Atelier d’écriture de La Roseraie de Provins Vendredi 4 septembre 2026
Comme chaque premier vendredi du mois, j’ai retrouvé mes « Plumes » à La Roseraie de Provins pour deux heures de créativité à jouer avec les mots. La douce atmosphère de cette chaude fin d’été était propice aux songes et à la réflexion. Voici le résultat de l’un des exercices que je leur ai proposés.
La consigne du jour
Les trois phrases
Chaque participant écrit trois phrases sur un événement banal du jardin (une abeille qui se pose, une chaise qui grince,) mais avec un ressort dramatique. Façon feuilleton, tragédie grecque, polar…
Ensuite, l’animateur ramasse les feuilles et les redistribue au hasard, une à chaque écrivant. Chacun doit alors continuer l’histoire d’un autre, en gardant si possible le même ton.
Les textes proposés
La pigeonne cascadeuse
Passionnée par son atelier d’écriture, la pigeonne a totalement oublié ses petits affamés dans le nid. Elle décolle fissa et dans son élan s’assomme sur le carreau de la fenêtre. Dans le nid, plus de petits ; ils en ont profité pour aller explorer le monde, mais oublié que le chat rôde.

La pigeonne, reprenant ses esprits malgré la douleur, revient dans son nid. Quelle horreur ! Ses deux petits ont disparu. Au loin, elle aperçoit un chat roux qui est en position d’attaque. Oh non ! elle entend ses enfants terrorisés, tout près du félin.
La pigeonne calme son angoisse et se rue, bec en avant, sur le dos du chat. Ce dernier, surpris, se détourne des petits mais, en se retournant d’un bon, attrape la pigeonne dans sa gueule et la croque délicieusement.
On ne saura jamais ce que sont devenus les deux petits imprudents.
Patricia et Marie-Ange
Un chat bien imprudent…
Le soleil est très chaud, haut dans le ciel d’un bleu pur et le petit lézard en profite pour sortir de son trou.
Le chat de la maison se met en position de chasse et d’un coup de dent lui brise sa queue.
Un hurlement silencieux aux oreilles des humains s’échappe du pauvre petit lézard qui s’enfuit. Le chat, déçu, revient vers la table où se trouvent les invités et reçoit par mégarde le contenu brûlant d’une tasse de café.
La maladroite, qui a renversé son café brûlant, s’est également brûlée et fait échapper un cri de douleur.

— Tu peux bien crier gourdasse, mais tu n’as à t’en prendre qu’à toi-même ! Moi, en revanche, je n’ai rien demandé.
Le chat marque sa mauvaise humeur et sa douleur par un coup de patte rageur qui bouscule la maladroite Gertrude. Déséquilibrée, elle trébuche et tombe dans le bassin de ciment dont l’eau croupissante n’est pas appétissante. Le père de Gertrude veut réprimander le chat qui, voulant éviter la correction, manque la branche sur laquelle il voulait se réfugier et tombe dans le bassin. C’est alors que retentit un grand rire silencieux, celui du lézard qui, tapi sous sa pierre, n’a pas manqué une seule miette de cette cocasse scène.
Marie-Ange et Bernard
Massacre à la tronçonneuse
La tronçonneuse attaque la base du chêne dans le parc. L’exercice est périlleux, car il faut viser juste. Tout à coup, un craquement sinistre se fait entendre.
Le tronc vacille, tangue et, comme au ralenti, avec une lenteur effrayante, s’effondre, s’étend de tout son long au creux de la Roseraie endormie. C’est au moment où il tombe sur le sol dans un fracas terrible que toute une famille d’écureuils se retrouve expulsée, défenestrée d’un trou rustique aménagé dans le haut de ce chêne quasi centenaire. La petite famille, désolée, regarde le géant terrassé et pleure sa maison dévastée. Voilà une triste fin d’été. Mais pas le temps de se lamenter : la tronçonneuse repart de plus belle pour son carnage raisonné
Bernard et Corinne

« Et rose elle a vécu ce que vivent les roses… »
Il est pourtant grand et fier, grimpant le long du treillis. Mais, hélas, le temps passe pour tous et sous la terrible faux de la mort, un pétale, puis deux, puis trois s’arrachent à lui et tombent piteusement à terre. Le pistil mis à nu hurle sa mortalité aux yeux des passants, leur rappelant leur propre finitude.

Les vagues de chaleur successives ont eu raison de ses belles couleurs. Les soins du jardinier n’y ont rien fait. Il connaît pourtant bien les plantes et les soins qu’elles réclament ? Mais le changement climatique est à l’œuvre. Des espèces disparaîtront de nos régions et, avec elles, toute la biodiversité à laquelle nous sommes attachés.
Corinne et Patricia
Et si vous veniez écrire avec nous ?
Si cela vous tente aussi, à La Roseraie ou ailleurs, n’hésitez pas à rejoindre l’un des ateliers d’écriture que j’ai le plaisir d’animer, en ligne ou en présentiel, en Seine-et-Marne ou ailleurs.
Retrouvez toutes les informations sur mes ateliers en suivant ce lien.
Je peux également organiser une activité ponctuelle ou récurrente pour répondre spécifiquement à vos besoins.
Crédits photos : BZ - Tushar Kadam Pexels - Cagri Besli pexels - Nothoing Ahead Ian Panelo Pexels
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