Congratulations! Your support has been successfully sent to the author
avatar
Jour numéro 27 : Oignon

Jour numéro 27 : Oignon

Published Oct 28, 2025 Updated Oct 28, 2025 Poetry and Songs
time 2 min
2
Love
0
Solidarity
0
Wow
thumb 2 comments
lecture 54 readings
5
reactions

Jour numéro 27 : Oignon

Le dépliant publicitaire et la réalité

Aux petits oignons,

voilà comment ils s'attendaient à être traités,


Le sourire du majordome,

son costume impeccable

et l'hospitalité de sa voix profonde,


Celui du bagagiste

et du garçon d'ascenseur,


Aucun poids à porter,

escortés jusque leur chambre

par des souhaits de bienvenue,


Leur chambre, luxueuse,

une vaste suite,

des fauteuils, une table,

un lit confortable,

des draps propres et frais,

une salle de bain avec douche et baignoire,

vaste comme une salle de réunion,

des tentures épaisses,

des lumières tamisées,


Le restaurant, intime et raffiné,

des bougies aux tables,

des nappes immaculées,

des serviettes épaisses,

de la vaisselle précieuse,

des couverts en argent

et des verres en cristal.


Aux murs, aux sols,

d'épais tapis qui absorbaient le bruit

et la rumeur des conversations,


Un personnel compétent,

empressé mais discret,


Un piano doux pour créer l'ambiance,


Mets raffinés, vins rares,


Clientèle élégante aux belles manières


Un moment unique de retrouvailles à deux.


Mais le dépliant est une chose,

la vie en est une autre...


Point d'hôtel de luxe

mais un vulgaire boui-boui,


Un réceptionniste grincheux,

mal vêtu et malpoli

à la voix grinçante comme une vieille porte,


Ni bagagiste ni garçon d'ascenseur,

des poids à colporter

jusques en haut des escaliers,


Une chambre ordinaire,

lits jumeaux accolés,

salle de bain ridicule,

à peine de quoi se retourner,

douche évier et toilette

l'un contre l'autre serrés,

heureux encore de ne pas y trouver

de punaises de lit.


Un restaurant, vaste et bruyant,

tables sans nappes,

vaisselle ordinaire,

lumières criardes,

personnel fatigué

et peu empressé,

mets ordinaires et juste passables,

musique à la mode dans les haut-parleurs.


Aux murs, aux sols,

des revêtements froids,

papier peint, stuc, fibre de verre,

carrelages et parquets,

tous résonnant du bruit des allées et venues

et de la rumeur des conversations


Une clientèle qui consomme,

s'interpelle bruyamment,

des enfants trop jeunes

qui crient, courent et se poursuivent,


Au total, l'impression

d'être perdus à deux,

totalement décalés

dans un environnement déplacé.


L'envie de se reprocher, de se disputer,

et puis de pleurer

comme s'ils venaient juste de peler

de très gros oignons...


Crédit image : © Tripadvisor - Restaurant Espadon, Ritz

lecture 54 readings
thumb 2 comments
5
reactions

Comments (2)

You must be logged in to comment Sign in
Gabriel Dax verif

Gabriel Dax 4 months ago

Criant de vérité !
Combien d'avis et d'émissions en parlent de ces décalages, pour ne pas dire arnaques, entre le dépliant publicitaire, voire le site internet, et la réalité.
Un texte aux petits oignons.

Hide answers Show answers
Jackie H verif

Jackie H 4 months ago

Merci Jean-Christophe 🙏🏻
Je crois que chacun dans sa vie en a vécu une version au moins une fois dans sa vie... 😏😭

You can support your favorite independent writers by donating to them

Prolong your journey in this universe Poetry and Songs
12 mars 2026
12 mars 2026

Je maudis mon cœur trop tendre et prêt à se réjouir d’un rien, ce cœur si prompt à confondre les miettes avec un festin.

Clara Mancini
1 min
L'EMPREINTE DE CYBÈLE
L'EMPREINTE DE CYBÈLE

Sous les vitrines d'or des vastes galeries,Où dorment à l'abri les pures allégories,Une pièce de bronze, arrac...

Pmd Robeen
1 min
Mercredi 11 mars 2026
Mercredi 11 mars 2026

Le téléphone avait déjà presque fini de sonner, lorsque je me suis décidée à décrocher. J’ai dit al...

Clara Mancini
2 min
MA MAISON.
MA MAISON.

Elle est venue d'une étoile. Ici, elle était perdue. Toujours sincère et loyale, Ne se sentait pas ente...

Anastasia Musorina
1 min
Troisième cycle 4/5
Troisième cycle 4/5

Très souvent,après la colère,mais même après l’amour,il y a cette mélancoliequi s’abat sur moi

Samuel Heritier
2 min
11 mars 2026
11 mars 2026

L'espoir s'en vient, à petits pas, il se fraie un chemin jusqu'à moi.

Clara Mancini
1 min

donate You can support your favorite writers

promo

Download the Panodyssey mobile app