La forêt bruissante
Le vent flagelle les coteaux oraculaires où l’azur, en une pâleur sacrée, s’incline sous les caresses sidérales de l’étoile inaugurale ; et les rues, pavoisées d’aurores immémoriales, gisent désertes, ouvertes comme un livre sénescent aux marges consumées par l’abîme angélique.
Dans l’épaisseur parfumée du monde, se recroquevillent les vers — non plus disparates, mais hiératiques — baignés d’un encens marin exhalé des antiques souffles de l’océan Indien ; tandis que se révèle, dans une dilatation quasi liturgique, la prosodie abyssale du tumulte ondoyant, ourlée du roucoulement grave des pigeons, ces vestales de l’air, posées comme des promesses blafardes sur les toits exsangues, déjà tendues vers l’arpentage des cités stellaires.
Alors s’élève, avec une majesté chlorophyllienne, la synesthésie profonde des eucalyptus, dont les ramures, pénétrées d’une sève quasi théogonique, frémissent sous l’effleurement licencieux et pourtant sacralisé de la rosée ; cette rosée nuptiale, alourdie du mystère des unions invisibles, traverse seule, souveraine et silencieuse, toute la forêt bruissante — cathédrale vivante, antérieure aux dieux, où chaque feuille devient un fragment d’éternité respirante.
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