L'heure bleue
L'heure bleue
Le monde pouvait bien continuer son naufrage, il y avait toujours cette heure. Marc appelait cela l’heure bleue. C’était le moment où l’aube hésitait entre le noir et le bleu sale, et où le premier rituel de la journée élevait l’âme au-dessus du chaos des heures à venir.
Le silence, d'abord. Ce n’était pas l’absence de bruit, c’était la négation du bruit futile. Un silence ample, uniquement rempli par le chuchotement de la bouilloire sur la plaque, par le faible clic du réveil qui confirmait la distance avec la nuit. Ce silence-là était une prière laïque, un refuge contre l’agression des notifications, des discours politiques et de la bêtise humaine qui, à la seconde du lever du jour, reprenait son service.
Marc respirait.
Puis venait l’odeur. L’odeur du grain fraîchement moulu. Une vapeur chaude et terreuse qui s’infiltrait dans les poumons, lavant les résidus de sommeil et les angoisses nocturnes. Ce n’était pas un arôme, c’était une promesse. La promesse d’une concentration, d’une lucidité gagnée sur la mollesse. L’odeur de ce café était la seule vérité qu’il acceptait de consommer avant neuf heures.
Il s’asseyait à la
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de
Mathilde Rosati
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