La chambre ouverte (9)
Chapitre 9 : La chambre ouverte

La journée s’était écoulée sans heurt apparent.
Chacun vaquait à ses occupations, comme pour se convaincre que tout allait encore tenir debout.
Le soir venu, Zenko préparait le repas. Les gestes étaient mécaniques, presque rassurants. Mais en posant les assiettes sur la table, quelque chose le frappa.
— Airi n’est pas encore rentré…
Le silence tomba aussitôt.
Kazu releva la tête.
— Ce matin déjà, il n’était pas là au petit déjeuner. Tu l’aurais croisé dans la journée ?
Oniji secoua lentement la tête.
— Non. Je suis resté dans ma chambre. J’avais besoin d’être seul.
Zenko fronça les sourcils.
— Je vais aller frapper à sa porte.
Il se leva et quitta la pièce. Le couloir lui sembla plus long que d’habitude.
La porte de la chambre d’Airi était entrouverte.
— Airi ? appela-t-il doucement.
Aucune réponse.
Il entra.
La pièce était vide. Trop vide.
Plus de sac, plus de vêtements. Seulement le bureau, face au poster du groupe.
Sur celui-ci, un mot griffonné au crayon attira son regard :
« Dissolution »
Zenko sentit son estomac se nouer. Il remarqua la poubelle, à moitié pleine. Des feuilles chiffonnées en dépassaient.
Il hésita, puis les sortit une à une, les dépliant avec précaution. Des phrases raturées. Des mots répétés. Des traces de colère.
Jusqu’à tomber sur une page où une phrase avait été entourée avec insistance :
« Je vais te retrouver. »
Il comprit.
Zenko ressortit en trombe et revint dans le salon, le visage livide.
— Il est parti.
Oniji se leva d’un bond.
— Quoi ? Non… ce n’est pas possible.
Zenko posa les feuilles sur la table.
— Regardez.
Oniji pâlit en voyant l’écriture.
— On dirait… mes mots. Comment est-ce possible ?
Zenko prit la lettre et la lut à voix haute, la voix tremblante :
« Je suis désolé.
Je n’ai pas eu le courage de vous dire au revoir en face.
J’agis comme un lâche, mais l’émotion est trop forte.
Je n’arrive plus à me porter, à me supporter.
Je ne tiens plus.
Je pars retrouver mes proches à Suwon, pour me ressourcer.
J’ignore si je reviendrai… ou si je vous quitte pour toujours.
Je vous aime.
Vous avez été les meilleurs amis que j’ai jamais eus.
Merci pour tous ces beaux moments passés ensemble.
Airi. »
— Non… murmura Oniji. Pas maintenant.
Zenko baissa la tête.
— Il fallait s’y attendre. À force de pression… l’un d’entre nous devait craquer.
Kazu passa une main nerveuse dans ses cheveux.
— Il faut faire quelque chose. Qu’est-ce qu’on va dire aux autres ? Aux fans ?
Oniji inspira profondément. Puis releva la tête.
— Non. Laissez-le partir.
Il a besoin de ça.
Et pour les autres… ils n’ont pas besoin de savoir. Au pire, on le couvrira.
Un silence pesant suivit.
Puis, lentement, les autres acquiescèrent.
Chacun réagit à sa manière au départ d’Airi. Dans le silence, la colère, la tristesse… ou le vide.
Et dans l’appartement, une chambre resta ouverte.
———————————————————
👩🏽💻:Barbara Wonder
🏞️ Canva et SeaArt ai
✍🏼 02/07/26
Retrouver jeudi prochain trois nouveaux épisodes de Koza. À très vite et belle lecture . 📖
Une histoire née entièrement de mon imagination humaine.
Inspirée par mon amour pour la K-pop et particulièrement BTS, j’ai créé KOZA : une histoire brute, humaine et pleine d’espoir sur les cicatrices et la résilience.
Merci d’être là.
Barbara Wonder☺️
Contribuer
Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur


Commentaire (0)