Te souviens-tu, ma mie, du lac de Pétarel et de ses eaux si fraiches et reflétant le ciel ?
Dans un calme rustique, un chalet montagnard
Abrite nos vacances dans le Valgaudemar.
Tout près, une cascade, chantante et magnifique,
Tombe, vertigineuse, dans les rhododendrons,
Et dans un petit pré un âne pacifique
Se traine en mâchonnant des fleurs et des chardons.
Nous aurions pu flâner, couchés sur le gazon ;
Mais assoiffés d’air libre, de vastes horizons
Nous avons décidé de monter vers les cimes
Pour avoir, face à nous, panorama sublime,
Les hauteurs des Écrins, leurs pics et leurs glaciers.
Nous partîmes d’abord par un joli sentier
Sous l’ombrage léger de vigoureux mélèzes,
Mais, plus loin, des cailloux nous mirent moins à l’aise ;
Franchissant des torrents sur des planches branlantes
Ou sur des pierres plates, humides et glissantes ;
Nous avons côtoyé des à-pics dangereux.
Plus bas, dans la vallée, minuscule à nos yeux,
Se distingue un troupeau pareil à ces moutons
Qu’on pose dans la crèche à côté des santons.
Si nous sommes un peu las en parvenant au col
La récompense est là et notre vue s’envole
Sur les monts de l’Oisans, innombrables merveilles.
À deux pas, près de nous, scintillant au soleil
Nous découvrons soudain le lac de Pétarel
Qui semble, à ce niveau, être un peu irréel
Fraicheur inattendue sur ces rochers, étant
Plus vaste qu’une mare, plus petit qu’un étang,
Simple coupe creusée par l’eau pure des nues
Et tu t’élances alors, riante et toute nue,
Glissant entre les roseaux,
T’aspergeant de gerbes d’eau :
Superbe, gracieuse et solide à la fois ;
Belle comme une naïade et secouant tes cheveux
Puis reviens, frissonnante, te sécher près de moi ;
Et nous restons ainsi, enlacés et heureux.
L’herbe était parfumée, l’espace lumineux.
Instants intemporels ;
Pris entre terre et ciel.
Nous échangeâmes alors une promesse, un vœu :
Qu’en ce lieu de bonheur, lorsque nous serons morts,
Nos cendres réunies, soient ici dispersées.
Promesses à ce jour pas encore exaucées ;
Car le destin voulut que tu partes première,
Lorsque viendra mon tour, à mon heure dernière,
Quand je t’aurai rejoint, nos âmes réunies,
À travers prés et champs, à travers la campagne,
Par-dessus les coteaux, les fleuves, la montagne,
Viendront, ombres légères, retrouver un instant,
Le souvenir du temps
Où, entre terre et ciel,
Nous unîmes nos cœurs au lac de Pétarel,
Où l’air était si pur, où tu étais si belle
Contribuer
Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur


Commentaire (0)