Les pages de ton histoire
Il est des soirs où l’on se perd
sans cris, sans larmes, sans raison claire.
Il est des nuits pleines de vide
où chaque douleur vive voile un peu plus la lumière.
On erre ainsi,
sans direction,
le coeur noué, le souffle lourd,
comme un oiseau fatigué
qui ne se souvient plus vraiment pourquoi il volait autrefois.
Le monde, lui, poursuit sa ronde.
Il court après des mirages,
Rit trop fort pour ne pas entendre,
pleure pour se souvenir,
puis détourne les yeux —
indifférent à ceux qui s’effondrent.
Et toi, candide souffle de vie,
tu portes l'art de flotter ici et là,
entre deux absences,
sans ancrage, sans refuge,
telle une luciole égarée dans une nuit sans étoiles.
Oubliant ta poésie
le rythme de ton coeur
et même parfois
le son de ta joie.
Alors ne lutte pas.
Ne tend plus les cordes de ton âme.
Laisse ton cœur battre comme il bat.
Car bien souvent, c’est en cessant de comprendre que le silence commence à répondre.
Et si tu ne peux plus avancer,
attends patiemment, simplement, tendrement.
Ton âme sait l’heure
elle connaît le vent.
Tu es vivant
même dans la brume
et cela suffit à ton élan.
N'oublie jamais que ces moments douloureux ont compté,
qu'ils ont existé,
pour déposer des soleils d'espoir
au firmament de tes nuits noires,
afin d'éclairer, envers toute obscurité,
les pages de ton histoire.
Et dans ce simple fait d’être,
quelque chose recommence encore.
Autrement.
Plus vrai.
Plus vaste.
Plus audacieux.
Comme une lumière rugissant dans la nuit.
Comme une présence irréfutable.
Comme une voix glorieuse et ineffable
qui s'élève et scande d'une volonté sans nom :
« Tu es toujours là.
Ne t'abandonne pas.
Porte fièrement qui tu es
et hurle ton nom avec courage.
Ce que tu es n'appartient qu'à toi
et aujourd'hui
le monde n'attend qu'un peu de toi. »
Yaël Emerald
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