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Chapitre 41 - Repérages

Chapitre 41 - Repérages

Publié le 16 mars 2026 Mis à jour le 16 mars 2026 Policier
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Chapitre 41 - Repérages

Samedi 10 octobre


Comme prévu, il pleuvait fort sur la plaine. La bordure d’un de ces épisodes cévenols, fréquents au début de l’automne, qui déversent l’équivalent d’un mois de pluie en quelques heures. Les gendarmes s’étaient répartis dans deux voitures. Clarisse et Carlos avaient prévu de retrouver l’adjudant-chef Moreau à Cuxac-Cabardès, pour que celui-ci les guide jusque chez Mabillon. Sonja était avec Franck, en route pour Vaudreuille et la propriété de Dumergue. Les deux équipes avaient prévu de se retrouver à la gendarmerie de Cuxac pour partager leurs impressions et élaborer le plan d’action. Les averses qui se succédaient ne semblaient pas perturber le chef du groupe d’intervention.


— On risque d’avoir ce temps pendant tout le week-end, commenta Carlos, et sans doute aussi lundi matin. Autant repérer les lieux dans les conditions du raid. De plus, on ne risque pas de tomber sur des promeneurs ou des joggers matinaux !

— J’avoue que par ce temps, je renoncerais moi aussi à ma course quotidienne, valida Clarisse.

— Il est comment ce Moreau ? demanda Carlos.

— J’ai eu un bon contact, il connait bien son territoire, et je pense qu’il ne serait pas mécontent d’être débarrassé de Mabillon.


Il était un peu plus de sept heures quand la voiture stoppa devant la gendarmerie à Cuxac. Le hall d’entrée était éclairé. Moreau les attendait avec du café chaud.


— Sale temps ! fit-il après les salutations.

— On a connu pire, répondit Carlos. Il en faut plus pour nous décourager.

— Ceci dit, maintenant que les vendanges sont faites, on n’est pas contre un peu d’eau. On a eu un été bien sec par ici.

— Parle-nous un peu de notre cible. Tu es sûr qu’il vit seul ?

— Je ne peux pas vous garantir qu’il n’aura pas invité une petite amie dimanche soir, mais franchement, j’en serais surpris. Ce type est un loup solitaire. Sa femme est partie il y a plusieurs années avec leurs deux gosses. On ne les a jamais revus par ici. Il lui arrive de recevoir des gars dans son genre, ils doivent faire des cartons derrière la baraque, on entend parfois tirer, mais ils ne restent jamais pour la nuit. De toute façon, j’enverrai une patrouille jeter un coup d’œil demain soir, si jamais il y a une voiture inconnue, je vous le dirai.

— OK, on y va ? proposa Carlos.


Il faisait encore sombre quand les trois gendarmes laissèrent leur véhicule avant le dernier coude du chemin. La bâtisse avait sans doute été un moulin dans un passé lointain, mais il ne restait pas de trace des installations. Il fallait franchir un ruisseau sur un vieux pont de pierres pour accéder à la maison, construite à proximité de l’eau. À l’arrière de la construction, le terrain montait fortement, un petit escalier avait été aménagé pour accéder à une terrasse en surplomb.


— On peut contourner la propriété en longeant la rivière ? demanda Carlos.

— Oui, répondit Moreau, mais vos gars vont se mouiller les pieds pour traverser, il n’y pas de pont ni de gué.

— C’est pas ça qui va les arrêter !


Le petit groupe s’approcha de la maison. La pluie troublait la vision, mais on pouvait distinguer le vieux pick-up garé devant la façade.


— Il n’y a pas de chien ? demanda Clarisse.

— Non, répondit Moreau, c’est surprenant, mais il n’a pas d’animaux.

— Tant mieux, commenta Carlos. Visiblement, il ne ferme pas ses volets, on pourra jeter un coup d’œil à l’intérieur avant d’entrer. Vous savez où est sa chambre ?

— Je suis rentré une ou deux fois, dit Moreau, il y a longtemps. C’est plutôt rustique ! Une grande pièce au rez-de-chaussée, un escalier dans un coin, et sans doute deux chambres à l’étage. Ils vivaient à quatre ici.


Clarisse observait sans rien dire. Elle savait que son rôle ne commencerait qu’après la sécurisation des lieux.


— Je pense qu’on va s’organiser en trois groupes, expliqua Carlos. Deux gars vont faire le tour et approcher par l’arrière, deux autres en couverture sur la terrasse et nous on rentre par devant. Si on est assez discrets, on le trouvera dans sa chambre ou en train de faire son café. Il ne doit quand même pas se balader avec un flingue à la ceinture chez lui.


Pendant ce temps, à Vaudreuille, Sonja avait guidé Franck jusqu’à la maison des Dumergue. La propriété était un peu à l’écart du village et il n’y avait pas d’éclairage public. Franck essaya de faire le tour par l’extérieur, mais il se heurta vite aux parcelles mitoyennes, clôturées de murs ou de haies épaisses.


— Il n’y a qu’un seul accès, conclut Franck. On va voir si c’est verrouillé.


Le gendarme s’approcha du portail. Aucune lumière dans la maison. Des contrevents occultaient toutes les fenêtres visibles. Il prit le risque d’allumer une puissante torche électrique en prenant soin d’éviter d’éclairer la façade.


— Il y a deux voitures sur le côté. Une Clio et un gros SUV BMW.

— La Clio, c’est celle de sa femme, commenta Sonja.


Les deux équipes se retrouvèrent à huit heures dans la salle de pause de la gendarmerie. L’adjudant-chef leur avait suggéré de passer par la boulangerie où ils avaient acheté une douzaine de croissants.


Franck assura que l’intervention chez Dumergue ne poserait pas de problème. Quatre hommes en plus des OPJ seraient suffisants. Moreau proposa l’aide de la brigade locale pour Mabillon.


— J’ai des gars qui connaissent bien le terrain, ils pourront vous guider pour contourner la maison.


Carlos accepta et les grandes lignes de l’opération furent arrêtées. Le rendez-vous fut fixé à quatre heures le lundi.



























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