Et pourtant...
Et pourtant...
Et pourtant…
Comme un chemin peut être sinueux,
C’est sûrement là un sujet épineux,
Source de discordes presque épiques
Et bien plus de haines apocalyptiques.
Je les entends tous, ceux qui vocifèrent.
À grands coups de cultes et de prières.
Je suis là bouche bée, plein de questions,
Et je ne peux taire mon incompréhension :
On dit qu’on aime Dieu.
On le prie, on le loue.
On le chante, on le scande.
Mais on détourne les yeux
De la misère au coin de la rue,
De celui qu’on ne fait que juger,
De celle qu’on ne fait qu’éviter.
On dit qu’on aime Dieu,
Mais on déteste le voisin,
Pour un mot, pour un rien.
On jalouse, on envie.
On maudit ce qu’on n’a pas.
On désire ce qu’a l’autre,
Au point d’en faire des guerres,
Au point d’en perdre la paix.
On dit qu’on aime Dieu,
Mais on ne parle pas aux arbres.
On ne comprend pas les bêtes.
On piétine la terre.
On hait le silence.
On maudit la pluie.
On étouffe le vivant.
Et comment peut-on…
Au nom de Dieu,
Ôter des millions de vies
Depuis la nuit des temps ?
Croisades, conquêtes, colonnes de feu.
Massacres vêtus de prières.
Saints sabres, bombes pieuses.
Fanatismes en toges.
À quoi ressemble Dieu
Quand il sert de drapeau ?
On dit qu’on aime Dieu,
Mais on se méprise soi-même.
On s’accuse, on se juge.
On court sans fin, sans sens.
On fuit nos propres ombres.
On n’ose plus s’écouter,
Ni s’accueillir entier.
On dit qu’on aime Dieu,
Mais l’amour semble loin.
Fragile, conditionnel.
Comme un masque trop souvent mimé,
Comme une prière qu’on oublie d’incarner.
Je ne dis rien, je ne juge rien.
Je ne fais que poser la question,
Doucement, humblement,
Pour essayer de comprendre :
Comment peut-on prétendre aimer l’infini
Quand on peine tant à aimer
Ce qui est là, juste ici, tout près…
Et peut-être, au fond de soi ?
PascalN ©
« De pensées en bavardages »
(Texte humain personnel
Photo personnelle prise entre le Havre et Saint-Adresse
76 Seine-Maritime)
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