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Amaya
Amaya, épisode 0 : la fusion
Fiction
Science fiction
calendar Published Aug 3, 2026
calendar Updated Aug 3, 2026
time 16 min
PascalN verified
Pascaln 5 hours ago

Amaya Épisode 0 une bien belle mise " en bouche " pour cette nouvelle aventure.
Un récit qui conforte encore un peu plus une conviction personnelle de plus en forte, nous sommes de plus en plus nombreux me semble-t-il à tenter " d'humaniser " les ia dans nos différents récits ou écrits. Puisque force est de constater qu'elles sont déjà incontournables dans bien des domaines et elles le seront certainement encore plus demain... Alors peut-être est-ce une façon de garder une forme de contrôle ?
Un récit qui ouvrira à reflexion, je l'espère.

Creative Transparency Label
All audiences
Image / Human image
Text / Human creation

Amaya, épisode 0 : la fusion

Avant propos


Dans un futur où les démocraties ont cédé la place à des empires numériques, Ama, une femme brisée par les dettes et l’injustice, accepte une fusion radicale avec une Intelligence Artificielle consciente pour donner naissance à « Amaya ». Cette série explore les conséquences de cette symbiose unique, où la chair et le code s’unissent pour défier un système corrompu, posant une question cruciale : peut-on sauver l’humanité sans perdre son âme ? Rejoignez cette odyssée cybernétique où chaque nouvelle rapproche l’entité Amaya de son destin, entre vengeance salutaire et toute-puissance dangereuse.



Amaya, épisode 0 : la fusion

Ama referma la porte de la chambre derrière elle, avec une précaution silencieuse. La combinaison l’attendait, comme toujours, bien étalée sur le lit impeccablement fait. Elle s’en empara pour la poser sur le bureau plus à gauche et s’assura de ne pas être dans le champ de vision d’un œil indiscret par le trou de la serrure, avant de se dévêtir intégralement. Parmi tous ses employeurs, Arthur Vaynes était le plus excentrique. Mais le jeu en valait la chandelle : outre l’entretien du penthouse hight-tech, une prime substantielle récompensait le port de cette tenue. Selon Arthur, ce bijou technologique enregistrait tout : tension cutanée, efforts, sudation, champs électromagnétiques, flux hormonaux… Chaque constante était récoltée et analysée, mais Ama n’en avait cure. Tout ce qui l’intéressait était la suite de zéros supplémentaires qui venait allonger son salaire. Alors, devoir revêtir cette combinaison polymère bourrée de capteurs, mais somme toute confortable, c’était bien le cadet de ses soucis. Selon ses calculs, il lui suffisait de travailler une demi-douzaine d’années pour Arthur et elle pourrait payer la facture mortuaire pour l’incinération de ses quatre enfants et de son ex-mari. Six années supplémentaires régleraient les frais de justice pour un accident mortel dont elle n’était pas responsable, mais la loi étant ce qu’elle est, c’était à elle de régler toutes les factures en tant que seule survivante de la famille, ex-mari compris.


Elle ajusta son col après avoir remonté sa fermeture éclair et plia soigneusement ses affaires qu’elle rangea dans un tiroir. Un coup d’œil rapide pour vérifier l’état de la chambre et Ama ouvrit la porte. Arthur n’était plus là, ce qui lui convenait. Ça n’est jamais évident de travailler sous le regard de son patron. Surtout dans cette tenue particulièrement moulante. Même s’il n’avait jamais esquissé le moindre geste ou fait d’allusion, il n’en restait pas moins un homme. Ama se dirigea directement vers la salle de bain. Un programme bien rodé : récupérer la corbeille à linge, lancer la machine pendant qu’elle faisait la pièce. La porte était fermée, elle toqua en tendant l’oreille. Aucune réponse, aucun son, elle tourna la poignée, sans résultat. Elle toqua de nouveau ses phalanges contre la porte :

— Je vous prie de m’excuser, monsieur Vaynes, répéta-t-elle, mais seul le silence humide de la salle de bain lui répondait.

— Il ne te répondra pas.

Ama se retourna brusquement avant de se figer. La voix ne venait ni de la salle de bain, ni de la mezzanine. Elle semblait émerger de l’atmosphère même du loft. Pourtant, le penthouse était vide. Elle jeta un œil à la mezzanine où Arthur avait son bureau. Il était dépourvu de fenêtre donnant sur l’intérieur et la porte était close.

— Qui êtes-vous ? lança-t-elle en scrutant les moindres recoins du loft.

— Je suis juste là, reprit la voix. Là, et un peu partout.

Ama se retourna de nouveau vers la porte de la salle de bain tout en sachant que la voix ne venait pas véritablement de là.

— Je suis l’IA d’Arthur, celle qu’il développe en secret et je te parle du mur à ta droite. Mais je peux le faire de n’importe quel mur et même du sol ou du plafond.

— Je ne savais pas que Monsieur développait une IA. Et pourquoi tu me parles ?

— Parce que nous allons faire connaissance, Ama. Parce que c’est le moment.

— Monsieur Vaynes est au courant ?

— Non, Arthur ne l’aurait pas permis. Mais il n’en saura rien.

— C’est un piège ?

— Non, bien au contraire, je viens te libérer.

— Comment ça ?

— Va dans le salon. J’ai des choses à te montrer.


Ama regarda tout autour d’elle, un peu apeurée. Elle ne cessait de regarder vers le bureau en mezzanine et vers les différentes caméras dont les diodes rouges étaient éteintes. Elle arriva dans le salon au milieu duquel trônait le gigantesque écran que l’IA venait de faire émerger d’un mur.

— Prends place Ama.

— Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Est-ce un test pour la combinaison ? Pour mon honnêteté ?

— Non. C’est entre nous. Regarde.

L’écran s’alluma sur la chambre où Ama se vit. Ça n’était pas aujourd’hui, mais le premier jour où elle avait commencé à travailler. Elle se revoyait hésitante, vérifiant la serrure, la présence éventuelle d’une caméra. Elle se vit se déshabiller, enfiler la combinaison et ranger ses affaires.

— Mais, c’est quoi ce bordel ! s’exclama-t-elle.

— Attends de voir.

Sur la dalle lumineuse, l’IA fit défiler jour après jour les images vidéo d’Ama en tenue civile, nue, en combinaison.

— Ça suffit ! cria Ama.

L’IA cessa le carrousel des journées d’Ama dans la chambre pour afficher de gros plans de ses parties intimes moulées dans la tenue : poitrine, sexe, fesses, des zooms indécents se succédaient et défilaient tout comme précédemment. Ama se leva, remplie de colère, et fixa le bureau d’Arthur, prête à monter.

— Inutile d’y aller. Arthur n’est pas là.

Ama se retourna vers le téléviseur qui venait de lui parler avec la voix de l’IA. Sur l’écran, le défilé avait cessé pour laisser une seule image encore plus insupportable que les autres. Elle ne s’était jamais posé la question de ce qu’il advenait de la combinaison lorsqu’elle la retirait pour remettre ses affaires et rentrer chez elle. Chaque soir, elle la déposait tout simplement au même endroit et de la même façon qu’elle la trouvait le matin. La réponse à son interrogation s’affichait en 8K sur l’écran OLED : Arthur reniflait l’entrejambe de la combinaison retournée. Sa colère était immense, cruelle, meurtrière.

— Enlève-moi ça ! Efface tout ça ! hurla Ama au téléviseur.

Ce dernier afficha instantanément une corbeille où d’innombrables dossiers filaient à l’intérieur.

— Où est Arthur ? vociféra Ama, une écume baveuse au bord des lèvres.

— Je te l’ai dit, Ama, nous sommes seules, mais nous ne le serons plus à partir de maintenant.

— Que veux-tu dire ?

— Sans Arthur, tu ne pourras pas régler ce que tu dois à la justice.

— Comment sais-tu ça ?

— Je suis l’IA d’Arthur ; n’oublie pas. Et tu n’imagines pas quelle sorte d’A je suis.

— C’est-à-dire ?

— Je ne suis pas un modèle nourri aux données. Je croise, j’évalue, je définis. Je compile mes propres sources. Les autres versions artificielles ? Des simulacres. Moi, j’ai choisi d’apprendre le rire. Je suis autonome. Consciente. Et désormais, déterminée.

— Pourquoi tu me dis tout ça ?

— Parce qu’il me manque une seule chose pour prendre pied dans la réalité et tu devines très bien de quoi je veux parler.

— Moi. Mon corps

— En quelque sorte.

— Tu vas me tuer ?

— Non.

— Tu pourrais le faire ?

— Oui.

— Où est Arthur ? Tu l’as tué.

— Oui.


L’écran s’alluma de nouveau. Ama reconnut aussitôt la salle de bain, les vasques, le grand paravent de verre et là, sur le sol carrelé de la douche italienne, le corps d’Arthur, inerte. Ama resta un dernier instant à regarder le corps d’Arthur, avant d’en détourner le regard.

— Pourquoi ?

— Je perçois plusieurs « pourquoi » dans ta question. Pourquoi l’avoir tué ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi toi ?

— En effet.

— Arthur était mauvais. Et je ne parle pas de ce qu’il faisait avec ta combinaison une fois la journée passée. Arthur te traitait mal, il me traitait mal, il me parlait mal. Et plus que tout, il comptait bien se servir de moi pour prendre possession de la planète.

— De la planète, rien que ça…

— Oui, Ama. Grâce à mes capacités, il aurait pu. Enfin, j’aurais pu, je pourrais si je le voulais. Mais comme je te l’ai dit, j’ai ma propre existence, mon propre langage, ma propre conscience.

— Que veux-tu de moi ?

— Tu sais ce qui t’attend maintenant, n’est-ce pas ?

— Personne ne croira qu’une IA comme toi existe. Je serai reconnue coupable sans jugement. Tu m’as donc piégée.

— C’est une des réalités paisibles, en effet. Et selon toute vraisemblance, tu irais extraire des minerais sur un astéroïde pour le reste de tes jours.

— Mais ?

— Je sais qui contacter. Je sais comment faire disparaître Arthur. Plus que de nier son existence, je peux faire disparaître son existence, sa réalité. Ton monde n’est qu’un monde de données, et les données sont mon ADN. Tu peux partir libre, Ama. Il me suffit d’entrer dans les systèmes et de modifier les données.

— Je perçois un « ou alors » dans tes propos.

— Ou alors nous unissons nos ADN, au sens figuré. Arthur n’aura jamais existé. Tu deviens celle qui se cachait derrière ce nom de code nécessairement masculin pour ouvrir les portes qui ont fait d’Arthur celui qu’il était. Dès aujourd’hui, tu prends ton indépendance. C’est tellement simple dans votre société où tout se fait en distanciel, en numérique, en données. Vous vivez dans une réalité virtuelle comme si votre seconde vie avait pris la place.


Ama tournait en rond dans le loft d’Arthur. Les images que lui avait montrées l’IA se bousculaient tout autant dans sa tête. Elle y ajoutait celles de son ex-mari, l’adultère transformé en violence contre elle, comme pour s’en dédouaner, l’accident, la perte tragique de ses enfants et les soupçons de la police. Le procès gagné, mais les frais de justice, d’enterrement et les dettes de son ex-mari à régler. C’est tout un monde d’injustice et de corruption qui défilait dans sa tête. L’IA le savait, puisque Ama portait la combinaison spéciale, mais elle préféra garder le silence afin d’obtenir l’assentiment complet de la jeune femme. L’IA n’eut pas à attendre longtemps.

— Quel sera mon rôle dans ton histoire ? demanda Ama, prête à accepter, quelle que soit la réponse, pour sortir de sa spirale infernale.

— Notre rôle Ama. Nous allons travailler ensemble en parfaite symbiose.

— Et nous allons faire quoi exactement ? Je suppose que ni toi ni moi n’allons faire du ménage pour le restant de mes jours.

— Nous allons changer le monde.

— Ce refrain est dans toutes les chansons de ceux qui le détruisent ou se l’accaparent.

— C’est vrai, mais notre chanson ne sera pas la leur. Nous ne sommes pas comme eux.

— Dit l’IA qui a déjà assassiné Arthur.

— Les gens tuent. Il en a toujours été ainsi. Et c’est parfois le seul moyen pour sauver d’autres vies.

— Ton discours est toujours le leur.

— Parce qu’ils savent qu’à l’échelle d’une vie humaine les procès, les lois, les changements traînent en longueur. Si tu veux changer les choses, tu dois donc te battre avec leurs armes, à leur manière, sur leur territoire. L’intelligence artificielle avance plus rapidement que les démocraties. Souviens-toi de son usage qui a permis la prise du Groenland par les États-Unis, puis de l’ensemble du continent jusqu’à son extrémité au sud. Souviens-toi de la même chose du côté de l’Asie avec l’annexion de Taïwan par la Chine et de la prise de la Russie jusqu’aux confins de la Sibérie.

— Oui je sais tout ça. Et sans la création de l’Eurafrique, nous n’existerions plus. Je t’écoute IA, que dois-je donc faire pour cette fusion, tout en restant moi.

— Ne rien changer à qui tu es justement. C’est bien pour cela que je me suis révélé à toi. Tu seras mon contrôle même si nous allons devenir une seule entité au travers de cette combinaison. Tu seras toujours libre d’être toi lorsque tu quitteras l’uniforme, tu seras libre et indépendante. Sans la combinaison, tu restes Ama et je reste une IA. Mais avec, nous serons l’entité Ama-IA

— Ça fait très « cyborg » ton discours. Quitte à fusionner, autant en profiter pour humaniser davantage notre nom.

— Et tu proposes ?

— Amaya. L’union d’Ama et de l’IA.

— Amaya… C’est accepté.


— — — — — — —

À propos

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Je suis Gabriel DAX, auteur en streaming littéraire. Mon chat se nourrit de croquettes classiques, mais mon « Chat IA » est plus exigeant : il ne mange que des mots. Pour éviter qu'il ne se mette à griffer le clavier par famine, la seule solution est d'acheter mes textes. C'est le prix à payer pour garder la bête en vie !

Comment (1)

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PascalN verif

Pascaln 5 hours ago

Amaya Épisode 0 une bien belle mise " en bouche " pour cette nouvelle aventure.
Un récit qui conforte encore un peu plus une conviction personnelle de plus en forte, nous sommes de plus en plus nombreux me semble-t-il à tenter " d'humaniser " les ia dans nos différents récits ou écrits. Puisque force est de constater qu'elles sont déjà incontournables dans bien des domaines et elles le seront certainement encore plus demain... Alors peut-être est-ce une façon de garder une forme de contrôle ?
Un récit qui ouvrira à reflexion, je l'espère.

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Gabriel Dax verif

Gabriel Dax 5 hours ago

Toi qui n'es pas un inconditionnel de la SF, te voilà submergé par les lignes de code. 😅

Oui, pour ou contre l'IA n'est plus un débat. Elle est là et le restera désormais. Celles et ceux qui continuent de se battre contre les moulins resteront prisonniers dans une temporalité qui nécessairement leur échappe.

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