facebook A la Moldue - Chapitre 3 : L'Héroïne
A la Moldue - Chapitre 3 : L'Héroïne

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Et c'était pour cela que Severus Snape avait dû retarder son départ, esquiver habilement les diverses propositions de bonbons, affronter la pluie battante du Londres Moldu, affronter la foule étouffante de ce même Londres, tenter de contenir son impatience face à la jeune femme, tenter de retenir ses sarcasmes face à sa bêtise, gratter un chat – sympathique au demeurant – en écoutant les misérables explications du Directeur ; il avait enduré toutes ces épreuves pour ça. Ce ça, qui gisait désormais à même le sol, après avoir heurté la chaise voisine, et fait miauler Merlin.

Jane Smith n'avait pu supporter le choc. Voir deux hommes frapper à sa porte à une heure aussi tardive et entendre le plus vieux des deux débiter des histoires de magie et autres sortilèges l’ait ébranlée. Mais que l'une de ses tasses préférées se retrouve à couiner et à se cacher sous le meuble-TV, c'en était trop !

Albus était passablement ennuyé. Jane n'avait pas été facile à trouver. Il avait dû lire des milliers de noms dans de vieilles archives sorcières, fouiller dans de nombreux registres moldus, user de toute son armada d'elfes et de toutes ses relations dans les deux mondes. Et après d'intenses semaines de recherches, il avait fini par éliminer tous les noms de sa liste de candidats potentiels pour n'en retenir qu'un : le banal, l'évident, l'insoupçonnable « Jane Smith ». Et s'il fondait de grands espoirs à son endroit, le vieil homme commençait à douter du bien-fondé de son plan. Agenouillé près de la jeunette inconsciente, il ruminait, baguette en main, quant à l'étape suivante. Comment la convaincre ?

« Albus, bien que tout ceci soit très divertissant, j'ai encore beaucoup de choses à faire, si vous pouviez donc vous presser… » Marmonna le Professeur de Potions à bout de patience.

Penché au-dessus du corps de Jane, la baguette pointée en sa direction, Dumbledore inspira profondément, comme pour se préparer à affronter une tempête, et murmura un sort. Jane ouvrit lentement les yeux, croisa le regard du sorcier, gémit et referma brutalement les paupières en maudissant les dieux.

« Miss Smith, commença Albus, vous devez revenir parmi nous, la conversation ne fait que débuter, murmura doucement le Directeur comme s'il s'adressait à un animal apeuré.

— Vous en avez d'autres des comme ça, sous la main ? » Répondit la jeune femme en se relevant chancelante.

Le vieux sorcier n'offrit qu'un pauvre sourire d'excuses en guise de réponse et la Moldue cligna des yeux avant de poursuivre d'un air las :

« Il me faut un verre, alors. »

Elle se dirigea donc vers le bar, sans même accorder un regard à Snape et s'empara d'une bouteille de Martini. Elle se servit une dose généreuse, l'avala d'une traite et remplit à nouveau le récipient avant d'aller récupérer sa cigarette éteinte dans son bureau. Elle se rassit sur la chaise qu'elle occupait précédemment, ralluma la cigarette en tirant d'intenses bouffées, tout en sirotant son alcool d'un air songeur. Elle demeura silencieuse trois minutes durant, pour finalement hocher la tête et croiser le regard des deux hommes face à elle. Elle se tenait droite, sa cigarette fumant légèrement, son verre serré fermement dans la main. C'est d'une voix déterminée qu'elle se jeta dans l'arène :

« Alors, comme ça, vous êtes des sorciers…

— C'est cela, Miss. Nous vivons en marge de la société, cachés aux yeux des Moldus, et en ce qui concerne le Professeur Snape et moi-même, nous travaillons à Poudlard.

— Votre école de magie, donc.

— Exactement. École qui n'a pour but que de préparer et former de jeunes sorcières et sorciers à vivre dans le monde.

— Et non pas à faire des spectacles d'illusion.

— Tout à fait.

— Et « Albus Dumbledore » est un véritable nom.

— Parfaitement.

— Et « Severus Snape » également.

— Voilà. »

Il eut un autre silence qui accueillit ces déclarations. Plus bref, cette fois-ci.

« On dirait de mauvais noms de personnages de roman… » Conclu Jane songeuse et terminant son deuxième verre.

Snape hoqueta d'indignation, et Albus sourit pleinement. La jeune femme tentait de rationaliser et de digérer les informations les unes après les autres. C'était peut-être un meilleur départ que précédemment. Il agita sa baguette, faisant apparaître trois verres, et une belle bouteille au bouchon de cire. D'une main, il invita Severus à s'asseoir avec eux à la table, et de l'autre, il commença à les servir de ce qui semblait être un excellent vin rouge. Jane écrasa sa cigarette et en roulant immédiatement une seconde. Snape faisait tournoyer le vin dans son verre, et Merlin s'éclipsa, convaincu qu'il pouvait oublier ses caresses. Ce fut la jeune femme qui rompit le silence une nouvelle fois :

« Bien. Allez donc droit au but.

— Nous sommes venus vous voir, car nous aurions une requête à vous soumettre, Miss Smith… commença Albus incertain.

— Vous allez venir avec nous à Poudlard, poursuivit Snape, bien décidé à prendre les choses en main.

— Severus…

— Ah vous croyez ? demanda Jane sans même que les deux sorciers ne relèvent.

— Écoutez, Monsieur le Directeur, votre approche ne fonctionne pas, et elle n'a pas son mot à dire. Nous sommes venus la chercher, non ?

— Comment ça je n'ai pas… tenta encore la jeune femme.

— Severus, mon garçon, cette jeune femme a son libre arbitre, on n'enlève pas des gens comme ça, voyons !

— Et pourquoi pas ? Un stupéfix, on transplane, et on n'en parle plus !

— Un quoi et on quoi ? Qu'allez-vous me faire ? demanda Jane en pâlissant à vue d’œil.

— Non, Severus, ce ne sont pas mes méthodes, nous nous en tiendrons au plan. En douceur, pour ne pas l'effrayer, répondit Dumbledore en l’ignorant toujours.

— Quelles méthodes ? Quel plan ?!

— Vos méthodes prennent du temps. Temps que nous n'avons pas et que, par ailleurs, je sacrifie gracieusement de mes vacances. On l'embarque, on l'enferme aux cachots, s’il faut, elle fait son devoir, et c'est réglé ! gronda Snape en perdant patience.

— Des… Des cachots ?!

— Cela ne souffre aucune discussion, Severus, nous y allons en douceur pour ne pas l'angoisser.

— MAIS JE SUIS DÉJÀ ANGOISSÉE ! Hurla Jane en se relevant, les mains tremblantes. »

Les deux hommes semblèrent alors se rappeler de sa présence et s'interrompirent brusquement. Le frigidaire de la cuisine se mit à ronronner pour remettre sa température à un bas niveau. Sur le micro-ondes, l'heure affichait un magnifique « 01:07 », le cendrier débordait, Merlin dormait sur le canapé, et la souris-tasse s'était décidée à sortir pour grignoter les câbles de la télévision. Le vieux Directeur resservit la jeune femme, en l'intimant à boire, et Snape se renfrogna davantage sur sa chaise. Jane resta interdite, tentant de retrouver son calme. Elle demeura debout, posant ses deux mains sur la table, et plongea son regard vert dans le bleu intense du mage :

« De deux choses l'une, soit vous me dites tout, immédiatement. Soit, magie ou non, je vous promets de trouver le moyen d'agacer suffisamment votre collègue pour qu'il vous lance un sort en réprimande ! cracha-t-elle en regardant Snape d'un air entendu. Je n'ai nullement l'intention de jouer les Alice au Pays des Merveilles avec deux hommes sortit de nulle part et qui transforment mon mobilier en animalerie ! »

Nouveau silence. À ce rythme, pensa Snape, il ne risquait pas d'être chez lui avant l'aube. Mais le Directeur sembla capituler, et c'est d'un air grave qu'il lui donna ce qu'elle voulait :

« Miss Smith, nous sommes effectivement ici pour vous amener à Poudlard. » Il leva la main, alors qu'elle s'apprêtait à demander pourquoi. « Notre école a été fondée il y a plusieurs siècles par quatre éminents sorciers. Il se trouve que vous êtes la descendante de deux d'entre eux.

— Je ne vois toujours pas le rapport…

— Nous sommes en guerre, Miss. Avec un mage noir qui descend d'une des lignées. Et nous avons besoin de vous.

— Je vais me répéter : mais quel rapport cela a-t-il avoir avec moi ?

— Vous… Vous êtes susceptible d'être utile.

— Sans magie ? Contre un mage ? Vous appelez ça une stratégie ?

— C'est… Plus compliqué que cela. Mais vous pourriez nous être précieuse dans cette bataille.

— Et si je refuse de coopérer… ?

— Je vous stupéfie, je vous ligote à un poteau, je mets le feu autour et, si vous n’y mettez vraiment pas du vôtre : je vous fouette en prime, répliqua sarcastique le Maître des Potions en reprenant l'idée saugrenue que la jeune femme avait eue.

— Ce que veut dire Severus c'est que, bien que vous ayez tout à fait le droit de refuser, nous nous trouvons dans l'obligation d'insister.

— En d'autres termes, je n'ai pas le choix, et vous jouez au petit papy charmant et conciliant pour que cela se fasse en douceur ?

— Vous pouvez choisir de le voir ainsi, Miss. » Concéda à contrecœur le vieil homme.

Jane s'assit et se décida à boire son verre. Ses mains tremblaient et son regard se troubla tandis qu'elle réfléchissait à toute vitesse.

« Si je vous accompagne, ma vie sera en danger ?

— Lord Voldemort n'est pas un sorcier à prendre à la légère. Et le conflit menace les nôtres, comme les Moldus. En entrant dans la bataille, vous ne pourrez plus faire machine arrière, répondit faiblement Dumbledore.

— Et après ça, vous voulez que je vous suive ?

— Si vous venez à Poudlard, commença Severus soudainement inspiré par une idée, certes vous courrez un grave danger, mais vous aurez accès à un tout nouvel univers, à une mine de savoir, à une culture unique, et à un monde entier jusqu'alors inconnu. »

Albus ouvrit la bouche d'un air surpris en jetant à son protégé un regard admiratif. Pourquoi n'avait-il pas commencé par-là ? Jane sembla soupeser la proposition un moment, en jetant un regard circulaire à son appartement. Elle avait toujours un papier à terminer et à livrer pour le matin même. Un papier d'une rare imbécillité, destiné à un magazine de fillettes et proposant des conseils et astuces beauté. Elle pouvait donc leur dire de retourner jouer avec leurs baguettes, reprendre l'écriture de son article, le livrer, et terminer de se mettre une cuite pour oublier cette abominable soirée. Elle pouvait, effectivement, retourner à une vie « normale ». Sombrer peu à peu dans l'alcoolisme, tenter une nouvelle fois d'écrire un livre qui serait refusé par la première maison d'édition qu'elle aurait approchée. Elle pouvait rester là, dans ses chaussons Wookie, bien au chaud dans son appartement, à raser les murs pour que le voisin de palier ne l'entende pas et n'essaie pas une nouvelle fois de l'inviter à boire un verre, avec son haleine pestilentielle et ses blagues salaces.

Oh, oui ! Elle pouvait refuser de vivre une grande aventure. Elle lança un regard à son chat blanc qui releva la tête et l'observa, comme attendant également sa décision. Elle plissa des yeux, toujours rivés sur son animal, qui miaula en retour, comme lui donnant le feu vert.

« Deux conditions : Aucune de mes questions ne restera jamais sans réponse immédiate, et Merlin vient avec nous ! »

A la Moldue Fanfiction Harry Potter

Il avait osé ! En récompense de son stratagème hautement intelligent, de sa patience sans faille, de sa rhétorique inattaquable, de son dévouement d'une loyauté sans égale ; Albus Dumbledore avait osé lui assigner cette tâche. En réalité, la mission consistait à escorter Jane Smith jusqu'à Poudlard, en prenant le train dédié, pour éviter à la jeune femme toute émotion liée à son premier transplanage. Il devait donc tenir compagnie à la Moldue durant tout le trajet – une épopée de plus de sept heures – et lui servir de garde-chiourme, le tout, sans avoir un livre à portée de main, histoire d'éviter la conversation. Une mission qualifiée de « hautement importante » par le Directeur, puisqu'il devait également mettre la jeune femme à l'aise. Mais Severus préférait résumer cela à « cette tâche ». Et il ne faisait pas ici référence à sa charge.

La tâche en question était occupée, pour le moment, à dormir profondément sur la banquette, son chat allongé à ses côtés. L'ancien Mangemort passa une main lasse sur son visage, passablement irrité de se retrouver coincé avec une inconnue pendant toute une journée. Pour tuer le temps, il consacra la première heure du voyage à penser aux différentes potions qu'il souhaitait travailler à son arrivée à Spinner's End ; l'heure suivante fut dédiée à l'invention de punitions originales et sadiques, destinées en priorité aux Gryffondors ; la troisième heure fut celle où il commença à s'ennuyer ferme. Il reporta son attention sur la tâche. C'était un petit bout de femme aux formes généreuses, à la longue chevelure épaisse et bouclée, et au visage pâle et souriant. Bien qu'elle ait les yeux fermés, Severus se rappela qu'ils étaient verts, d'un vert clair, avec de légères paillettes argentées. Des yeux couleur de rivière. Ou de vipère. Ou de tesson de bouteille de bière...

À dire vrai, la tâche était plutôt jolie. Elle paraissait même intelligente. Et il devait bien admettre qu'elle avait du caractère. Et, s'il n'était pas autant contrarié par l'imminent échec de ses vacances, il lui aurait volontiers accordé le mérite de ses réactions. Elle s'était montrée relativement raisonnable. Ni trop confiante, ni excessivement récalcitrante. En d'autres termes, Severus commençait à se demander de quelles maisons Jane en était l'héritière. Son tempérament flamboyant lui faisait penser à un Gryffondor, bien qu'elle eût posé des questions intéressantes et légitimes. Pourtant, elle s'était fendue d'une menace particulièrement mesquine, et l'idée d'opposer des conditions au Directeur, était une caractéristique typiquement Serpentard. La bougresse avait manifestement compris qu'ils avaient besoin d'elle, et non l'inverse. En fin de compte, Snape n'écartait que Poufsouffle. Jane n'avait manifesté aucune propension à la patience ni à la conciliation.

Il continua encore une bonne demi-heure à réfléchir à la question, le regard rivé sur elle. En s'éveillant, Jane se retrouva donc face à un homme qui la fixait intensément.

« Nous vous gênez surtout pas pour moi. » Commenta-t-elle d'une voix ensommeillée en se relevant rapidement.

Snape grogna, comme pris en faute, et reporta son attention sur le paysage qui défilait derrière la vitre. Un silence gênant s'installa entre les deux personnes. Severus refusant ostensiblement de croiser à nouveau son regard. Une autre heure passa, sans un mot, jusqu'à ce que le ventre de Jane ne se manifeste. Snape lui lança un regard venimeux auquel elle répondit par un haussement d'épaules. Il la vit tirer de son sac une boîte blanche – un « Type Aware », il avait cru comprendre – dont elle sortit deux blocs argentés et bruyants. L'homme reconnut ici l'aluminium, formidable invention Moldue. Toute à son déballage, Jane ignora la moue désapprobatrice du Sorcier lorsqu'elle découvrit ses sandwichs avec beaucoup de bruit. Elle s'apprêta à mordre dedans lorsqu'elle suspendit son geste pour tendre à son vis-à-vis le deuxième paquet, qu'il refusa d'un reniflement dédaigneux. Jane ne s'en offusqua pas, se contentant de le déposer à côté d'elle et de manger en silence. Un autre grondement de ventre vint à interrompre à nouveau le silence. Il provenait cette fois de Sbaoe, qui fit mine de ne pas en être responsable. Au bout de la troisième manifestation, ayant une faim de loup, il s'empara brusquement du sandwich, non sans mettre au défi la demoiselle de commenter, et mangea d’un air pincé.

Jane tira ensuitede son sac une bouteille d'eau en plastique, dont elle avalât goulûment le contenu avant e lui en proposer. Il grimaça de dégoût, ce qui déclencha chez la jeune femme un sourire moqueur.

« C'est contagieux, un Moldu ? demanda-t-elle d'une voix rendue presque rauque par ces heures de silence.

— C'est surtout répugnant et sans éducation.

— Vous voulez dire que le décorum réclamait que je vous en propose avant d'y boire ?

— De toute évidence vous avez la réponse, pourquoi poser la question ? » Répliqua Snape d'une voix cinglante sans même prendre la peine de détourner les yeux de son repas.

Jane cilla, puis sourit, bien décidée à passer le temps.

« Puisqu'il faut poser des questions pertinentes : que comptez-vous faire de moi… ? »

L'homme en noir ne répondit pas, à tel point qu’elle se demanda s'il l'avait entendue. Avant même qu'elle ne puisse reposer la question, il déclara avec sérieux :

« Mais, exactement ce que je vous ai dit : vous enfermer dans des cachots, sombres et humides. Vous attacher à un pilori, mettre le feu à la pièce et vous torturer à l'aide d'un fouet. Et une fois que vous serez agonisante, incapable de poser la moindre question stupide. Là, et seulement là, j'abandonnerai votre carcasse et plus personne n’aura à supporter votre manque d’éducation. »

Habitué à terroriser jusqu’aux élèves les plus âges de Poudlard, Snape cilla lorsque la femme en face de lui éclata de rire. Il lui lança une œillade mauvaise, tentant d'étouffer cette hilarité, mais ne parvint qu'à renforcer l'amusement de Jane.

« Vous feriez un excellent personnage de roman, Severus Snape. Le genre de type qu'on adorerait détester, dit-elle en essuyant une larme qui perlait.

— Ah, vraiment… ? Et quel rôle je jouerai ? répliqua-t-il d'une voix menaçante.

— Hmm… Peut-être celui d'un Professeur de Potions honni, dans une école de Sorcellerie ? Voyons un peu… Vous seriez l'homme le plus exécrable de tout le corps enseignant. Je vois parfaitement votre personnage en train de terroriser de pauvres enfants – et d'y prendre goût – le tout, sous le regard médusé de votre bon vieil ersatz de Merlin l'enchanteur. »

Snape arqua un sourcil lorsqu'il l'entendit parler de Dumbledore en ces termes, mais se retint du moindre commentaire, curieux de voir la suite réservée à son personnage.

« En fait, je vous vois bien jouer les méchants pervers, destiné à faire trembler les petits garçons dans leur lit. Oh, naturellement, il faut à votre personnage un passé trouble et complexe. On laisserait planer le doute quant à votre réelle loyauté. Nous pourrions même ajouter des éléments tragiques, une fin pathétique, un twist bucolique… Oui, vraiment, Severus Snape, vous feriez un excellent sujet, termina-t-elle songeuse.

— Et vous, Miss Smith, vous feriez une héroïne des plus classiques : pataude, bavarde et agaçante !

— Oui, mais diablement importante pour l'intrigue ! N'oublions pas que je dois aider « le mystérieux et détestable Severus Snape ainsi que son Maître à penser, le vieillard louche et sénile !

— Et adorateur de bonbons au citron, ajouta Severus, toujours aussi sérieux.

— Excellente idée ! Il serait accro à la saveur du citron, depuis qu'une sombre malédiction l'obligeât à en consommer excessivement. Malédiction ayant pour but de conduire Merlin à un Diabète au stade 5.

— Une mort atroce, si vous voulez mon avis.

— Certes, mais très utile pour introduire la notion de la gourmandise aux jeunes enfants et tenter d'y instaurer une morale sur le danger des sucreries.

— Et comment notre « héroïne bavarde, agaçante, mais diablement importante pour l'intrigue », s'y prendrait-elle pour sauver le vieux Merlin ?

— Elle commencerait par voler toutes les réserves de bonbons au citron du mage, naturellement ! Puis, elle chercherait probablement l'aide du Potionniste chevronné pour concocter un formidable remède qui dégoûterait le sorcier du sucre.

— Mais, si la malédiction reportait alors son vice sur la charcuterie et les fromages, Miss Smith ?

— … Alors Merlin mourrait probablement d'une violente crise cardiaque provoquée par une artère bouchée.

— Quelle efficacité ! Un sauvetage du plus bel effet… »

Jane éclata une nouvelle fois de rire, et Severus tourna la tête pour masquer son léger amusement. Les deux adultes ne dirent plus rien quelques minutes, plongés tous deux dans l'imaginaire soulevé par cette histoire. Ce fut elle qui rompit une nouvelle fois le silence, en arborant une mine sérieuse qu’il ne lui avait encore jamais vue :

« Ce qu'il faudrait surtout à notre héroïne, ce serait des explications, un plan, un une quête, vous ne croyez pas ?

— Oh, ne vous inquiétez donc pas trop pour cela, Miss Smith. Vous avez répondu à l’appel de l’aventure… et vous la vivrez. »

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Valentine Simon
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