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Jacques Chirac, la carrière d'un grand homme d'Etat

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L’ancien Président de la République est décédé à l'âge de 86 ans ce jeudi matin, a annoncé sa famille à l'AFP. 

Retour sur la carrière d'une des figures incontournables de la vie politique française.

 
 
 
Jacques Chirac
 
Source  : Brain magazine

Jacques Chirac est né le 29 novembre 1932 à Paris, de parents corréziens. Enfant unique (après le décès de sa sœur aînée avant sa naissance en 1924),
il étudie dans un premier temps en Corrèze, puis à Paris, où il obtient son baccalauréat en 1950 au lycée Louis-le-Grand . Il y fait sa première année de classe préparatoire et intègre Sciences Po Paris en septembre 1951 où il rencontre Bernadette Chodron de Courcel qu'il épousera en mars 1956. Ensemble, ils auront deux filles : Laurence (1958-2016) et Claude, née en 1962.
 
En 1954, il entre à l’Ecole nationale d’administration (ENA) et interrompt ses études de 1956 à 1957 à cause du service militaire. Il décide ensuite de se porter volontaire pour partir en Algérie. D'abord partisan de l’Algérie française, il se ralliera plus tard au gaullisme en 1958. Sorti de l’ENA en 1959, il rejoint la Cour des comptes.
 
En 1962, il intègre le cabinet de Georges Pompidou, alors premier ministre, en tant que chargé de mission jusqu’en février 1967.
 
Après Mai 68, il devient secrétaire d’Etat à l’économie et aux finances et poursuit en même temps son implantation locale : il est élu président du conseil général de Corrèze, poste qu’il occupera jusqu’en 1979. 
 
Son mentor, Georges Pompidou, est élu en 1969 président de la République. En janvier 1971, Jacques Chirac devient ministre délégué auprès du premier ministre chargé des relations avec le Parlement. Il est nommé ministre de l’agriculture en juillet 1972, poste où il construira sa proximité avec le monde rural. En février 1974, il devient ministre de l’intérieur.
 
Lors de l’élection présidentielle de 1974, il se rallie à Valéry Giscard d’Estaing contre Jacques Chaban-Delmas, l'ancien premier ministre de Georges Pompidou. Son soutien sera décisif dans la victoire de VGE. Une fois élu, ce dernier le nomme à Matignon. 
 
Il fonde en 1976 le Rassemblement pour la République (RPR) qui deviendra par la suite l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002.
 
Après avoir longtemps hésité, il annonce en février 1981 sa candidature à l’élection présidentielle. Il finit troisième au premier tour et apporte timidement son soutien à Valéry Giscard d’Estaing face au candidat socialiste, François Mitterrand, qui est finalement élu le 10 mai 1981.
 
Aux élections européennes de 1984, il se rapproche de l’UDF et signe avec le parti un accord de gouvernement. Lors des législatives de 1986, l’union RPR-UDF obtient la majorité absolue. Jacques Chirac est alors nommé premier ministre de François Miterrrand, devenant le premier chef du gouvernement d’une cohabitation sous la Ve République.
 
En 1988, il se présente à la présidentielle et est battu au deuxième tour par François Mitterrand le 8 mai. Il obtient une compensation à Paris, où il est réélu maire. Aux élections législatives de 1993, il obtient un large succès avec le RPR qui devient la première force politique du pays. Edouard Balladur devient premier ministre, les deux hommes se mettant d'accord pour que Jacques Chirac soit le candidat à l'élection présidentielle de 1995. Mais Edouard Balladur décide quand même de faire campagne. Le premier devancera son concurrent néogaulliste au premier tour et fait face au candidat de la gauche Lionel Jospin. Le 17 mai 1995, Jacques Chirac est élu président de la République avec un peu plus de 52 % des suffrages. Alain Juppé devient son premier ministre. 
 
En 1997, Jacques Chirac, de plus en plus critiqué, dissout l’Assemblée nationale. La gauche menée par Lionel Jospin l’emporte, et ce dernier devient premier ministre. C’est une nouvelle cohabitation, qui durera cinq ans.
 
Malgré de nombreuses divergences au sein du RPR, il décide de se présenter à l'élection présidentielle de 2002, menant une campagne centrée sur la diminution des impôts et la lutte contre l’insécurité. À la surprise générale, Lionel Jospin est éliminé du premier tour et Jacques Chirac affronte Jean-Marie Le Pen, candidat du FN. Il est réélu avec 82,21 % des suffrages le 5 mai 2002.
 
Son deuxième mandat est marqué par la réforme des 35 heures, des retraites et de la Sécurité sociale. Sur le plan international, il soutient l’intervention des Etats-Unis en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001, mais refuse pourtant de participer à celle en Irak en 2003. Jacques Chirac décide d’organiser un référendum sur le projet de Constitution européenne. Mais le « non » l’emporte le 29 mai 2005.
 
Après son départ de l'Élysée en mai 2007, malgré un bilan - tant économique que social - mitigé, l'ancien président devient la personnalité politique préférée des Français. En 2009, il est mis en examen dans le second volet des emplois fictifs de la mairie de Paris. Diminué par un AVC survenu en 2005, ses avocats indiquent, en septembre 2011, qu’il n’est "pas en capacité" d’assister à son procès. Il est condamné en décembre suivant par la justice.
 
Malgré cette condamnation, qui ternit certes quelque peu l’image du président, la carrière politique de Jacques Chirac demeurera comme l’une des plus remarquables de la Ve République.