L'école des nuls ! (1)
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L'école Des Nuls ! (1)

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Eric et Alexandre se sont rencontrés par l'intermédiare d'un auteur, Etienne David, qui a publié il y a quelques semaines un article sur Panodyssey.

Cet article racontait l'histoire d'un nul.

Eric et Alexandre l'ont lu.

Ils se sont connectés et ils ont décidé d'écrire sur les nuls, ensemble. 

Photo prise par Alexandre Leforestier en août 2019 sur la plage de Malmö en Suède

Eric : Cancre... vraiment ?

Alexandre : Complètement, je suis un puriste, je ne fais rien à moitié... Du coup, je fais souvent rien me disait-on. J'ai un poil dans la main ! 

 

Eric: J’ai détesté l’école. Pas que j’étais franchement mauvais, mais parce que ça m’ennuyait profondément. 

Alexandre : J'avais horreur de l'école, çà me stressait, çà m'angoissait et j'étais dans les derniers à la belle saison, sinon dernier ! 

 

Eric : J’avais des super notes dans les branches où j’avais de la facilité (ou celles qui m’intéressaient). Mais j’étais franchement mauvais lorsque je ne comprenais pas le sens du cours : algèbre, géométrie, latin, comptabilité... 

Alexandre : Catastrophique, jusqu'à l'obtention de mon bac de secrétariat. L'histoire, c'était pas mauvais si le patron de la room aimait en parler... 

 

Eric : J’ai toujours aimé lire, et bien que j’ai lu plein de BD et de romans d’espionnage, j’ai dévoré un grand nombre de bouquins sur l’histoire, le management (merci Richard Branson) depuis mon plus jeune âge. 

Alexandre : J'aimais écrire, j'ai dû lire 10 livres entre 0 et 20 ans je crois... Richard, toi aussi ! Mais moi, je l'ai capté par la musique. J'y reviendrais plus tard.

 

Eric : Pourtant, je n'ai jamais réussi à me passionner pour des cours où on me servait une matière sans valeur ajoutée, dont je ne voyais pas l’utilité pour mon futur et probablement répétée pour la vingtième année d’affilée. Dans ces cours-là, je perdais très vite l’intérêt et allait me réfugier dans un monde imaginaire, ou alors je passais mon temps à dessiner dans mes livres. Il m’arrivait aussi de discuter avec mes camarades ou de passer des mots à mes voisins et voisines de table... Bien-sûr, je perdais totalement le fil du cours (tant pis ce n'était pas intéressant de toute manière) et mes notes en pâtissaient. 

Alexandre : Je regardais les oiseaux volaient lorsque j'avais la chance d'être à l'étage de l'établissement scolaire. Le tableau noir m'angoissait. Je n'écoutais pas souvent les dires du maître ou de la maîtresse de cérémonie. De toute façon, je ressentais que le jeune hors-norme que j'étais, était au mieux incompris par l'autorité éducative, au pire j'étais flashé, fiché, pas dans la case. Je me souviens de mon enseignante principale en classe de 3ème au collège. Enfin, ma seconde 3ème. Mon redoublement m'avait permis de créer un nouveau cercle d'ami(e)s mais aussi de baisser ma moyenne générale par rapport à ma première 3ème. La prof principale enseignait les mathématiques. Je détestais les équations. Elle me détestait : pourquoi ce cancre redoublait alors que le système était organisé pour mettre l'espèce dans un parc à cancre... Pourtant, j'étais un cancre sage mais sales notes égal sale gosse ! 

 

Eric : Je survivais d’année en année grâce aux branches où j’avais de la facilité et qui me permettaient d’assurer ma moyenne générale. 

Alexandre : J'en pouvais plus. Fin de collège, direction le BEP. Finalement, la commission d'appel du département trouve le truc un peu louche à écouter les dires de ma prof principale de mathématiques... La commission change le plan. Direction lycée. Tourner immédiatement dans la zone technique et prenez l'impasse "Secrétariat". 

 

Eric : A 15 ans j’ai quitté les bancs d’école pour commencer un apprentissage. Bien entendu, on m’a promis l’enfer: « tu es sûr ? Tu vas le regretter ! Ne pas faire d’études te fermera des portes et t’empêchera d’accéder à des emplois intéressants ».

Alexandre : Réunion de famille, Pâques, Noël... "Mais qu'allons-nous en faire" ? 

 

Eric : J’ai commencé mon apprentissage. A mon plus grand malheur, il y avait quand même encore deux longues journées de cours par semaine... Ces journées me paraissaient interminables. Et vous savez quoi ? J’ai continué avec le même système : survivre grâce aux branches dans lesquelles j’avais de la facilité. 

Par contre, qu’est-ce que j’étais heureux de pouvoir aller travailler. Ça a été une révélation pour moi : j’étais heureux, je prenais plaisir à me développer, j’étais performant, je servais à quelque chose.

Alexandre : Ah, toucher du bout des doigts un machin qu'on fait. Quel bonheur... Et je me disais, mais pourquoi on fait pas la théorie après la pratique ? C'est vachement intéressant de comprendre comment çà marche, le truc...

 

Eric : A 18 ans, à la fin de mon apprentissage, je suis parti en stage à New-York, puis je suis revenu à Genève où j’ai continué à travailler... 

Alexandre : T'as eu du bol Eric ou t'as pas eu la frousse de l'angoissé que j'étais... A 18 ans, je ne parlais pas un mot d'anglais. Pourtant, je rêvais d'un autre monde. Du coup, j'étais cloué là. Et dès qu'un mot anglais se présentait à moi, re-angoisse. Quelle angoisse ce mec ! ;-) 

 

Cancres, à suivre...