Dimanche 1er mars 2026
Dimanche 1er mars 2026
Aujourd’hui, j’ai relu un texte dans lequel je parlais de toi. J’ai eu honte, un peu, de constater que je ne t’évoque plus aussi souvent désormais, et le manque a pris plus de place à l’intérieur de moi. J’aurais pu le repousser, me contraindre à penser à autre chose, mais j’aurais eu l’impression de t’aimer moins, en refusant le chagrin. J’ai compté les années qui me séparent de toi à présent, et je me suis étonnée de leur avoir survécu. La douleur a perdu en intensité, pourtant je me la rappelle telle qu’elle était aux tout premiers jours, déchirante, et le sommeil contraint dans lequel je m’enfermais pour tenter de lui échapper. Parfois, lorsque je raconte un souvenir ou une anecdote qui te concerne, je ne trouve pas la réaction attendue chez mon interlocuteur. Son regard se trouble un peu, un voile tombe sur ses yeux, sa bouche se tord dans un sourire désolé. Il me faut souvent plusieurs secondes pour réaliser que ce visage ami n’a pas toujours été là, et qu’il est arrivé après toi. Il y a eu un après toi et ça sonne comme une aberration en soi, mais parmi ceux qui peuplent ma vie désormais, presque personne ne te connaît. Ils ignorent tout de celle qui j’ai été avant, de ce morceau de moi que tu as emporté en partant.
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