" La preuve que je suis humaine "
Contexte de rédaction :
Le défi d'écriture consistait à inventer un texte dont le titre serait "La preuve que je suis humaine". J'ai voulu écrire une fiction.
Nouvelle de Science-Fiction :
Les baies vitrées offrent une vue imprenable sur Central Park, dont le survol est désormais interdit. Même si le ciel était constellé d’engins volants, comme au-dessus du reste de Manhattan, cela n’altérerait pas la concentration des huit élèves, à 2 minutes 43 secondes de la fin des cours. Les tests d’entrée à la Neuro Elite Academy, cette école à 100 000 dollars l’année, laissent à la porte les enfants dont le dispositif implanté n’a pas tenu ses promesses. Liam, seul garçonnet aux cheveux flous, assis près de la fenêtre, semble stable, aussi stable que les autres. Mais une faille s’est révélée dans son système.
Pendant 12 jours, il a refusé de s’alimenter, de se laver et de parler à Stellar, son dernier modèle de nounou. Pour la première fois, il a vu de la peur dans le regard de sa mère. Karen, qu’il n’a pas le droit d’appeler Maman, est d’ordinaire si prévisible, si maîtrisée. Avec la consultation d’ un pédopsychiatre, le diagnostic est tombé. Cet embryon sélectionné parmi une dizaine, ce bébé bénéficiant de la puce Neuralimpact-622, implantée avant que les os de son crâne ne se solidifient, ce garçon de huit ans stimulé quotidiennement par des enseignants « augmentés », ce garçon jusque-là parfait, a une tendance dépressive.
En compensation, il semble avoir obtenu ce qu’il réclamait depuis des mois : une baby-sitter humaine. Ses parents rentrent tard le soir ; il ne veut plus passer son temps avec un cyborg. Il ne veut même plus d’une baby-sitter « augmentée » : il veut une humaine « naturelle », sinon il arrêtera de nouveau de manger. Son père a activé son réseau portoricain et trouvé Luisa, un des rares spécimens non augmentés de Manhattan, mais sensée et fiable d’après ses références. L’idée de croiser à la maison la belle de 25 ans aux courbes parfaites et au sang chaud n’a pas déplu à Miguel Ortega. Il a convaincu sa femme.
Dans un instant, c’est cette nouvelle baby-sitter que Liam va rejoindre. Entre l’école de la 85e Rue et sa maison de la 90e rue, il dispose de 12 min pour vérifier que ses parents n’essaient pas de le gruger. Si elle n’est pas une « humaine naturelle », il l’empêchera de rentrer chez lui ; il a son plan.
Son sourire est immense. Elle repère Liam tout de suite au milieu des autres élèves. Elle porte des bagues et des bracelets non élec
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Comments (2)
Jackie H 1 month ago
J'avais envie de pleurer en lisant la berceuse, comme Liam 😥💚
Line Marsan 1 month ago
En écrivant les dernières lignes, j'avais les larmes aux yeux. 💧
Pascaln 1 month ago
De base je ne suis pas un grand fan de science-fiction parce que je trouve que ce genre manque bien souvent d'humanité simple, authentique et fragile.
Mais j'aime cette nouvelle Line, car justement dans ce monde futuriste bien décrit, c'est bel et bien le besoin de cette humanité simple et sensible qui ne veut pas être engloutie, qui en ressort triomphant.
Tu imagines bien que mon côté humaniste sensible est alors nourri et ravi. Merci pour ce joli moment de lecture Line 🙏