que des esquisses fuyantes
Noir et cuivre, voici les simples termes au gré desquels je vous désignais. Comment nommer quelqu’un que l’on ne connaît pas, qui n’est que fugitive présence, simple feuille morte s’imprimant sur le flou de la mémoire ? Comment nommer quelqu’un sans le fixer à demeure dans une vêture qui, peut-être, ne lui convient pas ? Plutôt que d’user du langage à votre égard, peut-être eût-il mieux valu que je vous aie définie dans le vague d’une image qui n’aurait reçu pour contours que des esquisses fuyantes, une nouvelle silhouette effaçant l’ancienne, la remisant en quelque inaccessible archive du passé ? Mais, du reste, connaît-on vraiment jamais quelqu’un ? N’apercevons-nous des autres que quelques traits, quelques lignes vite dissoutes dans les mailles serrées de l’espace ? Et puis le temps, ce genre de pierre ponce qui abrase tout ce qui se manifeste, le réduit à néant, si bien que, parfois, évoquant Hélène ou bien Béatrice, ce ne sont que fantômes dont nous parlons, ils sont si éthérés, si loin de nous, au-delà d’une invisible frontière.
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