Au Vent Cristallin

Au Vent Cristallin

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Au Vent Cristallin, Gérard Chevalier, Palémon, 2020

Pierre Le Paugam est victime d'un AVC et soigné dans une clinique de Perros-Guirec. Ce trentenaire survolté, architecte a pété les plombs lorsque sa compagne l'a quitté, se mettant à boire plus que d'habitude, augmentant sa consommation de cigarettes et gérant assez mal le stress de son premier gros chantier. Il se réveille partiellement amnésique et privé de ses repères. Fabienne, sa belle-mère est sa seule visiteuse, son père avec lequel il ne s'entendait pas est à l'étranger. Pierre tombe très vite sous le charme de Marie l'aide-soignante qui s'occupe de lui. Puis, un jour, il surprend une conversation et Pierre soupçonne alors un effroyable trafic qu'il va tenter de mettre au jour.

Pas banale cette enquête menée par un convalescent très diminué par un AVC qui se déroule pour sa très grande majorité dans les couloirs d'une clinique. Gérard Chevalier joue avec le codes et les styles, un peu d'humour, de l'action -au ralenti, rééducation oblige, on pourrait presque revoir la scène de poursuite d'OSS 117, Rio ne répond plus-, du romantisme, du suspense, ... Il écrit un roman dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde. Pas le temps. Les bons sentiments cohabitent avec les pires, les gentils avec les méchants, comme dans la vraie vie.

L'humanité, la tolérance et la découverte de l'autre sont largement répandus dans les lignes. Chaque personnage a sa part d'ombre, son jardin secret. La Bretagne est là également dont les paysages apaisent. Et le travail des soignants y est célébré, les chirurgien(ne)s, mais aussi infirmières, aide-soignant(e)s, kiné... tout le personnel médical et para-médical.

Ce qui fait qu'on ne lâche pas le livre de Gérard Chevalier, c'est qu'on ne sait jamais vraiment si Pierre Le Paugam est dans le vrai, si ses doutes seront avérés, s'il ne se fait pas un film pour occuper ses longues journées, si même il ne rêve pas après son accident. Le romancier entretient ce suspense jusqu'au bout et n'hésite pas à en rajouter pour finir en apothéose. Et dans les souvenirs de Pierre qui lui reviennent, des vers de Verlaine -entre autres-, un peu de poésie dans un polar, ça ne peut pas faire de mal.

Toutes mes recensions sur mon blog : http://www.lyvres.fr/