Imposteur — un posteur…
Imposteur — un posteur…
C’était un lundi, rendez-vous avec mon psy.
Docteur, j’ai un problème de légitimité,
Même ma nana y croyait pas, elle est partie.
Allongé sur le divan, j’ai dû m'défroquer.
Il voulait tout savoir comme un concierge,
Il m’demanda en long, en large de raconter.
J’avais pas vu qu’il s’appelait docteur Serge,
Ici je m’égare, puisqu’aucune cause à effet.
Bref, me v’là donc en train d’tout lui déballer.
Pourquoi j’étais venu ici, comment j’étais né.
Pour son bonheur ma mère me rêvait fille,
Hélas — quatrième garçon de l’escadrille.
Je reconnais qu’pour elle, c’était pas d’bol,
Pas plus que pour moi, drôle de plan d’vol,
Atterrissage fatal, sur la piste, j’étais bancal,
Suite pas facile quand ça commence si mal.
J’ai vu la tête du doc s’étirer toute en hauteur,
Heureusement, il avait obtenu des diplômes.
Avec peu d’chaleur, il m’a parlé d’symptômes,
Avant d’claquer : le syndrome de l’imposteur.
J’lui ai sorti les plus ronds d’mes yeux ronds :
Euh doc… j’suis perdu sans autre explication.
Un simple cas d’école sans aucune ambiguïté :
Vous voulez l’autorisation de l’autre pour exister.
Paf, verdict et sentence étaient tombés.
C’est grave, docteur ? Ça peut se soigner ?
Il finit quand même par sourire et m’dire :
Commencez par vous taire et tout écrire.
Et avec ça ?
Quatre-vingt dix euros, cher monsieur,
En chèque ou en CB.
Même pas sûr que la sécu me rembourse…
À ce prix-là, je n’avais plus qu’à m’y coller.
Là, j’avoue qu’au début c’était pas beau,
Des ramettes de papier et des stylos
J’en ai consommé plus qu’il n’en faut.
Mais petit à petit j’ai trouvé mon flow.
Surtout les soirs d’apéros entre potos,
Pourtant, au début je les ai pas crus.
Ils m’disaient trouver mes textes beaux.
Moi, je me disais ils ont juste trop bu.
J’parle pas de mes mots sur le papier,
Mais bien d’mes potes de ces soirées.
Eux m’voyaient déjà poète ou auteur,
J’repensais au doc et à son imposteur.
Mais j’voulais surtout pas r’payer 90 euros.
J’ai fini par m’lancer, poster sur les réseaux.
Aujourd’hui, j’sais pas s’ils avaient tort.
D’imposteur, j’suis d’venu, en vrai, un posteur.
PascalN — Auteur
Le contemplateur éphémère ©
« Chroniques d’un pas de côté »
Note de l’auteur : Pascal Nicod, alias « PascalN — Auteur Le contemplateur éphémère », est l’unique propriétaire et auteur de ce texte « humanuscrit », ainsi que de tous les droits connexes. Il n’en autorise pas l’utilisation sous quelque forme que ce soit, sans accord préalablement écrit et signé par lui-même, ou via la notice de transparence qui accompagne ce texte sur le réseau Panodyssey. Les IA du logiciel Antidote et de ChatGPT ont été utilisées uniquement à des fins de correction orthographique, grammaticale et typologique.
Crédit photo : Gratisography sur Pexels
Ici écrit PascalN — auteur Le contemplateur éphémère. J’observe les humains, le monde, la vie… et même les machines. Mais contempler ne signifie pas consentir à être dévoré.
Mes mots sont nés d’une plume humaine, sensible, atypique et non académique. Vous pouvez les lire, peut-être même les méditer — mais pour vous en nourrir, il faudra montrer patte blanche… et obtenir mon accord.
Moralité : le contemplateur est éphémère, ses droits ne le sont pas.
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