d’aériens et blancs moulins
Il faut sortir des villes aux foules denses. Il faut s’extraire des rues où bourdonne la ruche humaine. Il faut s’éloigner autant que possible de tout ce qui fait groupe et se donne comme la mesure habituelle de notre être. Il faut partir et cheminer longuement. On traverse des banlieues aux multiples ramifications, aux ponts et aux voies souterraines, aux métros et aux tramways qui glissent sur leurs rails avec un bruit de métal. Il faut s’arracher à tous ces nœuds de béton où filent les automobiles avec des éclairs qui fusent sur les carrosseries. Il faut renoncer à se perdre parmi la foule, à s’asseoir sur les terrasses de café bavardes. Il faut se dégager de tous ces mouvements, de ces brillances qui accrochent les yeux, de ces rumeurs qui montent des trottoirs et des caves où habite le peuple des rats. On traverse de gros bourgs avec leurs lourdes églises de briques, leurs clochers-murs pareils à d’immenses frontons de pelote basque, leurs écluses où se jette l’eau glauque du canal, où se reflètent les feuilles vert-de-gris des hauts platanes. Sur les collines que visite le vent d’autan, d’aériens et blancs moulins font tourner leurs ailes, sans bruit, seulement un mouvement perpétuel qui brasse les eaux du ciel et tutoie les grands oiseaux ivres de liberté.
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