Les gameuses et le talisman de Gunryyck
Les gameuses et le talisman de Gunryyck
Les gameuses et le talisman de Gunryyck
| Avertissement : Cette nouvelle dénonce les violences citées. Elle est destinée à un lectorat averti et capable de comprendre le message véhiculé par la fiction. En poursuivant la lecture, vous prenez conscience que le texte qui va suivre contient des passages de nudité, de sexe et de violences sexuelles, physiques et numériques. |
Les gameuses et le talisman de Gunryyck
Le cliquetis était épouvantable. C’était un bruit ininterrompu, semblable à une multitude de pattes griffues se frayant un chemin sans fin sur du carrelage. Pourtant, personne ne bougeait dans l’appartement. Assise à son bureau, casque vissé sur la tête, Line martelait le clavier comme si sa vie en dépendait, ce qui, virtuellement, était le cas. Les doigts de sa main gauche allaient et venaient avec frénésie sur le Z, le S, le D et le Q. Parfois, ils filaient sur une touche de fonction ou la barre espace. De la main droite, elle secouait en tous sens sa souris, cliquant à droite, à gauche, utilisant d’autres boutons fonctionnels. Le tapis encaissait les frottements sans rien dire. Spécialement conçu pour optimiser le signal laser, il encourageait la glisse pour que Line puisse faire mouche à chacun de ses mouvements. Ce qui était le cas. Devant elle, l’écran de l’ordinateur scintillait sous les coups qu’elle donnait sans relâche. Des effets sonores résonnaient dans son casque tandis que des raies lumineuses accompagnaient le sillage de ses armes. Elle fendait, embrochait et, entre deux coups d’épée, balançait un sortilège puissant et destructeur. Face à Grafika, robe fendue sur des jambes interminables, l’un des boss du clan des Fucking Ghosts n’en menait pas large. Il encaissait les coups tout en s’évertuant à en placer un. Sans succès. Grafika maniait ses deux lames avec une précision chirurgicale et la jauge de vie du Matador descendait inexorablement. Soudain, l’homme en cape rouge se réfugia derrière ses sbires et, pendant qu’ils tombaient sous une pluie de météores, lui-même préparait le sortilège ultime. Ce même sort de sang qui avait dévasté des légions entières en quelques minutes d’agonies. Ce qu’il ne savait pas, aveuglé par l’idée de détruire Grafika et de se voir faire des selfies douteux sur le cadavre numérique de la jeune femme, c’est qu’elle n’était pas seule. Derrière son propre écran, l’ordinateur branché en réseau avec celui de Line, Betsy attendait le moment décisif. Sourire aux lèvres, elle avait déjà préparé ses touches. Sur son écran, elle observait Grafika et le Matador, attendant le moment précis où il lancerait son sortilège majeur. Son personnage, Undómiel, une elfe des havres pourpres, était la seule capable de briser les mots noirs.
Le Matador lisait son obscur grimoire. Lui seul en était capable dans son clan. Les mots, tracés en langue noire de Skull, changeaient de place sur les parchemins reliés par un nerf de Gunträk. C’est ce qu’attendait Undómiel. Concentrée sur les mots interdits, elle distingua les incantations au milieu des bruits métalliques des armes et des cris des mourants. Elle leva son sceptre d’Anktab et prononça le rituel d’Estallís. Une lumière éblouissante s’empara du champ d’honneur souillé par le sang dégoulinant des membres arrachés. Le Matador vociféra en langue morte et égorgea deux de ses protecteurs pour invoquer l’encre démoniaque. Peine perdue. Undómiel sauta avec la grâce propre à son peuple et retomba à côté de Grafika. Toutes les deux esquissèrent un sourire numérique avant de se jeter sur les derniers gardes du Matador. Leurs yeux violets leur permettaient de voir ce que nul autre ne pouvait observer dans la blancheur pure de la lumière d’Estallís. Le Matador sentit leur présence plus qu’il ne les vit. Il s’entailla une main, attrapa un talisman dissimulé sous sa tunique, et appuya sur l’artefact en prononçant le nom du sorcier déchu.
— Gunryyck r’lek nuur kaban !
La violence avec laquelle les deux sortilèges majeurs se percutèrent fit grésiller les enceintes des ordinateurs de Line et Betsy. Le son s'amplifia et devint épouvantable. Un grésillement suspect s’éleva de l’intérieur des tours et soudain, dans la chambre surchauffée
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