déjouons les jeux.
Refusons d’adopter une posture complémentaire à l’initiateur d’un jeu. Vouloir le changer est vain. Le comportement de joueur est installé depuis longtemps. Nous ne sommes pas thérapeute, nous pouvons néanmoins nous révéler pédagogue. Quand nous avons une envie irrépressible de soigner ou de changer l’autre, attention, le rôle de Sauveur nous guette.
C’est pourquoi les options présentées ci-dessous visent :
- A changer de regard sur le processus
- A changer le mode de relation avec l’autre
- A changer l’environnement de la relation
- Ou les trois à la fois
Je vous propose sept options.
- Ignorer : ne pas avaler l’amorce
- Dévoiler : demander quel est l’objectif de l’initiateur du jeu
- Confronter : refuser ce type de relation
- Dédramatiser : banaliser la situation
- Expliquer le jeu : décrire le processus du jeu
- Jouer sans s’impliquer : faire comme si l’on était touché
- Théâtraliser : grossir, exagérer les effets probables du jeu
Si vous êtes d’emblée à l’aise avec les sept, testez les toutes. Sinon, choisissez pour commencer celles qui vous semblent le plus facile à assumer. Vous remarquerez que certaines répliques se ressemblent quel que soit le cas.
Attention, loin d’être un art réthorique, les mots et expressions doivent être en cohérence avec vos émotions et pensées.
Illustrons ces options
Jeu avec amorce de type Persécuteur
J’exprime à l’un de mes collègues, féru en informatique, mes interrogations et réticences quant à l’usage de l’IA pour écrire des articles.
Il m’assène : « Tu me déçois, toi qui chantes sur tous les toits que tu es un adepte de l’apprentissage permanent, tu refuses l’IA ! »
- Ignorer : « Et quels sont les avantages et inconvénients de l’IA ? »
- Dévoiler : « Quand tu me dis ça, quel est ton objectif ? »
- Confronter : « Oh ! Arrêtons là . Je n’aime pas la tournure que prend notre échange. »
- Dédramatiser : « Oui, je suis comme la plupart de mes contemporains, traversé par des contradictions. »
- Expliquer le jeu : « Si j’étais vexé de ce que tu me dis, je n’aurais de cesse que de vouloir me venger, et ainsi de suite jusqu’à un clash entre nous deux. C’est ça que tu veux ? »
- Jouer sans s’impliquer : Je fais comme si j’étais touché, en arborant un visage défait
- Théâtraliser : « Ah ! Tu me tues! » en mimant un hara-kiri.
Jeu avec amorce de type Victime
Un ami m’annonce avec un ton plaintif : « Je viens encore de louper le permis de conduire. Je m’en doutais. J’ai toujours été nul pour passer des examens »
- Ignorer : « Tu le repasses quand ? » ou « Vas-tu le repasser ? »
- Dévoiler : « Quand tu me dis cela, est ce que tu cherches à te faire plaindre ? »
- Confronter : « Tu tires des conclusions trop hâtives »
- Jouer jusqu’au bout sans s’impliquer : Arborer un visage triste et dire : « oh, mon pauvre »
- Dédramatiser : « Très peu de Français obtiennent le permis du premier coup » ou « de toutes façons, une voiture aujourd’hui ça revient beaucoup trop cher »
- Expliquer le jeu : « Ce que tu viens de me dire pourrait me conduire à te plaindre et à te donner des conseils. A chaque fois que je t’en donnerai un tu me répondras oui mais je suis nul. Au bout d’un moment il se peut que je m’énerve contre toi. Est-ce bien cela que tu veux ? »
- Grossir, exagérer : « Waouh ! Tu vas te ruiner en taxis »
Jeux avec amorce de type Sauveur
Alors que j’aime les chemises à fleurs , un collègue me dit : « tu devrais t’ habiller en foncé, cela te donnerais l’air plus mince »
- Ignorer : « Et toi, quelles sont tes couleurs préférées ? »
- Dévoiler : « Si j’ai bien compris, tu me donnes des conseils alors que je n’ai rien demandé »
- Confronter : « Je m’aime bien comme je suis »
- Jouer jusqu’au bout sans s’impliquer : Feignant l’approbation je clame : « Oui, c’est vrai, je suis trop gros »
- Dédramatiser : « D’autres m’ont dit la même chose que toi »
- Expliquer le jeu : « Tu me donnes des conseils alors que je n’ai rien demandé. De plus tu insinues que je suis trop gros. Je risque de me sentir vexé et de t’en vouloir Est-ce bien cela que tu veux ? »
- Grossir, exagérer : « Lorsque j’étais petit mes camarades de classe me traitaient d’hippopotame »
Le point commun de toutes ces options est que la meilleur façon de sortir d’un jeu est ne pas y rentrer. Un proverbe chinois affirme : « quand tu te bats, tu as déjà perdu ».
Tentez l’une ou plusieurs de ces options et commentez vos résultats. Merci par avance.
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