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L’appartement traversant
Fiction
Horreur
calendar Publié le 19 juil. 2026
calendar Mis à jour le 19 juil. 2026
time 21 min
Jackie H verified
Jackie H il y a 10 heures

Une nouvelle qui pose la question de la transparence totale, de la visibilité totale, de l'intimité, de notre besoin de nous cacher, de nous protéger (commun à toute la nature en fait). Si toute menace disparaissait, l'opacité aurait-elle encore un sens ? La peur peut-elle subsister si elle devient sans objet ? Et si elle pouvait le devenir, la transparence totale ne deviendrait-elle pas un soulagement ? Pouvons-nous imaginer vivre sans menace, sans danger, sans jugement, sans condamnation, sans honte, sans gêne ? Pouvons-nous nous imaginer vivre constamment sous le regard d'autrui parce que finalement, nous n'aurions rien à cacher et qu'autrui ne nous regarderait qu'avec intérêt et bienveillance ?...

Anaïs n'est-elle pas, au fond, l'incarnation d'une peur qui disparaît parce qu'elle perd sa raison d'être ?

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L’appartement traversant

L'agent immobilier insista particulièrement sur ce point quand il nous fit visiter l'appartement pour la première fois, un large sourire professionnel aux lèvres. Il répéta le mot comme si c'était un argument magique destiné à dissiper tous nos doutes sur le prix qui dépassait largement notre budget et sur les charges que nous n'avions pas encore osé calculer.

« Traversant, vous comprenez, la lumière du matin côté est, celle du soir côté ouest, une ventilation naturelle parfaite, aucun vis-à-vis oppressant. »

Il ouvrit grand les bras pour englober l'espace baigné de soleil qui semblait effectivement remarquable pour un appartement de cette taille. Un geste théâtral et sincère à la fois, celui d'un homme convaincu de vendre quelque chose de beau.


Je regardai Anaïs qui se tenait déjà près de la fenêtre donnant sur la cour intérieure, son visage tourné vers la lumière avec cette expression de contentement que je ne lui avais pas vue depuis des mois, depuis avant notre installation dans l'appartement du sous-sol dont les fenêtres ne recevaient jamais le soleil direct, seulement des reflets pâles et indirects qui rendaient la lumière artificielle.

Nous cherchions depuis si longtemps un endroit où recommencer, un espace qui nous permettrait de respirer différemment, que je n'eus pas le cœur de soulever mes réserves.


Nous avons signé le bail une semaine plus tard et avons emménagé début septembre dans cet appartement du cinquième étage qui donnait d'un côté sur la rue animée et de l'autre sur une cour paisible plantée d'un vieux marronnier dont les feuilles commençaient tout juste à jaunir.

Les fenêtres étaient larges et hautes, équipées de doubles vitrages modernes qui laissaient passer une lumière généreuse tout en filtrant le bruit de la ville, et le salon s'étendait sur toute la longueur de l'appartement avec ses deux grandes fenêtres opposées qui créaient exactement cette sensation de traversée, d'espace parcouru, que l'agent nous avait promise. La chambre possédait ses ouvertures symétriques, même la salle de bain bénéficiait d'une fenêtre étroite donnant sur un puits de lumière que les voisins du dessous avaient agrémenté de géraniums rouges.


Les premiers jours furent exactement ce que nous avions espéré. Nous nous réveillions avec le soleil qui entrait doucement par la fenêtre de la chambre, nous prenions nos cafés dans le salon inondé de clarté matinale, et le soir nous regardions le ciel se coucher derrière les toits en face dans une lumière qui virait lentement à l'orange puis au violet.

Anaïs disait que c'était comme vivre dans une bulle de lumière, que pour la première fois elle ne se sentait pas écrasée par les murs, et je voyais dans ses yeux cette joie simple et désarmée qui me rappelait pourquoi je l'aimais, pourquoi nous avions tenu malgré les deux dernières années difficiles. Mais je ne me rendis pas compte tout de suite que quelque chose avait changé.


Un matin d'octobre, en me rasant dans la salle de bain, je remarquai que la fenêtre semblait un peu plus grande que dans mon souvenir. Elle descendait maintenant presque jusqu'au niveau du lavabo alors que j'aurais juré qu'elle s'arrêtait bien au-dessus, laissant un mur de trente ou quarante centimètres en-dessous. Peut-être ma mémoire me jouait-elle des tours, peut-être n'avais-je jamais vraiment prêté attention aux proportions exactes de cette petite pièce, et je n'y pensai plus jusqu'à ce qu'Anaïs mentionne quelques jours plus tard que les fenêtres du salon semblaient laisser passer encore plus de lumière qu'au début.

« Tu ne trouves pas que c'est bizarre ? » me demanda-t-elle un soir alors que nous dînions face à la fenêtre ouest où le soleil couchant nous éblouissait presque, obligeant Anaïs à plisser les yeux et à déplacer sa chaise légèrement de côté. « J'ai l'impression que les fenêtres ont grandi. »

Je regardai les grandes baies vitrées qui occupaient effectivement une large portion du mur, mais je ne pouvais pas dire avec certitude si elles étaient différentes de ce qu'elles avaient été à notre arrivée.

« C'est juste que tu t'habitues à la lumière, » dis-je en me levant pour aller chercher les rideaux que nous n'avions pas encore accrochés, « avant on vivait dans une cave, alors maintenant tout te semble trop lumineux. »

Elle acquiesça sans conviction et nous n'en parlâmes plus ce soir-là, mais je commençai à observer les fenêtres avec plus d'attention les jours suivants. Il me sembla effectivement qu'elles changeaient de façon imperceptible, que chaque matin elles étaient un tout petit peu plus grandes que la veille, ou était-ce les murs qui les encadraient qui rétrécissaient progressivement, comme si la structure même de l'appartement se transformait pour laisser toujours plus de place au verre, toujours moins d'espace au plâtre, à l'opacité, au silence.


Je pris des photos avec mon téléphone pour comparer d'un jour à l'autre. Je mesurai même les dimensions avec un mètre ruban que je notai soigneusement dans un carnet, les chiffres rangés en colonnes sous les dates, et ces chiffres restaient obstinément les mêmes d'une semaine à l'autre. Les photos ne montraient aucune différence visible. Pourtant la sensation persistait, cette impression troublante que l'appartement devenait de plus en plus transparent et que les frontières entre l'intérieur et l'extérieur s'amenuisaient sans que je puisse en fournir la moindre preuve.


Anaïs commença à se plaindre qu'elle ne se sentait plus chez elle, qu'elle avait constamment l'impression d'être observée depuis les immeubles d'en face ou depuis les fenêtres qui donnaient sur la cour intérieure. Elle fermait les rideaux de plus en plus tôt dans la journée, parfois dès le milieu de l'après-midi quand la lumière était encore forte, et je la trouvais souvent assise dans le couloir qui était le seul endroit de l'appartement sans fenêtre, recroquevillée contre le mur peint en blanc cassé avec son ordinateur sur les genoux et ses écouteurs vissés sur les oreilles comme pour s'isoler d'un bruit que moi je n'entendais pas.

« Je ne peux plus travailler dans le salon, » m'expliqua-t-elle quand je lui demandai pourquoi elle s'installait dans ce passage étroit et sans charme alors qu'elle avait un bureau dans la pièce du fond. « J'ai l'impression que tous les voisins peuvent voir mon écran, lire ce que j'écris, voir ce que je regarde. Je sens leurs regards même quand les rideaux sont fermés, comme si le tissu ne suffisait plus à rien. »

Je tentai de la rassurer en lui disant qu'aucun voisin ne pouvait voir à l'intérieur depuis cette distance, que les doubles vitrages réfléchissaient la lumière extérieure et rendaient l'intérieur invisible de la rue, mais elle secouait la tête avec cette expression butée et lointaine qui signifiait qu'elle ne me croyait pas, ou plutôt qu'elle croyait à quelque chose d'autre, quelque chose que je ne parvenais pas à percevoir.

La nuit, elle se réveillait de plus en plus souvent en sursaut, se précipitait pour vérifier que les rideaux étaient bien fermés sur chacune des fenêtres du salon et de la chambre, passant sa main le long des bords pour s'assurer qu'il ne restait aucune fente. Elle répétait qu'elle sentait des regards posés sur elle même dans le noir, que les fenêtres la scrutaient comme des yeux géants qui ne clignaient jamais, qui attendaient qu'elle baisse sa garde.


Un matin de novembre je me réveillai et découvris qu'elle avait scotché des draps sur toutes les fenêtres pendant que je dormais, l'appartement était plongé dans une pénombre épaisse et étrange qui donnait aux pièces des proportions que je ne reconnaissais plus, des volumes déformés par l'absence de lumière naturelle.

« Je ne peux plus supporter ça, » dit-elle simplement quand je lui demandai pourquoi, sa voix plate et déterminée, le regard fixé sur le tissu blanc qui occultait le salon. « Toute cette exposition. C'est insupportable. »

J'arrachai les draps en lui disant qu'elle exagérait, que nous avions déménagé ici précisément pour avoir de la lumière après des années dans l'obscurité, et que maintenant elle voulait recréer la même cave dont nous nous étions enfuis.

Nous nous disputâmes violemment pour la première fois depuis des mois, nos voix qui résonnaient contre les grandes surfaces vitrées en une acoustique particulière, amplifiées et renvoyées comme si l'appartement lui-même participait à l'échange, et je vis dans ses yeux quelque chose qui ressemblait à de la peur pure, une peur qui n'avait rien à voir avec notre querelle.

« Tu ne vois vraiment pas ? » cria-t-elle en désignant les fenêtres du salon. « Tu ne vois pas qu'il ne reste presque plus de murs ? »

Je regardai les fenêtres et effectivement il me sembla qu'elles occupaient maintenant presque toute la surface des murs, qu'il ne restait que de fines bandes de plâtre blanc entre le sol et le plafond pour encadrer ces immenses surfaces de verre. Mais c'était impossible, les fenêtres ne pouvaient pas grandir toutes seules, et pourtant je ne pouvais pas tout à fait nier ce que mes yeux me montraient, cette sensation physique d'être dans un espace qui se faisait avaler par sa propre transparence.

« Peut-être que nous devrions déménager, » murmurai-je en détournant le regard vers le parquet, vers quelque chose de solide et d'opaque. « Chercher un autre endroit. »

Anaïs secoua la tête lentement.

« Regarde la porte d'entrée. »


Je me retournai. La porte d'entrée, qui était normalement un panneau de bois plein avec son judas métallique, était maintenant équipée d'une grande vitre qui occupait les trois quarts de sa surface. Je pouvais voir le couloir de l'immeuble à travers elle, les portes des voisins d'en face, et la cage d'escalier qui montait vers les étages supérieurs dans la lumière jaune des néons. Je n'avais aucun souvenir d'avoir vu des ouvriers changer la porte, aucun souvenir d'une quelconque intervention dans l'appartement, et pourtant elle était là avec son verre transparent qui nous exposait au couloir.

Un voisin passa en rentrant du travail, nous aperçut à travers la vitre, nous fit un signe de la main naturel et désarmant comme si c'était la chose la plus normale du monde, puis déverrouilla sa propre porte avant d'entrer. Sa porte elle aussi entièrement vitrée.


Les jours suivants confirmèrent ce que je refusais encore d'accepter: l'appartement se transformait effectivement en cage de verre, et ce n'était plus une impression vague mais un fait observable d'une journée à l'autre, quelque chose que je pouvais presque voir se produire si je regardais les murs assez longtemps, assez patiemment. Les fenêtres grandissaient jusqu'à se rejoindre au plafond et au sol, les cloisons entre les pièces devenaient de plus en plus fines et translucides. Même les placards développaient des portes vitrées qui laissaient voir nos vêtements pliés, nos affaires personnelles rangées par couleur, par saison, sans aucun secret possible.

Anaïs ne sortait plus de la salle de bain qui était devenue son refuge, la seule pièce où elle pouvait encore fermer une porte dont le bois restait pour l'instant opaque, même si la fenêtre qui donnait sur le puits de lumière avait elle aussi grandi démesurément et que les géraniums rouges des voisins du dessous lui faisaient maintenant face à hauteur d'yeux. Je l'entendais murmurer derrière la porte des mots qui n'avaient pas de sens, ou qui en avaient trop.

J'essayai d'appeler le propriétaire pour lui signaler ce qui se passait mais ma voix sonnait ridicule même à mes propres oreilles, comment pouvais-je expliquer que les fenêtres grandissaient toutes seules sans passer pour quelqu'un qui avait besoin d'une aide d'une autre nature, et je raccrochai avant qu'il ne décroche, restai assis dans le salon devenu presque entièrement vitré à regarder les passants dans la rue qui levaient maintenant la tête vers notre appartement avec une curiosité tranquille, comme on regarderait une installation artistique dans une galerie, quelque chose de beau et de légèrement incompréhensible.


Une nuit je ne dormis pas vraiment, je restai allongé dans notre lit à fixer les grandes baies vitrées qui laissaient entrer la lumière des réverbères et celle des fenêtres illuminées dans les immeubles d'en face, une lumière orangée et diffuse qui rendait les ombres molles et indécises. Je voyais des silhouettes se déplacer derrière les vitres opposées, des gens qui vivaient leurs vies dans ce qu'ils croyaient être l'intimité de leurs appartements sans savoir que je pouvais tout percevoir de là où j'étais, leurs déplacements, leurs gestes quotidiens, la familiarité de leurs corps dans leurs espaces privés. Et je me demandais si eux aussi pouvaient nous voir, si quelqu'un quelque part était allongé dans son propre lit à regarder notre appartement lumineux et transparent en essayant de déchiffrer ce qu'il y voyait.


Un matin je me réveillai et découvris qu'Anaïs avait disparu. Elle n'avait pas laissé de mot, pas de message sur son téléphone que j'appelai aussitôt et qui sonna quelque part dans l'appartement, dans la chambre, dans le sac qu'elle avait oublié ou décidé de ne pas prendre. Ses affaires étaient là pour la plupart, ses livres, ses vêtements, les objets auxquels elle tenait. Seulement elle n'était plus là, et cette absence avait cette qualité particulière des absences qui ne ressemblent pas à un départ.


Je restai longtemps assis à la table de la cuisine à regarder devant moi. Dehors les passants levaient parfois les yeux vers notre appartement avec cette curiosité tranquille que j'avais commencé à reconnaître. Je ne savais pas quoi faire de ses affaires, ni de son téléphone qui avait fini par s'éteindre faute de charge, ni de sa tasse encore dans l'égouttoir. Je ne savais pas quoi faire de moi-même dans cet espace qui était devenu entièrement transparent et dans lequel j'étais maintenant seul, parfaitement visible, parfaitement là.

Les murs étaient devenus entièrement vitrés. Il n'y avait plus de plâtre, plus de cloisons opaques, plus aucune surface qui ne fût pas du verre, et l'appartement était devenu exactement ce que l'agent immobilier avait vanté avec tant d'enthousiasme, un espace parfaitement traversant où la lumière circulait sans obstacle d'un bout à l'autre, d'un côté à l'autre, du sol au plafond.

Je pouvais voir la rue d'un côté et la cour de l'autre sans même tourner la tête. Je pouvais contempler le ciel dans toutes les directions. Je vivais dans une bulle de verre suspendue au cinquième étage au-dessus de la ville qui continuait de s'agiter en-dessous sans me voir vraiment, ou peut-être en me voyant trop.


Les voisins d'en face me regardaient maintenant ouvertement, certains avaient installé des chaises près de leurs fenêtres pour mieux observer, d'autres pointaient en direction de mon appartement en discutant avec leurs proches, et dans la cour en bas des gens s'arrêtaient pour lever les yeux vers cet appartement étrange qui ressemblait à une cage de verre accrochée à la façade. Ils prenaient des photos avec leurs téléphones et discutaient entre eux en désignant les différentes pièces où je me déplaçais, visiblement, irrévocablement, comme un poisson dans son bocal qui ne connaîtrait jamais les bords de sa propre transparence.


Je m'assis dans le salon qui n'était plus vraiment un salon, juste un espace délimité par du verre sur lequel la lumière jouait de façon différente selon les heures et selon la météo, et je regardai les gens me regarder. Il y avait dans cet échange quelque chose de presque apaisant, une symétrie que je n'avais pas anticipée, la sensation que pour la première fois depuis longtemps je n'avais plus rien à cacher ni rien à protéger.

La lumière était effectivement parfaite, exactement comme l'agent immobilier l'avait promis. Elle entrait de partout, baignait chaque recoin, ne laissait aucune ombre où se cacher. Je vivais dans la transparence absolue, dans l'exposition totale, et je découvrais avec stupeur que c'était moins insupportable que ce que j'aurais cru, que la peur avait une durée, qu'après un certain seuil quelque chose cédait en soi et qu'on devenait simplement visible, simplement là. Je découvrais, avec une sorte de résignation paisible, que les yeux fermés la chaleur du soleil était finalement apaisante, même avec le poids des regards. Peut-être aussi, et c'est la pensée qui m'effrayait le plus quand je la laissais affleurer, peut-être que j'avais commencé à aimer ça.


Les jours passèrent dans quelque chose qui ressemblait à une routine, même si le mot me semblait excessif pour décrire ce que je faisais, qui était surtout rester là, me déplacer d'une pièce à l'autre, manger, et regarder la rue depuis le salon devenu entièrement transparent. Des gens levaient les yeux vers l'appartement depuis le trottoir. Certains s'arrêtaient. Certains prenaient des photos.

Je savais que je devais partir. Je le savais avec une clarté qui ne se transformait pas en action. Même fermer les yeux ne m'apportait plus tout à fait l'obscurité que j'avais connue. Mais quelque chose me retenait, quelque chose qui n'était pas de la résignation et pas non plus du confort, plutôt une inertie, l'inertie de celui qui a cessé de distinguer ce qui est perdu de ce qui reste.


Un soir, alors que la lumière déclinait sur les toits en face et que l'appartement devenait pour quelques minutes un jeu de reflets, d'ombres et de surfaces, je crus voir quelque chose bouger dans l'immeuble d'en face. Une fenêtre qui elle aussi occupait tout le mur. Un homme assis derrière. Il ne regardait pas dans ma direction, ou peut-être que si, il était difficile de savoir à cette distance, dans cette lumière. Je restai immobile jusqu'à ce que l'obscurité efface les façades et ne laisse plus que les rectangles lumineux des appartements allumés.

Les fenêtres continuaient à grandir. Je ne savais plus si je dormais encore dans un lit ou simplement dans la lumière. Bientôt il ne resterait plus rien d'autre que le vide et la lumière, et moi au milieu, parfaitement transparent.



Photo : Jean-Paul Wettstein @ Pexels.

Commentaires (3)

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Jackie H verif

Jackie H il y a 10 heures

Une nouvelle qui pose la question de la transparence totale, de la visibilité totale, de l'intimité, de notre besoin de nous cacher, de nous protéger (commun à toute la nature en fait). Si toute menace disparaissait, l'opacité aurait-elle encore un sens ? La peur peut-elle subsister si elle devient sans objet ? Et si elle pouvait le devenir, la transparence totale ne deviendrait-elle pas un soulagement ? Pouvons-nous imaginer vivre sans menace, sans danger, sans jugement, sans condamnation, sans honte, sans gêne ? Pouvons-nous nous imaginer vivre constamment sous le regard d'autrui parce que finalement, nous n'aurions rien à cacher et qu'autrui ne nous regarderait qu'avec intérêt et bienveillance ?...

Anaïs n'est-elle pas, au fond, l'incarnation d'une peur qui disparaît parce qu'elle perd sa raison d'être ?

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E C Wallas verif

E C Wallas il y a 6 heures

Je pense que vous avez parfaitement résumé mon cheminement de pensée qui m’a conduit à écrire cette nouvelle.

De toute façon je suis convaincu que nous pourrions faire un recueil de vos commentaires, toujours à lire entre les lignes.

Et mention spéciale pour cette question qui m’a profondément marqué pour une raison que je ne m’explique pas : « La peur peut-elle subsister si elle devient sans objet ? »

PascalN verif

Pascaln il y a 14 heures

En toute transparence... je dis : mais quelle aventure de dingue, très bien menée comme souvent dans tes récits Wallas, mais pas que...
Peut-être pour la première fois en te lisant, je vois aussi un message, un appel peut-être à l'humanité, à la société à retrouver sa propre transparence d'être légitimement sans se cacher constamment derrière des dictats extérieurs du qu'en dira-t-on. Et ça, j'adore profondément. Car je ne peux pas me positionner en tant qu'humaniste hyper-sensible sans souligner ce reseenti.
Je ne sais pas si mon commentaire est clair, comme tu le dis parfaitement il n'est pas simple de transcrire à l'écrit des sensations, des émotions, toutes ses "choses" qui nous font être.
Un très bon moment de lecture avec une chute qui me marque.
Enfin, cela-dit j'aurai aimé savoir ce qu'est devenue Anaï ? A-t-elle simplement fui cette possibilité offerte de totale transparence, préférant le mode de vie rassurant de vivre cachée comme le commun des mortels ?
Merci Wallas.

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E C Wallas verif

E C Wallas il y a 6 heures

Nous vivons une période très intense et extrement intéressante du point de vue de la transparence et ce dans tous les sujets de la vie, même les plus anodins.
Il y a cette dichotomie (rah que j’adore ce mot) entre être vu et exister, et être caché et inconnu. Sauf si être vu devient si commun que l’on disparaît sans attirer l’attention, noyé dans la masse, et que l’absence de visibilité nous mette sur le devant des projecteurs par curiosité mal placée.

La preuve, vous ne savez pas ce que devient Anaïs, et vous êtes curieux de le savoir. Pourtant, qu’advient-il vraiment du protagoniste ?

Au fond, préféreriez-vous être Anaïs ou le protagoniste ?

Et la lumière fut.
Vos descriptifs sont beaux, très visuels, travaillés. Ils font surgir une belle ambiance. C'était un plaisir de lire votre nouvelle.

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E C Wallas verif

E C Wallas il y a 1 jour

Merci pour votre retour, je suis toujours ravi de lire que j’arrive à retransmettre l’ambiance. Il y a forcément les plans et les images dans la tête, après mettre le tout par écrit, ça… !

Que oui ! C'est l'ambiance qui compte. Mais ces espaces de lumière étaient très beaux aussi. J'ai eu une pensée à Paul Auster — détails et lenteur de description.

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