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L'agrobate roux : un bel oiseau qui disparaît et dont vous ignoriez son existence

L'agrobate roux : un bel oiseau qui disparaît et dont vous ignoriez son existence

Publié le 21 déc. 2021 Mis à jour le 21 déc. 2021
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L'agrobate roux : un bel oiseau qui disparaît et dont vous ignoriez son existence

Les scientifiques s’inquiètent du déclin de la population de passereaux dans nos ciels. 421 millions d’oiseaux ont disparu en moins de 30 ans en Europe. Les ornithologues estiment qu’une espèce sur huit est menacée à l’échelle planétaire, comme l’agrobate roux au sud de la péninsule ibérique.

L'agrobate roux rappelle le rossignol philomèle, par sa taille, sa silhouette et sa nature furtive. Il s'en distingue toutefois par son large sourcil blanchâtre, sa couleur sable et son poitrail plus clair. Son caractère le plus remarquable est par sa queue rousse souvent relevée et étalée, laissant apparaître une extrémité blanche avec une bande noire. Ce passereau mesure près de 15 centimètres de longueur et ne pèse qu'une vingtaine de grammes. Il se nourrit d’insectes, d’araignées et de vers de terre qu’il capture au sol. Il vit essentiellement en Espagne, plus particulièrement dans l’ouest de l’Andalousie et de l’Estrémadure, en Afrique du Nord et au sud du Moyen-Orient. 

Une situation alarmante

Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Selon l’institut Wordwacth, beaucoup de populations d’oiseaux déclinent actuellement dans le monde. Plus de mille espèces seront en voie d’extinction dans le siècle à venir.  La principale raison évoquée est la destruction de l’habitat sans oublier en outre la chasse excessive, le changement climatique.

Le dernier recensement de l’espèce de l’agrobate roux confirme la forte chute de sa population avec une diminution de près de 95 %.

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a classé ce passereau  « en danger d’extinction », aux côtés d’autres espèces les plus menacées, comme le lynx ibérique et l’aigle impérial. Les principales causes de son déclin proviennent de l’abandon des cultures traditionnelles dans les campagnes, l’utilisation d’herbicides et d’insecticides pour la culture intensive.  

Un paysage qui se transforme

L’Espagne est le principal producteur d'huile d'olive au monde avec une part de marché d'environ 40% représentant plus de un million de litres d'huile d'olive produite chaque année. Près de 1 400 000 ha d’oliviers, soit 33% de la surface cultivée au monde, forment ce paysage si particulier. Au XXe siècle, la  révolution technologique  a contribué à étendre sa surface cultivée. Entre 2006 et 2017, l'oliveraie de Badajoz, par exemple, a augmenté de près de 25%.  Les cultures intensives irriguées se développent à un rythme plus rapide de 67% contre 9% pour cent des plantations traditionnelles. 

Autrefois, les oliveraies étaient entrecoupées de champs de céréales et de vignes. Elles abritaient une biodiversité abondante et riche, avec de nombreux insectes, tels que les sauterelles et les grillons. Les agrobates aimaient se nicher dans ces bosquets des petites parcelles composée d’une végétation herbacée foisonnante et bordée de broussailles. 

Aujourd’hui, la diminution de ces oliveraies traditionnelles, partagées avec le vignoble et les céréales pluviaux  ont provoqué la disparition de ce passereau des champs, et des espèces associées à cette culture spécifique. Ces arbres en rangées serrées,  taillés à la mesure des machines ne laissent aucune place aux plantes sauvages ce qui a fini par expulser ces oiseaux de leurs territoires. Et ce n'est pas la seule cause de leur disparition.

Les spécialistes ont également constaté les dangers du système dit de fertigation, par lequel des engrais chimiques sont ajoutés à l’eau d’irrigation. Ce système, largement utilisé dans les oliveraies intensives, est un piège mortel pour les oiseaux qui boivent des compte-gouttes ou dans les petites flaques d’eau.

La disparition des oiseaux est très variable suivant les espèces. En France, près de 30% des passereaux sont aujourd’hui menacés, soit une espèce sur trois. La population de l’alouette des champs a diminué de 35% en l’espace d’un peu plus de vingt ans et celle des perdrix de 80 à 90%.

A ce rythme là, nos campagnes finiront-elles par devenir silencieuses ?

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