facebook A la Moldue - Chapitre  : La revanche du blaireau
A la Moldue - Chapitre  : La revanche du blaireau

A la Moldue - Chapitre  : La revanche du blaireau

A la Moldue - Chapitre  : La revanche du blaireau

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C'était épouvantable. Elle avait l'impression qu'un géant lui compressait le crâne entre ses deux mains, de part et d'autre de son visage en appuyant violemment sur son front. Ses yeux brûlaient, et ses paupières étaient soudées l'une à l'autre par de petites croûtes formées durant la nuit. Pour achever le tableau, sa bouche était pâteuse, et elle sentait que son menton collait, signe qu'elle avait largement bavé. C'est dans cet état effroyable que Jane se réveilla le lendemain, totalement groggy par sa malheureuse expérience nocturne. Durant l'espace de quelques minutes, elle se crut dans sa chambre, à Londres, prête à se réveiller par le café-clope rituel. Sa main se promena sur la table de nuit, à la recherche de son smartphone pour voir l'heure et les messages, mais elle ne trouva rien. Jane maugréa, et rejeta les couvertures pour se redresser dans son lit, mais sa tête tournait, et elle eut l'impression d'être aspirée par son matelas. Retombant mollement allongée, une migraine faisant office de casque, la jeune femme appela Merlin d'une voix plaintive. Aucun miaulement, pas un ronronnement, ni même le son de pattes se déplaçant sur le carrelage. La Moldue se redressa alors, paniquée de ne pas trouver son chat à son chevet de mourante, et fut soudainement frappée par la réalité : Elle n'était pas chez elle, et Merlin découchait depuis plusieurs semaines. Les souvenirs de la veille l'assaillirent, et pour la première fois depuis son arrivée dans le monde magique, la brune se sentit incroyablement seule et désespérée. Elle avait cours ce matin. À quelle heure ? Avec quelle année ? Elle ne s'en souvenait pas, et s'en moquait. À dire vrai, elle ne voulait plus jouer à la sorcière, elle ne voulait plus croiser ces gens désagréables qui l'insultaient en permanence, et plus encore : ne voulait plus tenter de comprendre ce monde. Alors Jane s'enroula dans ses draps en position fœtale, et décida qu'ils pouvaient tous bien aller se faire voir.

Severus Snape n'était pas un homme qui aimait materner les gens. Bien au contraire. Il considérait que quiconque n'était pas en mesure d'assurer sa propre survie ne méritait pas d'exister. Une sorte de sélection naturelle en somme. Il n'avait d'ailleurs de cesse de se répéter depuis la veille qu'il n'était absolument pas contraint de s'occuper de cela. Il aurait très bien pu ignorer le problème, et laisser Minerva ou Albus s'en charger. Cela n'était pas de son ressort. Après tout : en quoi cela l'affectait-il ? Depuis qu'il avait fini son petit-déjeuner, et qu'il s'était mis en tête de se diriger dans les appartements de sa collègue, il se répétait en boucle toutes les raisons qu'il avait de passer son chemin. Et il en avait ! Tout comme il en avait eu de nombreuses de ne pas rester avec elle, le soir précédent, et encore moins de la coucher dans son lit.

« Alors pourquoi tu t'acharnes à pousser tes pas dans sa direction, hein Severus ? lui demanda mentalement sa petite voix.

— Parce qu'il est hors de question que mes efforts soient vains sous prétexte qu'elle a un moment de faiblesse ! se répondit-il.

— Comme c'est touchant, s'acharna sa voix maléfique. Et quelle est la prochaine étape ? Aller border Potter la prochaine fois que tu lui enlèveras des points ?

— LA FERME ! » Cria Snape, cette fois-ci à voix haute.

Le malheureux Poufsouffle de première année qui passait là, se tassa sur lui-même et baragouina des excuses pour la forme, persuadé que l'homme en noir s'en prenait à lui parce qu'il venait de demander son chemin à un portrait. Severus lui lança un regard mauvais, et lui retira cinq points pour son « incapacité à se repérer dans le château après un jour de cours ». Le Poufsouffle s'éclipsa en larmes, comprenant alors que les rumeurs sur l'effroyable Maître des Potions n'étaient pas infondées. Snape, quant à lui, s'attendit à ce que la vilaine voix le taquine à ce sujet, lui soumettant l'idée d'aller s'excuser, mais elle n'en fit rien. Il reprit donc sa route dans un silence mental mérité, et arriva bien vite devant la porte des appartements de Jane. Il rassembla son courage, écarta sa fierté, et frappa.

Aucune réponse. Il redonna deux coups supplémentaires, plus secs et plus forts. Toujours rien. Il s'apprêta à rebrousser chemin, se disant qu'il avait essayé, lorsqu'il sentit la petite voix ricaner dans sa tête, ce qui l'agaça prodigieusement. D'un tempérament orgueilleux, Severus Snape décida de donner tort à sa conscience, et ouvrit la porte par simple esprit de contradiction. Il se retrouva donc dans le salon, seul, à tendre l'oreille et à espérer que la jeune femme soit éveillée. Les accès à ses quartiers se faisaient sans mot de passe, seuls le Directeur, Minerva, Jane et lui-même pouvaient y entrer. Il s'attendit donc à tomber nez à nez avec l'un de ses collègues, mais n'eut que la cheminée crépitante comme compagnie. Il avisa l'heure sur la pendule en bois, sept heures cinq, et grommela. Jane n'était manifestement pas prête.

L'homme se dirigea donc droit vers la chambre, ne prenant même pas la peine de frapper, et l'ouvrit en trombe. Dans le lit, une masse informe de couvertures remua en gémissant.

« Smith ! Débout, vous allez être en retard ! tonna le Maître des cachots.

— Hmmpf...

— Smith, levez-vous, allez vous laver et vous habiller, vous avez cours à huit heures.

— M'en fou, j'y vais pas. » Lui répondit-elle d'une voix bougonne.

Severus arqua un sourcil de surprise et ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucune phrase ne lui vint en tête. Il avait l'habitude de devoir gérer de nombreuses situations critiques. Des élèves récalcitrants totalement gouvernés par leurs émotions, des collègues de mauvaise humeur avant le café, son Directeur d'une insupportable bonne humeur tous les matins, le Seigneur des Ténèbres, Black, Potter... mais ça... Ça, il n'y était pas préparé.

« Comment ça, vous n'y allez pas ? demanda-t-il légèrement désarçonné.

— J'y vais pas. J'suis pas une sorcière, j'ai rien à faire ici, donc j'y vais pas ! » Répliqua la jeune femme en s'enroulant plus encore dans ses draps.

C'était exactement ce que l'ancien Mangemort redoutait : qu'elle décide de les laisser tomber. Oui, Severus Snape ne maternait personne. Cela ne l'empêchait pas d'être fin psychologue. La veille au soir, Jane s'était montrée extrêmement touchée de la façon dont l'Ordre la percevait et la traitait. Et, bien qu'il comprenne les inquiétudes des autres membres concernant les facultés de la Moldue à s'en sortir seule, Snape savait au fond de lui qu'ils lui avaient fait un mauvais procès. Si d'aventure elle décidait de repartir, l'homme savait qu'Albus ne se résoudrait jamais à la retenir contre son gré. Et quoi qu'en pensait l'Ordre, la brune renfermait une magie du sang ancienne sur laquelle ils comptaient. Et ça, Moldue ou non, cela faisait de Jane un pion utilisable sur l'échiquier. Il ne se démonta pas, bien décidé à la remettre d'aplomb.

« Smith, commença-t-il plus doucement. Ce qu'il s'est passé hier...

— Laissez-moi tranquille.

— Smith...

— J'ai dit : foutez le camp, Snape. »

Severus se mordit la langue pour s'empêcher de l'envoyer royalement chier, et inspira longuement. Il s'avança dans la pièce, suffisamment pour s'asseoir près de la boule de draps qui lui faisait office d'interlocuteur.

« Jane, tenta-t-il une nouvelle fois d'un ton conciliant. Vous ne devez pas prendre pour vous l'attitude de l'Ordre.

— Vous avez raison. C'était probablement adressé à une autre « Moldue » que mon incompétence m'aurait cachée ! cracha-t-elle, toujours emmitouflée.

— Non. C'était effectivement de vous dont il était question. Ce que je veux dire, c'est que...

— Vous tracassez donc pas. C'est le vieux qui vous envoie ? Vous pouvez lui dire que quand j'aurai décidé de me lever, cela sera pour rentrer chez moi.

— Jane, vous ne pouvez pas...

— Et je veux que Merlin me revienne ! C'est mon chat, pas le vôtre ! acheva-t-elle légèrement émotive.

— Jane... J'apprécierai...

— Vous savez ce qu'il vous reste à faire, dégagez maintenant ! »

L'homme en noir se tendit imperceptiblement, tenta de contrôler l'accès de colère qui menaçait d'exploser, compta jusqu'à dix dans sa tête, tenta de se lister des ingrédients totalement inutiles dans des potions, puis capitula quand il sentit une veine palpiter sur sa tempe. Il se redressa d'un bond, sortit sa baguette et la pointa dans la direction de la boule, avant de lancer un sort. Cela eut pour effet de repousser les couvertures près de la commode, laissant une Jane choquée, drapée dans son pyjama Batman. Avant même qu'elle ne puisse protester, il se pencha sur elle pour lui plaquer une main sur la bouche pour l’empêcher de l’interrompre, la défiant de sa baguette :

« Ça suffit ! lui asséna-t-il d'une voix autoritaire. Je vous avais prévenu que cela ne serait pas facile. Vous avez choisi de nous suivre en connaissance de cause ! Maintenant, vous avez des responsabilités, et vous seriez bien avisée d'en prendre conscience. Oui, vous n'êtes qu'une Moldue. Oui, ils vous méprisent et vous infantilisent. Mais que croyez-vous ? Que sous prétexte qu'ils se battent contre le Seigneur des Ténèbres et qu'ils défendent l'accès à l'éducation des Nés-moldus, ils vous traiteraient comme une égale ? N'avez-vous donc pas compris comment l'Homme fonctionne ? Avez-vous remarqué la place des autres créatures magiques dans notre monde ? Des créatures dotées pour certaines de pouvoirs égaux, voire supérieurs aux nôtres, et qui pourtant, sont considérées comme des sous-êtres... ? Alors vous, dépourvue de magie, vous vous attendiez à quoi ? »

Jane le regarda interdite, la bouche obstruée par l'immense main de son collègue. Ses yeux luisaient de larmes, et elle luttait contre une sourde colère et un profond sentiment d'injustice. L'espion sembla le comprendre, comme il semblait toujours tout deviner de ses pensées et ajouta :

« Vous n'avez rien à prouver, Jane. Vous avez seulement un rôle à remplir. Toute la question est : serez-vous à la hauteur, oui ou non ? Le reste, leur avis à votre sujet, votre absence de magie tout cela n'est qu'accessoire. Avez-vous besoin d'une baguette pour aller vous préparer ? » Demanda-t-il en attendant une réponse. La jeune femme hocha négativement de la tête. « Bien. Avez-vous besoin d'une baguette pour enseigner votre matière ? » Nouveau hochement. « Bien ! Et avez-vous besoin d'une baguette pour être une héritière ? » Jane sembla hésiter, mais fit « non » une nouvelle fois de la tête. « Alors, pouvez-vous m'expliquer ce que vous faites encore dans votre lit, Professeur Smith ? »

Il retira alors sa main, laissant sa cadette le regarder comme s'il était stupide. Elle se redressa sur son séant, et ramena ses jambes contre son torse avant de lui répondre.

« Je ne veux plus le faire, bouda-t-elle.

— Moi non plus, je ne veux plus être Mangemort, Jane.

— Vous n'êtes pas...

— J'aurai toujours la marque. Tant que le Seigneur des Ténèbres vivra, je resterai son esclave.

— Ce n'est pas pareil, je n'ai pas pris une décision stupide, moi... objecta-t-elle en regrettant immédiatement ses mots devant le regard furieux que lui lança son comparse.

— Parce que vous croyez que prendre la Marque était plus stupide que de suivre deux inconnus dans une guerre ?

— Ce n'est pas pareil ! Je vous ai suivi par devoir, pas par soif de pouvoir.

— Par devoir ? Vous êtes venue par soif de connaissances, Jane. J'ai pris la Marque pour les mêmes raisons.

— Vous ne pouvez pas comparer ! s'offusqua-t-elle en se levant soudainement. Vous êtes probablement devenu Mangemort pour devenir intouchable, pour vous venger, ou pour avoir le pouvoir de le faire. Moi je...

— Vous, vous avez fui comme moi une vie que vous méprisez, la coupa-t-il en lui adressant un regard pénétrant. Personne ne laisse tomber une vie heureuse, Miss. Vous êtes venue pour vivre autrement. Parce que vous ne supportiez plus d'être victime de votre quotidien.

— Je vous interdis de juger ma vie, vous ne savez absolument rien de...

— Je sais que vous n'avez pas hésité, Jane. Pas plus que je n'ai hésité moi-même il y a plus de quinze ans.

— Mais vous avez changé d'avis, non ? Vous êtes devenu membre de l'Ordre.

— Oui, et après ? Suis-je débarrassé de cette Marque ? gronda-t-il en relevant la manche gauche, pour exposer son tatouage. Suis-je dispensé de courbettes, de tortures, de meurtres et autres abominations, Jane ?

— Severus, je...

— Taisez-vous. Tout se paie. Parce que j'ai fait des choix, je dois les assumer. Et vous en ferez de même.

— Je n'ai pas choisi d'être une foutue héritière ! se plaignit-elle en s'écartant du lit.

— Non. Mais vous avez choisi d'enseigner quelque chose à ces gosses. Vous ne pouvez pas les laisser tomber. »

Jane recula de quelques pas, jusqu'à ce que son dos ne touche le mur. Elle se sentit acculée. Plusieurs fois, elle ouvrit la bouche pour protester, mais aucun son ne sortit. Elle fronça les sourcils de colère :

« Vous n'avez pas le droit de me faire du chantage ! piailla-t-elle.

— Et vous ? Vous croyez que vous avez le droit d'en faire à vos élèves ?

— Non, ce n'est pas à eux...

— Partez, et ce sont eux qui paieront, lui assura-t-il en se relevant pour la rejoindre.

— Comme si ce que je pouvais leur dire allait changer quelque chose ! Vous n'y croyez pas vous-même.

— Je n'ai pas grand espoir, en effet, acquiesça-t-il, avant de lui prendre le menton dans la main pour l'obliger à le regarder droit dans les yeux. Mais si vous partez, je suis certain que vous ne supporteriez pas le doute qui s'ensuivra. Vous retournerez à votre vie que vous détestez, en vous demandant chaque jour si vous ne les avez pas condamnés. Maintenant que vous savez, vous ne pouvez plus ignorer qu'un jour, vous auriez pu aider – à votre niveau – à gagner une guerre. »

Il la lâcha et s'écarta, la toisant d'un air vainqueur. La jeune femme baissa la tête, et soupira.

« Je vous déteste, murmura-t-elle, en se passant une main tremblante sur le visage pour essuyer ses larmes. Vous et vos problèmes de domination, je vous déteste.

— Gentille Gryffondor, susurra l'homme en noir, la main sur la poignée.

— Allez vous faire foutre ! »

L'espion lui sourit, satisfait, et s'éclipsa.

Séparateur A la Moldue fanfiction Harry Potter par Camille Gillet

Le souvenir de son altercation avec l'Ordre du Phénix était toujours aussi présent, mais les paroles de Snape lui permirent de se remettre en selle. Pleine de doutes et de ressentiment, Jane s'était donc résolue à se remettre au travail, décidant qu'elle ferait désormais les choses à SA manière. Heureusement pour elle, les premières années étaient les plus faciles à gérer, aussi, la jeune femme put souffler quelque peu avant sa deuxième session avec les cinquièmes. Ce cours, préparé depuis longtemps, était un véritable test pour elle et ses élèves. Pour le réaliser, elle dut commander un certain nombre d'équipements et d'objets moldus.

Jane terminait d'empiler une des chaises dans le fond de la salle lorsqu'elle entendit que l'on frappait timidement à la porte. L'enseignante jeta un regard en biais à l'horloge, qui indiquait bien qu'il était huit heures tapantes, et sourit. Elle se dirigea donc en direction de la porte et l'ouvrit sur une masse d'élèves sagement ordonnés.

« Bonjour à tous ! Entrez donc. » Les salua-t-elle en souriant.

Les élèves des quatre maisons s'engouffrèrent dans la salle en silence, trop anxieux à l'idée de perdre inutilement des points supplémentaires. Jane se félicita du calme qu'elle avait réussi à imposer si vite. Snape avait définitivement raison : rien ne valait la répression. Elle s'installa contre son bureau, et observa attentivement ses étudiants. Tous regardaient sans comprendre la pièce pratiquement vide. Avant leur arrivée, le Professeur avait entièrement repoussé les tables et les chaises tout au fond, et avait installé un grand rideau au milieu, masquant l'objet de leur cours. Les adolescents la fixaient désormais, gênés, ne sachant pas ce qu'ils pouvaient bien faire debout. Jane leur sourit, et se saisit d'une pile de post-its et de stylos, avant de leur donner une explication :

« Bien, avant de commencer, je vais vous demander de prendre chacun un de ces carrés de papier, et un de ces stylos. Ce sont des post-its, ajouta-t-elle en les distribuant. On peut écrire sur l'une des faces, comme vous le voyez, et l'autre est enduite d'une substance qui permet de coller et de décoller pratiquement à volonté le papier. Quant aux stylos, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la version évoluée de vos plumes et encriers. Regardez attentivement dans le tube, vous verrez que l'encre est intégrée, ce qui est beaucoup plus pratique.

— C'est moldu ? demanda Seamus sans lever la main.

— Oui, Monsieur-je-fais-perdre-cinq-points-à-Gryffondor, acquiesça Jane en souriant, tandis que Seamus la maudit intérieurement. C'est un cours sur l'Étude des Moldus, cela semblerait logique que vous utilisiez deux ou trois choses de leur monde.

— On ne peut pas utiliser simplement nos plumes ? proposa une Serpentarde, toujours en prenant la parole librement.

— Non. Et cinq points de moins pour Serpentard. Dites-moi que vous n'avez pas oublié les règles qui régissent ce cours en à peine deux jours, car cela serait dommage vu que nous allons passer quatre heures ensemble. Ce qui vous donne tout le loisir de faire passer vos points de maison en négatif, ajouta-t-elle en leur décochant un sourire sadique.

— Comme si Snape ne nous suffisait pas ! souffla Ron à Harry mettant sa main devant sa bouche pour éviter que la jeune femme ne le voie.

— Maintenant, reprit Jane en s'adressant à sa classe. Vous allez noter votre nom et votre maison sur ce post-it.

— Et comment fait-on sans table ? se permit Draco d'une voix traînante. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous n'avons rien pour écrire.

— Monsieur Malefoy, vous disposez de vos mains pour ce faire. J'aurais pu ajouter votre tête, mais, manifestement ce n'est pas le cas, puisque vous avez oublié de demander poliment la parole. Heureusement que je ne suis pas autant étourdie : cinq points de moins pour Serpentard. » Termina-t-elle en faisant virer au rouge le blond.

Cela faisait à peine dix minutes que le cours avait débuté, et l'avalanche de retraits de points commençait. Serpentards et Gryffondors digéraient plutôt mal les méthodes d'éducation de leur nouvelle enseignante. Et tandis qu'ils boudaient, les autres cherchaient du regard une solution à leur problème. Jane leva les yeux au ciel, et se décida à les aider :

« Par Merlin... Écrivez donc par terre, sur un mur, ou sur le dos de votre voisin ! Ce n'était pas un test, alors détendez-vous un peu et réfléchissez ! »

Les élèves s'exécutèrent, soulagés qu'on leur dise quoi faire. La brune, elle, se tassa sur son bureau en les regardant d'un air médusé. Ils n'étaient décidément pas futés. Une fois qu'ils eurent tous écrit leur nom sur le papier, elle contourna son bureau et l'ouvrit.

« Bien, maintenant, veuillez sortir vos baguettes et coller le post-it dessus. Ensuite, donnez-les-moi.

— Quoi ? protesta Parkinson d'un air scandalisé. Pourquoi nous prenez-vous nos baguettes, vous n'avez pas le droit ! »

Cela déclencha une vague d'approbation générale. Les quatre maisons semblaient toutes particulièrement réticentes à l'idée de se séparer de leur bout de bois. Jane commençait à perdre patience, l'heure avançait, et ils n'avaient même pas commencé la leçon.

« ÇA SUFFIT ! cria-t-elle pour couvrir la vague de rébellion de ses élèves. Vous me donnez tous votre baguette sans discuter, ou vous ferez chacun perdre vingt points à vos maisons, et serez en retenue pour rattraper le retard que vous nous faites prendre. Vous me fatiguez, alors on se met au travail, dans la joie et la bonne humeur ! Dépêchez-vous ! »

Les Poufsouffles furent les premiers à se mettre en rang devant son bureau pour déposer avec diligence leur précieux instrument. Suivirent les Serdaigles, quelque peu intrigués, puis les Gryffondors, non sans chuchotements, et enfin les Serpentards qui capitulèrent de mauvaise grâce.

« Notre Directeur en entendra parler ! menaça le jeune Malefoy d'un air de défi lorsqu'il posa la sienne sur le bureau.

— Oh, mais j'y compte bien, Monsieur Malefoy. Je suis certaine qu'il sera ravi de savoir que ses précieux serpents ne sont pas assez malins pour savoir quand se taire, contra-t-elle en lui adressant un regard perçant. Rassurez-vous, ajouta-t-elle à l'ensemble de la classe. Je vous les rendrai à une heure. En attendant, pour aujourd'hui, vous n'en n'aurez pas besoin ! »

Jane se leva après avoir refermé le tiroir dans lequel elle avait rangé toutes les baguettes et s'approcha du rideau.

« La dernière fois, nous avons parlé longuement de ce qu'était ce cours. Aujourd'hui, nous allons commencer concrètement l'Étude des Moldus. Mais avant de parler d'électricité, de prises, ou que sais-je, comme le font traditionnellement les enseignants, je voudrais vous voir aborder les bases. À votre avis, lorsque je dis ça, qu'est-ce que j'entends ? » Leur demanda-t-elle en souriant.

Les élèves se tournèrent les uns vers les autres sans comprendre, chuchotant et s'interrogeant discrètement. Finalement, Padma Patil leva la main :

« Miss Patil, Professeur. Est-ce que vous pouvez nous donner un indice, s'il vous plaît ? »

Un instant, Jane fut tentée de lui répondre simplement « oui », et d'en rester là, mais elle se ravisa. Ses élèves étaient trop premier degré pour comprendre toute forme d'humour. À la place, elle acquiesça.

« Les Moldus, comme les Sorciers, ont quelque chose en commun, quoi ? »

Nouveau silence. Smith les regarda, un à un, cherchant à discerner si l'un d'entre eux était plus vif qu'un autre. Elle arrêta son regard sur Harry, voyant qu'il semblait totalement ailleurs :

« Monsieur Potter, une idée ?

— Heu... répondit éloquemment le Survivant, soudainement tiré de sa rêverie. Ils sont humains... ?

— Exact, Monsieur Potter ! Cinq points pour Gryffondor. Voici donc votre indice Miss Patil.

— Vous dites que l'on va commencer par les bases de l'Étude des Moldus, et l'indice, c'est « humain » ? reformula Hermione après avoir levé la main. Est-ce que vous parlez du début de l'Humanité, Professeur ?

— Enfin votre jus de citrouille fait effet ! approuva Jane soulagée. Cinq points pour Gryffondor. Quelqu'un d'autre, maintenant. À votre avis, si l'on parle du début de l'Humanité, qui peut me dire ce qu'il se trouve derrière le rideau... ? »

Mais aucun élève ne sut répondre, pas même les nés-moldus. L'enseignante entendit une foule de propositions farfelues, toutes basées sur de vieux contes et légendes. Des dragons, des elfes, ce genre de créatures supposément originelles. Prise d'un doute, elle les arrêta dans leur réflexion commune :

« Dites, est-ce que vous savez au moins qu'à l'aube de l'Humanité, nous nous promenions en peaux de bêtes et chassions le mammouth... ? »

Seuls les adolescents étant allés à l'école primaire ne rirent pas de cette affirmation. Certains lui demandèrent ce qu'étaient les mammouths, d'autres lui rétorquèrent que c'était impossible. Prise de court, l'héritière hésita à annuler sa leçon pour reprendre quelques bases.

« Mais qu'est-ce que vous apprenez en Histoire de la Magie ? s'exclama-t-elle choquée. Vous ne savez pas d'où vous venez ?

— Professeur, commença Hermione gênée. L'histoire sorcière ne traite pas de la Préhistoire. Et le Professeur Binns, ne nous parle que de la révolution des Gobelins.

— Donc, les dinosaures, les hommes des cavernes, l'âge de pierre, tout ça, vous ne connaissez pas ?

— Je ne sais pas ce que l'on raconte en Australie, se permit Draco. Mais si vous parlez de l'âge des dragons, non, on ne l'apprend pas à Poudlard. C'est bon pour les enfants, ça !

L'âge des dragons ? demanda Jane trop intriguée pour penser à le masquer. La Grande-Bretagne n'a toujours pas aligné ses connaissances sur la paléontologie ?

— Vous étudiez ça en Australie ? questionna Hermione apparemment ravie à l'idée de visiter ce pays.

— Évidemment ! Comment pourrions-nous traiter de l'Histoire de la Magie sans le début de l'Histoire de l'Humanité ? Mes pauvres gosses... soupira Jane. Avec une telle ignorance, pas étonnant que vous soyez en guerre. Bon. Cela va compliquer un peu les choses, mais on fera avec. Gardez bien ceci en tête : si l'on ignore quand et comment est apparue la Magie, commença Jane en tentant de se rappeler ce qu'elle avait lu dans leurs livres. On sait à peu près quand est arrivé l'Homme sur Terre.

— Comment ? demanda Terry Boot. On a utilisé un Retourneur de Temps ?

— Non. Impossible, l'Homme est arrivé il y a des millions d'années. C'est grâce à l'archéologie, et à la paléontologie. Ce sont des disciplines moldues. Des gens recherchent dans le sol de vieux objets, ou des ossements, étudient les roches et les sédiments, pour déterminer l'histoire de notre planète.

— C'est n'importe quoi ! commenta Draco à voix basse.

— Je n'avais pas prévu de devoir parler de ça, alors on va le mettre de côté pour le moment. Lundi, je vous ai dit que le Sorcier ne savait rien faire s'il était privé de sa baguette, vous vous souvenez ?

— C'est pour ça que vous les avez prises ? s'autorisa Neville.

— Oui. L'Humanité a fait un bond en avant lorsqu'elle a su faire deux choses : faire des outils... Et faire du feu ! » Ajouta Jane en tirant le rideau en arrière.

Elle s'attendait à une vague d'exclamations comme des « Ho ! » ou des « Ha ! » de la part de ses élèves, mais le silence était total. Tous regardaient dubitatifs la rangée de tables garnies de boîtes.

« Je suis ravie de vous voir si enthousiastes, railla-t-elle. Vous allez vous mettre par deux, sans mélanger les maisons, et prendrez chacun une boîte. Allez-y, je vous dirai quoi en faire, après. ET EN SILENCE ! » Ajouta-t-elle lorsque les chuchotements reprirent.

Ils se groupèrent tous très rapidement, et s'exécutèrent. Les boîtes étaient en carton et fermées. La jeune femme vérifia l'heure, et maugréa. Ils étaient un peu en retard, mais il fallait faire avec.

« Ne les ouvrez pas encore, les prévint-elle. Bien, asseyez-vous par terre, maintenant. Oui, c'est propre Monsieur Malefoy, ne faites pas votre mijaurée, les vêtements, ça se lave ! Il vous reste trois petites heures pour effectuer l'exercice suivant : Je vous ai confisqué vos baguettes pour que vous n'ayez que votre esprit et vos mains comme outils. Dans vos boîtes se trouvent divers objets, tous non-magiques. Vous avez des matériaux, et même de la technologie moldue. Tous permettent de faire la même chose : du feu.

— Super ! commenta Draco, sarcastique. C'est exactement ce dont j'avais besoin de savoir, moi qui ne sais pas lancer un incendio... »

Les Serpentards ricanèrent, alors que les autres maisons s'empêchèrent de se délecter à l'idée du retrait de points à venir. Mais Jane ne dit rien, elle se contenta de sourire et de s'approcher du blond.

« Je suis ravie de voir que mon cours va vous être utile, Monsieur Malefoy, commença Jane en souriant toujours. Et parce que j'ai à cœur l'éducation de mes élèves, et que le feu est une base pour les Moldus, comme les Sorciers, vous serez en retenue ce soir avec le Professeur Flitwitck pour revoir ce sort de première année, conclut-elle en se délectant de l'air déconfit du Serpentard. Est-ce qu'un autre élève aurait envie de se joindre à ses révisions ? » Ajouta-t-elle menaçante.

Draco s'apprêta à lui rétorquer quelque chose de cinglant lorsque Blaise lui donna un coup de coude pour le dissuader. Profondément humilié, le Serpentard fixa son regard sur la boîte, et ne décoléra pas avant la fin du cours.

« Il vous reste donc trois heures pour faire du feu avec ces outils. Le premier groupe qui sera capable d'utiliser correctement toutes les combinaisons possibles fera gagner cinquante points à sa maison. Le deuxième vingt, et le troisième dix. Au boulot ! »

Séparateur A la Moldue fanfiction Harry Potter par Camille Gillet

En l'espace d'une semaine de cours, Dolorès Ombrage, Severus Snape et Jane Smith se retrouvèrent en compétition pour le titre de Professeur le plus détesté de Poudlard. La sous-secrétaire d'État était particulièrement haïe par les Gryffondors et les Serdaigles. Les premiers parce qu'elle leur interdisait l'usage de la Magie, et les seconds parce qu'elle ne leur apprenait rien. Les Serpentards appréciaient grandement en revanche qu'elle s'en prenne à mots couverts à Dumbledore et Potter. Quant aux Poufsouffles, leur nature docile rendait les cours tout à fait supportables. Naturellement, le trio d'or, Harry en tête, vouait une haine farouche à la fonctionnaire.

Severus Snape restait l'homme qu'on adorait détester. Mais cette année, de nombreux élèves devaient admettre qu'il plaçait la barre un peu plus haut. Question de concurrence ? Ils l'ignoraient. Pour Harry, ce n'était qu'une année de plus à être la victime favorite de l'homme en noir. Le jeune homme avait espéré brièvement que l'appartenance Severus à l'Ordre du Phénix calme quelque peu le jeu, mais il n'en était rien. Snape semblait même plus irascible que jamais.

Quant à Jane Smith, elle remportait les suffrages auprès des Gryffondors et des Serpentards. Les deux maisons la haïssaient cordialement pour les nombreux points qu'ils perdaient à chaque cours. Son obsession de la punition exponentielle les rendait tous particulièrement virulents à son endroit. Et même Hermione peinait à ne pas la déprécier, supportant mal l'état de leur sablier.

C'est dans ce climat tendu que Jane buvait un café bien mérité, après trois heures en compagnie des septièmes années. Épuisée, elle se calfeutrait dans la salle des professeurs pour lire la Gazette du Sorcier. La salle était pratiquement vide. Madame Bibine venait de rentrer, et Dumbledore furetait du côté des chocolats posés près de la cafetière commune. La porte de la salle s'ouvrit avec fracas sur un Snape au regard furieux qui s'avança droit vers la jeune Moldue :

« SMITH ! hurla-t-il à pleins poumons. J'exige des explications !

— À propos de quoi Severus... ? lui répondit-elle nonchalamment.

— C'est un véritable acharnement que vous faites sur mes Serpentards ! Je n'ai jamais vu qui que ce soit se permettre de leur enlever autant de points.

— Peut-être parce que mon cours est une première, Severus.

— Ne faites pas la maligne avec moi, Smith ! menaça-t-il d'un index rageur.

— Allons, allons, mon garçon ! tempéra Dumbledore laissant un chocolat fondre sous sa langue. Le Professeur Smith a tout à fait le droit de punir ses élèves si elle estime qu'ils perturbent son cours.

— Ne vous en mêlez pas Albus ! gronda l'homme en noir. Votre petite protégée va trop loin ! Saviez-vous qu'elle a obligé Monsieur Malefoy à s'exercer en heure de colle à lancer des incendios... ? Des incendios, Albus !

— Monsieur Malefoy s'est extasié devant l'idée d'apprendre à faire du feu, Severus, commença à expliquer Jane sans même sourciller. Il a fait également part de ses difficultés avec ce sort.

— C'était du sarcasme ! cria-t-il à nouveau. Et vous le savez parfaitement !

— Oh, alors j'aurais dû le punir pour son insolence avec quatre heures de colles en compagnie de Monsieur Rusard pour lui apprendre l'humilité... Toutes mes excuses, Severus, je prendrai soin de faire la différence la prochaine fois.

— VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI SMITH ?! hurlait à présent l'espion totalement hors de ses gonds.

— Severus, allons ! Le rabroua gentiment le vieil homme en souriant. Vous ne pouvez pas reprocher à Jane de faire preuve d'autorité et de discipline dans sa classe...

— Mais Serpentard se retrouve en négatif, Albus ! EN NÉGATIF !

— PROFESSEUR SMITH ! » Hurla alors une autre voix depuis l'entrée de la salle.

Tous se tournèrent en direction du cri, pour voir qu'il appartenait à une Minerva McGonagall blême de rage. Jane leva les yeux au ciel, sachant très bien ce qui allait suivre. Elle fondit sur elle, et posa les deux mains à plat sur la table où la jeune femme se trouvait :

« Qu'est-ce qui vous prend ? Avez-vous la moindre justification devant vos retraits de points ?!

— Un problème, ma chère ? demanda Dumbledore innocemment.

— Oui, et un gros, Monsieur le Directeur. Gryffondor est avant-dernier. Jamais je n'ai vu ma maison perdre autant de points en seulement une semaine de cours. JAMAIS ! Pas même lors de la première année de Monsieur Potter, ajouta-t-elle en lançant un regard accusateur à Severus.

— Alors ? demanda triomphant Snape. Nous attendons une explication. »

Jane replia avec soin son journal, le posant délicatement à côté de sa tasse de café, et releva la tête vers ses collègues en joignant les mains.

« Elle est très simple : vos élèves sont tout bonnement immatures, indisciplinés, et incapables de tenir plus de cinq minutes sans pleurnicher pour quelque chose.

— De quel droit...

— Comment osez-vous...

— Et à voir votre propre maîtrise de vos émotions, je comprends mieux leur attitude, leur claqua Jane en se levant pour laver sa tasse.

— Smith, avertit Severus d'une voix dangereusement basse. Vous avez intérêt à...

— A quoi, Snape ? Qu'allez-vous faire ? Vous croyez que vous êtes le seul mec avec un complexe d’autorité qui a croisé ma route ? Et vous Minerva ? Vous allez me renvoyer, peut-être ? Mais faites donc ! Ça n'est pas un problème. Mais quand vous serez calmés, vous constaterez que ni Poufsouffle, ni Serdaigle ne frisent le négatif. Alors, à votre place, je recadrerais ma maison !

— Vous défavorisez volontairement ces élèves par pure vengeance ! proclama Snape. Ce qui déclencha un éclat de rire de la part de la jeune femme.

— Ah bon ? Et je me vengerais de qui ou de quoi, Severus ? Vous et Minerva prenez soin de moi depuis le début. Même si votre façon de faire commence sérieusement à me taper sur le système. Cela n'a rien à voir avec vous.

— Mais pourquoi autant d'écart ? demanda McGonagall en s'asseyant, lasse. Serdaigle, je peux comprendre que leur intelligence leur fasse gagner des points, mais...

— Ah ! Ça vous fait mal à tous les deux que cela soit Poufsouffle qui soit en tête pour la première fois ? se gaussa Jane ravie. L'intelligence, le courage, l'astuce tout cela ne suffit pas pour être un adulte pleinement accompli. La discipline est aussi quelque chose de primordial. Qualité dont ne manquent pas les élèves de Pomona. Ils ne gagnent peut-être pas beaucoup de points, mais eux, ils n'en perdent pas bêtement par rébellion inutile. » Conclut-elle en savourant l'air ahuri de ses deux collègues.

Severus se laissa tomber sur une chaise voisine, et soupira en se pinçant l'arête du nez. Toute combativité semblait avoir quitté la Directrice Adjointe, qui virait désormais à l'écarlate honteux, et le mage blanc pouffait d'amusement, en tentant tant bien que mal de contenir un éclat de rire.

« J'en reviens pas que ces blaireaux soient en tête de la Coupe ! » Soupira Severus résigné.

Jane sourit, et Albus ne put se retenir plus longtemps. La salle des professeurs se remplit de son hilarité joyeuse.

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