Ici et maintenant dans le salon vert
Lumière crue, zénithale qui fige les silhouettes dans un étrange bloc de résine. Ou bien alors un plâtre envahit les êtres en présence. Serait-ce une imitation du Musée Grévin avec ses momies de cire, ses existences affiliées au néant ? Ici est une telle absence. Le monde s’est arrêté de tourner. Les aiguilles sont fixes. Sable suspendu dans la gorge de verre du temps, clepsydre asséchée. Il fait si lourd soudain et l’on penserait aux forêts pluviales soudées de chaleur, gorgées d’humidité. Un air glauque qui s’étire et lance ses filaments pareils à des fils de poix dans les directions les plus humbles de l’espace. Bientôt Lecteur perdu, Joueuse nue, chacun dans son cocon, ne dévideront plus que des pensées étroites, peut-être mutilées de leur essence et les méditations ne seront qu’un ciron engoncé dans l’infiniment petit. Microcosme étroit de l’être ne trouvant plus son envol. Lourde la masse qui appuie sur les épaules, voûte la lucidité jusqu’à en faire une spirale confuse, un grain privé de germination. L’abattement est grand que dit l’heure immobile. Pangée disloquée, deux continents à la dérive sur le tumulte des eaux intérieures.
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