N'attends pas le dernier jour de ta vie ...
N'attends pas le dernier jour de ta vie ...
Pour aimer,
faire ce que tu as envie,
vivre,
être présente, être en relation vraiment …
et, surtout, te réveiller et réaliser ton rêve.
Avec le départ de ce petit grisou,
c’est la seconde fois que j’ai pris cette grande vague de regrets qui envahit d’impuissance, de culpabilité, de honte aussi
et nous laisse avec un goût très amer d’inachevé, de pas réalisé, d’être passé à côté de quelque chose d’essentiel,
quelque chose que l’on ressent comme vital à ce moment-là,
tellement vital qu’on a l’impression qu’on ne se relèvera jamais de ce départ, de cette perte, de cette absence.
La première fois, c’était après le décès de mon père.
Pendant plusieurs années, je n’avais pas pu parler de sa mort sans avoir le souffle coupé, sans pleurer.
Ces larmes étaient des larmes de regrets.
Regrets de ne pas avoir connu vraiment cet homme.
Derrière, c’était le profond regret inconscient de n’avoir pas compris la sensibilité et ce qui tiraillait cet être qui avait été mon père.
Ce même flow émotionnel m’avait envahi durant plusieurs semaines après le départ de Sueño,
le 7 décembre 2013, la veille de la date de naissance de mon père.
Incapable de sortir de chez moi, d’aller travailler, je n’ai pu qu’écrire durant les semaines qui ont suivi.
L’écriture a libéré mes émotions, leur a permis de s’exprimer.
Je lui ai écrit mes regrets, mes peines, toutes les peurs qui avaient été les miennes quand il était là, mes joies aussi, tout l’amour que j’éprouvais pour lui.
Je l’ai remercié pour toute sa patience, son indulgence, son amour.
Je me suis excusée aussi pour le mal que je lui avais fait, sans le vouloir.
Avoir déversé ce flow sur les pages m’avait vidée et profondément apaisée.
Et, derrière, c'est avec une force de détermination sortie de mes tripes et un cri du cœur que je lui ai fait la promesse
« Plus jamais ça ».
Cette promesse, je n’ai pas réussi à la tenir tout de suite.
Il m’a encore fallu des années,
parce que l’apprentissage de l’amour de soi, de la confiance en soi,
ça prend du temps quand on a eu le cœur brisé dans l’enfance.
J’ai eu la chance que toute une tribu d’animaux me rejoigne au fil des années,
pour me soutenir, m’éclairer et me guider sur ce chemin de conscience qui conduit à vivre pleinement.
Souvent je me dis, en me moquant gentiment de moi :
« Tu as eu de la chance qu’ils soient arrivés nombreux dans ta vie, parce que t’es un peu dur à la comprenette !».
Aujourd’hui, je ne porte plus de jugement,
j’en ri et j’ai une profonde gratitude pour tous ces animaux ...
aussi pour les humains qui ont croisé mon chemin, et - c'est ce qui a pris le plus de temps - pour moi.
Aujourd’hui, j’ai compris ce que je suis venue chercher il y a 15 ans dans la médiation par l’animal.
C’était inconscient, dans cette pratique de relation d'aide,
j’ai profondément cherché à comprendre la sensibilité,
celle des humains et celle des animaux,
j’ai cherché à apprendre à l'accueillir,
à l'écouter sans limite,
à en prendre soin,
et j’ai aussi appris à aimer, à dire « je t’aime » avec le cœur …
Et, j'ai reçu un cadeau d'une valeur inestimable en apprenant auprès d'eux,
j'ai appris sur moi-même,
à accueillir, écouter, prendre soin de ma propre sensibilité, à m'aimer avec le cœur grand ouvert.
Comme je le dis souvent, les animaux et la médiation par l’animal m’ont donnée toutes les "notices" et "modes d’emploi" que je n’avais pas.
Ce sont les animaux et la médiation qui m’ont permis de comprendre et d’intégrer dans mon corps que tout passe par la relation, à accepter et m’autoriser à apprendre de et dans la relation,
parce que seule ce n’est pas complètement possible.
Parce que la relation c’est la vie, un mouvement vivant,
elle ne s’apprend pas dans les livres mais en étant vécue.
C’est aussi valable pour aimer, vivre et exister.
Quelques années après son arrivée dans ma vie, j’avais découvert que Sueño signifiait « Rêve » et « Sommeil » en français.
Je n’ai pas compris le message tout de suite (dixit ! dure de la feuille).
Ce n’est qu’à la mort de ce cheval que j’ai pris conscience que pendant 15 ans mon rêve avait été là devant mes yeux,
a porté de main,
je ne l’avais pas réalisé, il sommeillait,
parce que je n’étais pas moi-même éveillée et survivais enfermée dans mon passé.
Mon plus grand rêve était d’être libre au milieu des chevaux.
Je le vis maintenant.
Sueño est parti le jour où j’avais programmé la toute première séance de médiation par l’animal avec un enfant.
10 années de pratique ont suivi.
Merci mon amour de grisou,
Sueño, le magnifique, comme il aimait qu'on le voit ![]()
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