#ConfidencesDAutrice : En suspens
Interruption et chemins de traverse
Cet été, j'ai interrompu l'écriture. Ma routine quotidienne s'est enraillée avec le départ en vacances. Une belle-famille fragilisée par un de ses membres hospitalisé en urgence. Le besoin de faire corps, de se rendre disponible pour l'écoute, gérer l'attente des nouvelles, s'impliquer dans les repas où l'on essaie de partager d'autant plus de joie qu'on la sait fragile. Je devais écrire le dernier épisode de L'Aventurière inattendue. Ce n'est toujours pas fait.
Et puis le départ par les chemins de traverse, en boycottant l'autoroute, mus par l'impérieuse nécessité de ralentir, de retrouver la campagne, sa lenteur, une certaine simplicité. Nous avons dormi chez une cousine, puis dans un tonneau dans un camping simple, puis dans une vieille caravane louée dans un camping à la ferme... Je suis tombée amoureuse du Vercors. Sur cette rencontre, j'ai écrit.

Les monts d'Ardèche à la tombée du jour exhalaient une telle douceur. La poésie aurait pu venir, elle n'est pas venue. Quelque chose en moi faisait silence, après plusieurs mois de routine quotidienne d'écriture, d'interactions sur les réseaux sociaux.

Avais-je été en surrégime ? Peut-être. Je ne suis que moi-même. Inconstante dans mes efforts.
Retour aux doutes
Les doutes ont toujours sifflé leur petit air ironique depuis mon entrée en écriture. Parfois l'élan créatif me remplissait la tête de rock et de fun, je n'entendais plus leur macabre musique. Et puis soudain, ils devenaient plus stridents, usants. Ils sont autour de moi en ce moment.
Les vacances sont finies depuis mi-août. La vie a joué ses tours. Des proches en suspens, pour leur santé, pour une éventuelle rupture... et là, j'ai dévissé. La déprime latente que provoque mon traitement médicamenteux a obscurci mon ciel. J'ai ralenti, oui, mais plus par choix. D'élan créatif, il n'y a plus, ni d'élan tout court. J'en suis là.
Doutes sur mon écriture et ma capacité à progresser. Recevoir des refus de maisons d'édition n'est jamais anodin, entendre des petites remarques n'est jamais anodin : "il faut plus de radicalité pour que ça accroche le lecteur", "ta nouvelle est bien, oui tu sais écrire une nouvelle, mais bon..." Et dans une période de fragilité ces petits bouts de rien s'accumulent et finissent par peser sur la main qui écrit. En tous cas, sur la mienne, fragile.
Je n'ai pas repris mon stylo et mon cahier depuis mi-juillet. J'ai tapoté des petites choses, oui, à peine. Mais je n'ai pas écrit. Je n'écris pas.
Alors, en cette fin d'après-midi, j'ai décidé d'écrire au moins une "ConfidenceDAutrice" à Panodyssey. Peut-être qu'écrire que l'on n'écrit pas, c'est déjà un peu écrire, avoir moins peur d'écrire. Et se dire que ce n'est pas grave, d'écrire moins, d'avoir moins envie d'échanger, de faire un peu silence.

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Notice de transparence. Ce texte a été rédigé par une humaine sans accompagnement d'un chat de quelque sorte qu'il soit. L'image de couverture reprise ci-dessus a été générée par ChatGPT5 qui a absolument tenu à la présence d'un chat sur mon canapé !
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Comments (4)
Pascaln — Le Contemplateur Éphémère 17 hours ago
Je crois qu'écrire que l'on écrit pas c'est effectivement déjà ecrire. Une lapalissade pour certains et l'entretien de la petite flamme de l'envie d'écrire pour moi.
Tout comme je crois que le plus difficile dans ces moments de vide créatif, c'est justement d'accepter tout cet espace plus ou moins libre que l'on voudrait combler à tout prix.
Surtout lorsque écrire est la principale occupation, c'est mon cas aujourd'hui, le vide sonne encore plus fort.
Mais finalement, le début du récrire c'est peut-être simplement cette confidence d'autrice, donc rien n'est définitivement perdu Line😇
Line Marsan 16 hours ago
J'espère bien que rien n'est perdu ! 😘
Line Marsan 18 hours ago
Merci Jackie. Non, je ne culpabilise pas. En revanche, c'est vrai que je culpabilisais un peu de ne pas donner de nouvelles à Panodyssey.
Non, je ne suis pas publiée. Je ne veux pas autopublier mon roman en l'état. Je voudrais m'inspirer des remarques d'une éditrice pour le milieu et la fin du roman. Reste à trouver l'énergie. L'approche de l'automne est un bon moment pour ça. Sans pression.
Harold Cath 20 hours ago
Bonjour Line,
Une donnée importante à constamment garder à l’esprit : toi !
D’abord parce que ta vie réelle, ta famille, tes proches, tes petits et grands soucis sont les éléments primordiaux à gérer pour rester en équilibre avec toi-même.
Certes, l’écriture fait partie intégrante de ta personnalité, mais elle ne peut se développer, grandir, se nourrir que de toi-même et de ton état d’esprit.
Elle reviendra plus forte, plus profonde, plus instinctive lorsque tu seras en paix intérieurement ainsi qu’avec tout ce qui interagit sur ton microcosme.
Jamais elle ne te quittera, jamais, elle ne te fera défaut, elle s’est mise en retrait, le temps que tu te repositionnes toi-même au premier plan de ton bien-être. J’ai connu ce passage à vide également et je reste persuadé que cela se reproduira encore.
Prends du temps pour toi et ton entourage, fais-toi plaisir. L’écriture t’attendra et te verra revenir avec plaisir… Et, nous aussi.
Line Marsan 18 hours ago
Oui Harold, je connais ces hauts et ces bas de l'élan créatif et du reste. Ce matin, j'ai été prise d'une envie de faire le ménage ( je n'y arrivais plus bien ces derniers temps) : c'est peut-être un signe ! 🧐😂