Du doigté
Valérie, mode d'emploi - 2/5
Je n’aurais jamais imaginé, hier encore, me retrouver là, dans cette situation. J’ai du mal à réaliser les circonstances bienheureuses qui m’ont amené ici, étendu auprès d’elle. Tout s’est déroulé à la fois si vite et naturellement. Peu importe, après tout ! Je dois juste savourer le présent, profiter de ce moment intime et merveilleux, aussi inattendu soit-il.
Valérie ferme lentement les yeux. Pendant plusieurs minutes, elle reste allongée, jambes tendues, immobile et silencieuse. Sa tête est droite, son visage impassible. J’ai l’impression qu’un quart d’heure s’est écoulé, et rien ne se passe. Je commence à me dire que tout cela est vain. J’ai dû manquer quelque chose. Ou alors je m’y prends très mal. Il est vrai que je suis encore novice en la matière. Et je ne la connais pas assez pour trouver exactement quoi faire, comment faire. Je poursuis tout de même mes tentatives — sans trop y croire. Sait-on jamais ?
Non, je ne veux pas abandonner maintenant, ce serait un échec cuisant pour moi, pour mon amour-propre, pour mon ego d’amant. Et surtout pour elle. Cette jeune femme mérite mon attention, mes efforts ! Alors je persévère dans mon labeur, tout en essayant de maintenir le rythme. Je pense que l’étincelle, si elle doit venir, peut jaillir de là, de ma capacité à garder une bonne régularité dans mes mouvements. Ni trop vite ni trop lentement. Toujours à une égale cadence, aux mêmes endroits. Et je dois bien avouer que moi, au moins, j’y prends beaucoup de plaisir ! Les effets de cette séance intime n’ont pas tardé sur ma virilité qui, sous les draps, s’adresse fièrement aux étoiles impudiques.
La main ferme de Valérie finit par me guider. Elle m’indique, avec autant de douceur que d’autorité, l’endroit où je dois me focaliser. D’accord, madame, d’accord, bel ange aux yeux bruns, j’ai compris, je vais diriger toute mon attention sur cette zone particulière. Bientôt, les premiers signes de changement arrivent enfin. Ils sont très discrets, presque imperceptibles. Valérie ferme les paupières plus fort, comme pour se concentrer : on dirait qu’elle fomente une idée profonde. Ses lèvres délicates s’entrouvrent peu à peu. Elle tourne la tête sur sa gauche, vers mon visage. J’ai l’impression qu’elle ne respire plus ! Elle retient tellement son souffle que je ne le sens plus sur ma joue ! Voyant ses yeux toujours fermés, un éclair d’angoisse me traverse soudain : serait-elle en train d’étouffer ? Est-elle sur le point d’agoniser ?
C’est alors qu’elle ouvre grand la bouche. Soulagé par ce signe de vie opportun, je ne peux m’empêcher de l’embrasser. Ses lèvres collées aux miennes se crispent. Elle pose une main au-dessus de mon genou. Je sens tout son corps se raidir. Déjà, elle est prise de convulsions irrépressibles, d’abord espacées, puis de plus en plus rapprochées. Elle me pince si fort la cuisse qu’elle imprime une empreinte blanche sur ma chair meurtrie. Comme englouti par un désir farouche, je noie Valérie sous une vague incontrôlable de baisers. Ses joues, sa bouche, son nez, son menton sont autant de territoires abandonnés aux caprices de mes lèvres.
Valérie serre les jambes encore plus fort, jusqu’à m’écraser la main. Dans un réflexe de miséricorde pour mes phalanges comprimées, je commence à retirer mes doigts endoloris. Mais la jeune femme lâche ma cuisse, et pose fermement sa main sur mon poignet pour me retenir entre son étau charnel. Alors je continue autant que possible mes mouvements de va-et-vient, même si je dois remuer mes doigts pressés avec plus de vigueur. Encouragé par ses feulements étouffés, je m’applique à ne pas interrompre mes caresses. Mon majeur frotte à la fois fort et délicatement le haut de son sexe, tandis que mes autres doigts flattent son duvet pubien. Ah ! J’adore sentir sa toison chaude et moite frémir au rythme de ce ballet persistant !
Dans des convulsions incontrôlées, Valérie finit par laisser échapper un râle discret d’extase. Puis un nouveau, un troisième, et un quatrième… Après un dernier spasme du bassin, ma belle amante ouvre enfin ses paupières. Ses yeux marron clair m’adressent un sourire complice. Nos corps se relâchent. Ô charmante geôlière, ma main est toujours prisonnière de tes cuisses humides ! Elle aussi se remet de ses émotions, a besoin de retrouver son souffle. Je n’ose pas la bouger, je ne veux pas la bouger, la soustraire à ta pression délicieuse. Je désire profiter du calme et du silence apaisant qui gagne la chambre. Je me sens fier, comblé, emporté par la satisfaction envoûtante du travail accompli. Valérie desserre finalement les jambes et pose, sans un mot, sa tête sur ma poitrine nue.
C’est donc ça, l’orgasme féminin…
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