Félicitations ! Ton soutien à bien été envoyé à l’auteur
avatar
Les enfants mangeurs d'ogres
Fiction
Conte
calendar Publié le 28 avr. 2026
calendar Mis à jour le 28 avr. 2026
time 4 min
Harold Cath verified
Harold Cath il y a 1 heure

Excellent traitement pour un sujet totalement actuel. J'adore.

Label de transparence créative
18+
Image / Image humaine
Texte / Création humaine

Les enfants mangeurs d'ogres

Le contexte

Dès que j'ai lu la phrase proposée pour le PanodysseySpark de la semaine, j'ai craché ce texte. Je vous le livre à l'état presque brut.


La phrase

Qu'allons-nous devenir si les enfants se mettent à manger les ogres?


Le conte

Il était une fois une forêt glaciale de béton et d’acier.

Il était une fois des enfants dévorés derrière des murs sombres hérissés de tessons. Un enfant et puis deux, et des cent et des milles. Ils étaient morts dans leur tête. Ça les avait rongés, les ongles des sales ogres qui avaient joui de leurs corps enfantins. Tout puissants du silence imposé et du déguisement en hommes ordinaires, les ogres se léchaient les babines. Les buissons numériques décuplaient les endroits où ils traquaient leurs proies.


Photo de qgadrian sur Pixabay



Les enfants, quant à eux, n’étaient plus ordinaires : allez donc vivre un peu quand tout est mort dedans ! Enfermés dans la tour, ils grandissaient quand même, et la rage au fond d’eux enfonçait ses racines.


L’une de ses enfants eut alors une idée. Quitte à être morte, autant être un fantôme. Elle allait le hanter, l’ogre de cauchemar. C’est lui qui désormais aurait peur dans le noir. Il se retrouverait cerné d’enfants-fantômes, à mille têtes et à cent mille dents. Et si l’ogre, tel le petit Poucet, posait des cailloux blancs pour lui échapper, d’autres enfants surgiraient, effaceraient les traces. Ils leur avaient appris, les ogres, à tout dissimuler.


Cela commença par un nom, une adresse, un visage. Grand-père insoupçonnable, il avait abusé d’elle. Elle n’osait pas parler, sa voix était brisée, mais elle osait cliquer. Tic tic, le clavier, tel de petites dents. Elle appela à l’aide. Tic, tic, tic. Tic, tic, tic, résonnait la forêt. D’autres enfants s’éveillaient, certains morts tout comme elle, et d’autres épargnés. Elle leur expliqua ce qu’il lui avait fait. "Ce n’était pas si grave, avait dit le grand-père. Le doigt dans la minette, le bisou au zizi, ça va pas chercher loin."


Tic tic tic, le clavier et le nom du grand-père et ce qu’il avait fait. Ils étaient des centaines, les enfants, à vivre dans les parages. Leurs ongles étaient petits, leurs clics étaient puissants. Des œufs tombés du ciel s’écrasèrent sur la façade du grand-père, tous les chats du quartier virent gratter leurs griffes aux portes et aux volets, ils miaulaient, ils miaulaient tout ce qu’ils pouvaient. Et les chiens de tout le quartier échappaient à leur maître pour venir faire pipi, juste là, tout exprès, juste devant chez lui. Et des papiers collés sur la maison et le trottoir jetaient aux passants les mots de vérité. « Ici vit un ogre, il faudrait regarder. »


Cela attira enfin la maréchaussée. Le grand-père épuisé finit par avouer. Ça allait chercher loin.


Pendant ce temps, tic tic tic, d’autres noms émergeaient. Les enfants justiciers mangeaient de la chair d’ogre. Leurs petites dents laissaient des traces rouges sur le col impeccable des ogres déguisés en employé modèle, en père bienveillant, en oncle sympathique, en cousin trop marrant.


Les ogres commencèrent à craindre pour leur peau. Les regards des adultes ne se détournaient plus. Ils réclamaient des comptes.


Les nuits étaient bien longues. C’était au tour des ogres d’avoir peur des fantômes et de guetter les bruits, de se méfier de tout dans la forêt profonde.


Cela dura longtemps ; tant d’ogres existaient.


Les petits s’acharnèrent, furent moins malheureux, et sauvèrent beaucoup d’enfants.


Notice de transparence : Texte rédigé sans IA. Correction orthographique et typographique avec le logiciel Antidote. L'autrice, Line Marsan, est seule propriétaire de ce texte. Tous droits réservés.

Crédit photographique : qgadrian sur Pixabay.

Propriété intellectuelle et crédits
© Image de Couverture Sans titre / qgadrian sur Pixabay
© Texte principal Line Marsan
© Autres images dans ton texte Sans titre / qgadrian sur Pixabay
Gestion des licences Creative Commons
cc_by_nc_nd
Crédit requis, pas de modifications, usage non commercial uniquement CC BY-NC-ND
La clause du chat
Line Marsan verified
Pas d'entraînement d'IA sur ce texte.

Commentaires (2)

Tu dois être connecté pour pouvoir commenter Se connecter
Harold Cath verif

Harold Cath il y a 1 heure

Excellent traitement pour un sujet totalement actuel. J'adore.

Jackie H verif

Jackie H il y a 1 heure

J'aime cette histoire, à thème non seulement renversé mais aussi modernisé (la jungle de béton, la jungle numérique) et étroitement lié à l'actualité 🙂

"Revenge is sweet"... Même si on ne peut pas la recommander, la vengeance est inévitable quand la justice de la société ne fait pas son travail – pas correctement, ou pas du tout 😡

Quand toutes les victimes sortiront du bois – ou y entreront pour y ravager les ogres – les innocentes en tête, peut-être qu'enfin, le monde changera...

Prolonger le voyage dans l'univers Conte
Sonia Madeleine Maille verif
Sonia Madeleine Maille
La cabane
Sonia Madeleine Maille verif
Sonia Madeleine Maille
La cabane
26 avr. 2026 17 min de lecture
Conte
26 avr. 2026 17 min de lecture
Conte
Régine Pelladeau-Kornmann verif
Régine Pelladeau-Kornmann
Emmanuelle
Régine Pelladeau-Kornmann verif
Régine Pelladeau-Kornmann
Emmanuelle
31 mars 2026 7 min de lecture
Conte
31 mars 2026 7 min de lecture
Conte

donate Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur

promo

Télécharge l'application mobile Panodyssey