Palinodies régionalistes

Palinodies régionalistes

Palinodies régionalistes

Voici, ci-dessous, la chronique d'opinion que j'ai rédigée pour l'hebdomadaire 'La Semaine du Pays Basque' n° 1388, du 17 au 23 juillet 2020. Je précise, pour les lecteurs de Panodyssey, peu ou pas du tout au fait des caractéristiques de la vie politique en Pays Basque, que 'abertzale' - au sens littéral "patriote" - désigne le monde autonomiste/indépendantiste basque.

Que celles et ceux qui ont la bonté de lire mes chroniques d'opinion se rassurent... Je n'ai pas l'intention de consacrer chacun de ces espaces de libre expression que La Semaine du Pays Basque met si démocratiquement à ma disposition, comme à celle d'autres contributeurs, à gloser sur le monde - je n'emploie plus, à dessein, le qualificatif de "mouvement"... - abertzale de gauche du Pays Basque nord. Je ne le fais ces derniers temps que pour commenter l'actualité politique locale en lien avec les élections municipales et leur prolongement dans la composition de la Communauté d'Agglomération Pays Basque (CAPB).

Et le moins que l'on puisse dire c'est que le monde abertzale soi-disant de gauche et qui se prétendrait organisé a fait tous ces derniers temps vraiment très fort, question immaturité politique, cafouillage dans les grandes largeurs, boufonneries en rafales, bref un spectacle consternant tout à fait comparable avec le pire de la politique politicienne "à la française" !

Cela a été le cas lors des élections municipales à Bayonne avec la tragi-comédie calamiteuse jouée par la liste 'Bayonne Verte et Solidaire' qui dès le départ s'abstenait de mettre en avant sa "composante" abertzale ou prétendue telle. En fait, le programme était de connotation bien plus "écologiste" que de sensibilité abertzale, étant bien précisé toutefois que les positionnements et aspirations mettant l'écologie au coeur de toutes les problématiques sont inhérents à un véritable abertzalisme de gauche.

Mais, plus que le programme en lui-même, qui quoique de facture progressiste ne "mangeait pas de pain", c'est la composition de la liste qui montrait à l'envi toute la déliquescence de l'expression abertzale sur Bayonne et plus largement ailleurs en Pays Basque nord. Nul besoin d'être un fin connaisseur de la chose abertzale pour se rendre immédiatement compte que c'était un amalgame à la "ramasse-tout", n'ayant aucune cohérence en termes de conceptions politiques, ne reflétant aucun travail de terrain réalisé en commun au long des années, et n'ayant sans doute pas d'autre objectif que de "ratisser large". Et pour, au final, aboutir à cette lamentable farce de la position à adopter en perspective du second tour, qui a tourné à la gignolade intégrale, avec des "débats" grotesques sur les réseaux sociaux et un vote, à deux voix près, pour décider de ne pas se maintenir pour le scrutin du 28 juin ! On pourra, dans l'avenir, difficilement faire plus risible, la barre a été mise vraiment très haut !

Cette pasquinade bayonnaise traduit en tout cas le niveau de délabrement de l'expression publique abertzale de gauche en Pays Basque nord. Et le "parti étiquette" en a montré toute l'étendue désastreuse en décidant de ne pas donner de consigne de vote pour ce second tour des municipales à Bayonne. Comme si sa position en la matière avait une quelconque importance et pouvait se traduire en quelque influence électorale que ce soit... L'illusion d'exister, encore et toujours !

À la remorque de J.R...

Donc pas de prise de position en faveur de l'une ou l'autre des deux listes restant en lice... mais une fois la victoire du maire sortant Jean-René Etchegaray acquise, ne voilà-t-il pas que le "parti étiquette" décide de soutenir sa candidature à la présidence de la CAPB... en torpillant de la sorte celle d'Alain Iriart, pourtant proche si ce n'est membre du parti en question ! Là véritablement, on atteint au sublime, au grandiose, dans le domaine du n'importe quoi... Ici aussi, ce triste record sera difficile à battre... bien que l'on puisse s'attendre toujours au pire du pire de la part de ce microcosme.

Donc, c'est entendu : ce qui est censé représenter l'expression publique de l'abertzalisme de gauche en Pays Basque nord est réellement tombé dans l'ornière "communauté d'agglomérationniste". C'est un fait patent et toutes les explications qu'ils voudront donner ne changeront rien à l'affaire.

Je les ai encore désignés comme abertzale, alors qu'il serait plus juste de les qualifier de "régionalistes". Car, de fait, c'est ce qu'ils sont. Du moment qu'ils n'ont pas élaboré de perspectives qualifiables d'abertzale, c'est-à-dire un projet politique complet, crédible, ambitieux, déclinable en direction d'une autonomie réelle qui s'intégrera dans une Europe véritablement fédérale, il restent dans des références à l'État-nation France, à la remorque des intérêts de Paris, tout juste bons à servir de biens modestes supplétifs aux composantes politiques succursalistes. Mais comment pourraient-ils sérieusement être les concepteurs, les promoteurs, les défenseurs d'un projet politique abertzale de gauche, alors que leur activité politique se limite à de l'affichage, à de la communication, à de la récupération opportuniste sur des évènements locaux ou de plus large portée ?

Dérive politicienne qui semble ne pas avoir de limites, inexistence en tant que force politique de terrain, vacuité totale pour ce qui est du travail de réflexion et d'élaboration d'un projet politique, pour moi et pour beaucoup d'autres la messe est dite : il est plus que temps de tourner la page et d'écrire un chapitre nouveau, afin de mettre sur pied une véritable et sérieuse organisation abertzale de gauche en Pays Basque nord. Pour en finir avec les palinodies régionalistes.

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