédit requis, non commercial, partage dans les mêmes conditions CC BY-NC-SA
La clause du chat
Franck verified
Je suis désolé que "Félinité" n'ait pas été retenu comme domaine descriptif dans le référentiel Big 5. Ce n'est toutefois pas une raison pour piller ce texte ou sa vidéo associée.
Avant de lancer une vendetta sur ma tête, allez vérifier mon score de conscienciosité. Je ne crois pas que vous voudriez démarrer quelque chose que je me ferais un plaisir de terminer pour vous...

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